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PARIS : Gwladys LEMOUSSU, une volonté de fer

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Floriane Dumont
16 Mar 2024

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PARIS : Gwladys LEMOUSSU, une volonté de fer

À un an des Jeux Paralympiques Paris 2024, qui se dérouleront du 28 août au 8 septembre, Vies de Famille propose de découvrir le portrait de 10 athlètes handisport inspirants.

Lorsqu’elle répond à nos questions, Gwladys Lemoussu n’y va pas par quatre chemins. Elle est franche et directe, et c’est ce qu’on aime chez elle. Sa carrière sportive, elle ne l’a pas préméditée. Elle fait simplement ce qu’elle aime et se laisse porter par ses envies du moment. Pour nous, elle revient sur son parcours et sur ses ambitions de championne.

Interview

Vous êtes née sans avant-bras gauche, du fait d’une malformation congénitale. Ce handicap ne vous a pas empêché de vous tourner vers le sport dès le plus jeune âge. C’est en 2012 que vous vous lancez le défi de faire du triathlon. Pourquoi ce choix ?

Gwladys Lemoussu. En effet, petite, j’ai démarré par les majorettes, avant de me tourner vers toutes sortes de disciplines (tennis, rugby, cross, basket, escalade, natation…). Puis en 2011, on m’a proposé de découvrir le triathlon, qui réunit la natation, le cyclisme et la course à pied. J’ai beaucoup apprécié ce sport en extérieur. Alors je me suis lancé le défi de l’essayer et ça m’a beaucoup plu !

Vous excellez rapidement dans cette discipline, au point de rejoindre l’Équipe de France de paratriathlon seulement deux ans après. Une consécration ?

G.L. Tout s’est passé très vite ! J’ai démarré les compétitions internationales en 2013 et j’ai rejoint l’Équipe de France en 2014. C’est un rêve d’enfant qui s’est réalisé !

Tout s’enchaîne vite, puisque vous remportez la médaille de bronze en 2016 aux Jeux Paralympiques de Rio et devenez, la même année, triple championne de France et vice-championne mondiale de paratriathlon. Qu’est-ce que vos performances disent de vous ?

G.L. Ma progression a été crescendo jusqu’en 2016, qui est pour le moment le point culminant de ma carrière sportive. Cela démontre chez moi une personnalité forte et déterminée. Quand j’ai un objectif sportif à atteindre, je donne tout pour y arriver !

En parallèle, vous intégrez le bataillon de Joinville, berceau de l’Armée des champions du Centre national des sports de la défense (CNSD), qui accompagne les sportifs de haut niveau du ministère des Armées dans leur carrière. Et en 2021, vous devenez marraine des Écoles de Saumur. Que vous apportent ces expériences ?

G.L. Lorsque j’intègre le bataillon de Joinville, je peux enfin me consacrer à 100 % à mon sport et multiplier les entraînements, sans avoir besoin de travailler à côté. C’est ce qui a participé, je pense, à ma réussite en 2016. Le fait de devenir marraine des Écoles de Saumur me permet en plus d’apporter mon expérience du sport de haut niveau aux futurs militaires. L’occasion pour moi de découvrir des métiers que je ne soupçonnais pas et de remarquer des points communs entre la discipline que suppose une carrière dans l’armée et la discipline sportive. On partage les mêmes valeurs !

Quels sont vos prochains défis sportifs ? Comment vous y préparez-vous physiquement et mentalement ?

G.L. Le prochain grand défi, c’est bien sûr les Jeux Paralympiques Paris 2024. Je prévois de faire une préparation physique et de rejoindre des groupes d’entraînements intensifs. Et mentalement, je suis dans les starting-blocks, prête à donner le meilleur de moi-même !

Voyez-vous Paris 2024 comme un moyen de faire avancer l’image du handicap en France ?

G.L. J’ai beaucoup d’espoir pour que les JO lèvent le tabou du handicap en France. Si les Jeux Paralympiques sont bien relayés dans les médias et que les commentateurs font preuve de pédagogie, on peut y arriver ! Personnellement, j’ai toujours considéré mon handicap comme un levier et non un frein. J’estime que l’on est tous différent, d’une manière ou d’une autre, et qu’il faut faire de nos particularités une force. Mon handicap m’a donné un tempérament de championne, c’est le message que j’aimerai faire passer !

Comment vous voyez-vous dans 5 ou 10 ans ? Quels sont vos projets ?

G.L. Au risque de vous décevoir, je n’aime pas me projeter. Je suis plutôt du genre à vivre au jour le jour. Je sais à quel point tout peut basculer dans la vie, alors je suis à l’écoute de mes envies du moment. Actuellement, je suis concentrée sur ma discipline, la période de qualification et les Jeux Paralympiques !

SOURCE : La Newsletter de la Caf n°116 – Mars 2024.