Passer au contenu principal

PARIS : Hamza BOUANANI : « Le déploiement de l’IA pos…

Partager :

PARIS : Hamza BOUANANI : « Le déploiement de l’IA pose la question de la souveraineté opérationnelle »

Face à l’offensive d’OpenAI et Anthropic dans les services, l’ESN MARGO alerte sur le risque de perte de souveraineté pour les entreprises.

Le marché de l’intelligence artificielle générative entre dans une nouvelle phase, marquée par une évolution stratégique majeure de ses acteurs dominants. OpenAI et Anthropic, jusqu’ici principalement connus comme fournisseurs de modèles d’IA fondamentaux, accélèrent leur offensive sur le terrain du déploiement en entreprise. Ils ne se contentent plus de fournir les briques technologiques ; ils proposent désormais des offres de services complètes pour accompagner leurs clients dans la mise en œuvre concrète et opérationnelle de leurs projets.

Cette mutation se matérialise par des annonces structurantes : OpenAI a officialisé le lancement de The OpenAI Deployment Company, une entité entièrement dédiée à l’implémentation de systèmes d’IA complexes. De son côté, Anthropic s’est associé à des géants de l’investissement comme Blackstone, Hellman & Friedman et Goldman Sachs pour créer une société de services visant à intégrer son modèle, Claude, au cœur des opérations critiques des grandes organisations.

Un tournant stratégique sur le marché de l’IA

Ce changement de paradigme redessine les frontières du secteur. En investissant le champ des services, OpenAI et Anthropic viennent concurrencer directement les acteurs historiques de l’intégration et du conseil, tels que les Entreprises de Services du Numérique (ESN) et les cabinets spécialisés. La question pour les entreprises n’est plus seulement de savoir quel modèle d’IA choisir, mais également quel partenaire sélectionner pour le déployer efficacement et durablement au sein de leurs systèmes d’information.

Pour le groupe de conseil MARGO (https://www.margo.com/), spécialisé en data, IA et technologies avancées, cette évolution soulève une problématique cruciale : celle de la maîtrise et de l’indépendance technologique des entreprises. Selon l’entreprise, cette nouvelle offre de services intégrés, bien que séduisante, pourrait créer une forte dépendance des clients vis-à-vis de ces géants américains de la tech.

Le risque d’une dépendance technologique subie

En confiant l’intégralité de leur trajectoire IA à un fournisseur unique, qui maîtrise à la fois le modèle, l’infrastructure et les services de déploiement, les entreprises s’exposent à un risque de « vendor lock-in », ou enfermement propriétaire. Cette dépendance peut se manifester à plusieurs niveaux : perte de contrôle sur l’architecture technique, difficultés à faire évoluer les systèmes avec d’autres technologies, manque de flexibilité dans la gestion des coûts, ou encore une maîtrise limitée des données sensibles confiées à la plateforme.

Pour les experts du secteur, la vraie bataille de l’IA ne se joue plus uniquement sur la performance des modèles, mais sur la capacité des entreprises à orchestrer un écosystème technologique diversifié, sécurisé et aligné avec leurs objectifs métier. C’est sur ce terrain que se joue ce que certains analystes appellent désormais la « souveraineté opérationnelle ».

L’impératif de la souveraineté opérationnelle

Le concept est au cœur de l’analyse de MARGO. Il s’agit pour une entreprise de conserver la maîtrise complète de ses choix stratégiques et techniques en matière d’IA, sans être captive d’un seul écosystème.              « L’arrivée d’OpenAI et d’Anthropic dans les services IA montre que le vrai sujet n’est plus seulement l’accès aux modèles, mais leur déploiement opérationnel. Et derrière ce déploiement, pour les entreprises, la question centrale qui se pose à elle est : qui garde la maîtrise de l’architecture, des données, des coûts et des choix technologiques ? C’est cela que nous appelons la souveraineté opérationnelle », explique Hamza Bouanani, Practice Manager IA chez MARGO.

Cette souveraineté devient un avantage compétitif majeur, garantissant l’agilité, la sécurité et la pérennité des investissements réalisés dans l’intelligence artificielle.

Le rôle de l’orchestrateur et tiers de confiance

Face à ce risque de concentration, les ESN spécialisées estiment avoir un rôle clé à jouer. Elles se positionnent non pas en opposition frontale aux créateurs de modèles, mais en tant qu’intermédiaires neutres et experts. « MARGO n’est pas un concurrent d’OpenAI ou d’Anthropic sur les modèles fondamentaux. Nous ne sommes pas Mistral. Notre position est celle d’un orchestrateur, d’un intégrateur et d’un tiers de confiance. Notre rôle consiste à aider les entreprises à choisir, intégrer, sécuriser et industrialiser les bonnes briques IA, qu’elles soient européennes, open source ou issues des grands clouds », souligne Hamza Bouanani.

Fondé en 2005, MARGO est un groupe de conseil en IT qui s’est spécialisé dans les missions à haute complexité technologique. Avec une expertise reconnue en Data, Intelligence Artificielle et transformation digitale, il accompagne des entreprises comme BNP Paribas, Saint-Gobain ou Qubit Pharmaceuticals. Fort de plus de 400 collaborateurs et d’un chiffre d’affaires de 42 millions d’euros, le groupe est implanté en France, en Pologne et en Angleterre, et déploie son savoir-faire dans des secteurs variés allant de la finance à la santé, en passant par l’industrie et l’énergie.