PARIS : Gilles Pécout : « Un lien vital entre création et i…
Partager :

PARIS : Gilles Pécout : « Un lien vital entre création et innovation »
La BnF accueille NOÛS, premier festival explorant les liens entre l’intelligence artificielle, la création contemporaine et le patrimoine.
La Bibliothèque nationale de France (BnF) a inauguré hier, sur son site François-Mitterrand, la première édition du festival NOÛS, une exploration inédite de dix jours, en accès libre, à la croisée des arts, des nouvelles technologies et des fonds patrimoniaux. Jusqu’au 19 avril 2026, l’événement, imaginé par Fisheye et BnF-Partenariats, se propose d’interroger la création artistique à l’ère de l’intelligence artificielle (IA), en refusant l’idée d’une technologie qui effacerait le créateur au profit d’une collaboration enrichie avec l’histoire.
« Avec le festival NOÛS, nous souhaitons rappeler qu’il y a un lien vital entre création et innovation, une relation qui passe par tout le patrimoine littéraire, artistique et scientifique confié à de grandes institutions documentaires comme la BnF », explique Gilles Pécout, président de la Bibliothèque nationale de France. Le nom du festival, tiré du grec ancien NOÛS, désigne l’esprit et l’intelligence collective, symbolisant l’ambition de faire dialoguer le génie humain accumulé à travers les siècles avec la puissance de calcul contemporaine.
L’IA au service du patrimoine
Le festival se positionne comme un « acte fondateur » et une « boussole éthique » face aux mutations technologiques. L’approche consiste à ouvrir aux artistes les immenses collections de la BnF — plus de 40 millions de livres, manuscrits, photographies et documents divers — non pas comme de simples données à traiter, mais comme un terreau fertile pour l’imaginaire. Selon les organisateurs, l’objectif est de démontrer que, dans ce cadre, « l’IA ne génère pas du faux ; elle révèle l’enfoui. Elle devient le pinceau qui permet de traverser des millions de pages pour raconter notre histoire commune ». Loin de subir le futur, les créateurs invités le sculptent en s’enracinant dans la complexité du réel et la profondeur de l’histoire.
Une exposition et des productions inédites
Le cœur du festival est une exposition en accès libre, conçue comme un parcours d’œuvres, dont plusieurs productions inédites. Huit artistes français et internationaux y présentent des créations dialoguant directement avec les collections de l’institution : Justine Emard, Graphset, Tobias Gremmler, Kimchi & Chips, Audrey Large, Obvious, Sabrina Ratté, et le duo RETINAA x Alexandra Mocanu. Parmi les œuvres phares, *Le Chant des Sirènes* de Justine Emard est une installation immersive qui puise dans la bibliothèque numérique Gallica pour générer une expérience cinématographique autonome. De son côté, le collectif Obvious, pionnier de l’art par IA, présente *I am the order implicit*, une production exclusive pour l’événement. Le travail de Tobias Gremmler, *Anatomy of Motion*, rend quant à lui hommage aux pratiques de danses urbaines qui animent l’esplanade de la BnF, en matérialisant le mouvement dans une sculpture imprimée en 3D.
Un riche programme de rencontres et projections
En complément de l’exposition, un cycle de conférences, tables rondes, projections et performances se clôture demain, samedi 11 avril. Cette journée s’annonce particulièrement dense, avec plusieurs temps forts pour décrypter les enjeux artistiques, culturels et éthiques de l’IA. Dès 10:00, une table ronde explorera « L’écriture sous algorithme », suivie à 11:30 par une autre sur la création sonore, intitulée « Écouter les machines », avec la participation notamment de chercheurs de l’Ircam et de la musicienne DeLaurentis. L’après-midi sera consacrée aux projections, avec le magazine *PhantasIA* d’Arte (14:00), une sélection de films du Fresnoy – Studio national des arts contemporains (17:00), et une présentation de dix films lauréats de l’Artefact AI Film Festival en partenariat avec mk2 (18:30).
Informations pratiques et organisateurs
Le festival NOÛS se tient du 9 au 19 avril 2026 à la BnF, sur le site François-Mitterrand (Quai François Mauriac, Paris 13ème). L’entrée est gratuite. L’événement est produit par Fisheye, média de référence en photographie contemporaine et explorateur des arts numériques, et BnF-Partenariats, filiale de la BnF dédiée à la valorisation de ses collections. Le projet bénéficie du soutien du Ministère de la Culture et de partenaires comme Axa, Arte ou encore Le Monde.


