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PARIS : Gilles DE MAISTRE : « Le dressage est un modèle obsolète, éthiquement indéfendable »

Pour « L’enfant du désert », en salles le 8 avril, Gilles de Maistre adapte une histoire vraie avec des animaux sauvés, sans aucun dressage.

Après les succès de « Mia et le Lion Blanc » et « Le Dernier Jaguar », le réalisateur Gilles de Maistre revient avec « L’enfant du désert », une nouvelle fresque familiale attendue en salles le 8 avril prochain. Produit par Mai Juin Productions et STUDIOCANAL, le film s’inspire de l’histoire vraie et extraordinaire d’Hadara, un enfant nomade perdu dans une tempête de sable au début du 20ème siècle, qui survécut dix ans dans le Sahara après avoir été recueilli et élevé par un couple d’autruches.

Plutôt qu’un simple biopic animalier, le long-métrage est un manifeste pour une autre manière de faire du cinéma avec des animaux, une méthode que le réalisateur défend avec ferveur, en opposition totale avec les pratiques traditionnelles du secteur.

Une méthode basée sur le lien et le respect

Pour Gilles de Maistre, le secret ne réside pas dans la contrainte mais dans la coopération. « Le dressage, c’est obliger les animaux à faire des choses et c’est dangereux. Outre que je suis à 100 % contre toute forme de contrainte sur un animal ! Ce modèle est aujourd’hui obsolète. Il est devenu éthiquement indéfendable », explique le réalisateur. Sa méthode, développée avec son épouse et scénariste Prune de Maistre, repose sur une longue période d’« imprégnation ». Durant des mois, acteurs et animaux apprennent à se connaître, à se faire confiance et à créer un lien authentique, sous la supervision de spécialistes.

Pour ce film, l’équipe a fait appel à Wendy Adriaens, une experte flamande des autruches. « Sans elle, rien n’aurait été possible, et je n’aurais pas pu faire ce film », confie Gilles de Maistre. L’objectif est clair : « La meilleure protection pour l’animal et l’humain, c’est de créer une relation entre eux. La coopération de l’animal n’est possible que par une relation tendre avec lui ».

L’expérience des jeunes acteurs

Cette approche immersive exige un engagement total de la part des comédiens, en particulier des enfants. Nahel Tran, qui incarne Hadara à l’âge de 12 ans, témoigne de cette transformation :

« Ce qui est sûr, c’est que ce tournage m’a rapproché de la nature et des animaux. Au départ, je ne me sentais pas particulièrement proche des animaux. J’ai pas d’animal de compagnie et même pour la vidéo casting, j’avais dit que je n’étais pas proche des animaux mais que travailler avec des autruches serait un challenge. Aujourd’hui, après cette aventure, j’ai appris à les ressentir, à les aimer, à les comprendre. Je suis arrivé à tisser un lien avec une autruche et je pense que nous, acteurs d’Hadara, étions les seuls, avec les personnes qui s’occupaient des animaux, à pouvoir les approcher et les câliner ».

Le jeune acteur a ainsi découvert l’extrême sensibilité de ces oiseaux puissants. « J’ai appris que les autruches sont très sensibles à l’énergie que tu dégages. Il faut être le plus zen et calme possible, presque respirer en même temps qu’elles. Elles peuvent être dangereuses avec leurs grosses pattes de dinosaures, mais j’avais appris les gestes qu’il fallait pour éviter de se faire écraser ou piquer ».

Des animaux sauvés et protégés

L’éthique du projet va bien au-delà des conditions de tournage. Les animaux du film ne sont pas des bêtes de cirque. La dizaine d’autruches a été sauvée d’une ferme d’élevage marocaine où elles étaient destinées à la maroquinerie. Les deux fennecs, eux, proviennent d’une saisie : ils étaient détenus illégalement comme animaux de compagnie par des particuliers.

Conformément à l’engagement de la production, tous les animaux ont été confiés, après le tournage, au refuge « La Perle aux Oiseaux », près de Marrakech, le seul sanctuaire marocain dédié à la faune sauvage. Le film a également financé la construction d’un puits pour assurer l’approvisionnement en eau du refuge. Une nouvelle réjouit particulièrement le cinéaste : les deux fennecs, patiemment « désensibilisés » de l’homme par le directeur du refuge, pourraient bientôt être relâchés dans le désert. « Cela nous rend très heureux, Prune et moi, de voir qu’un film a le pouvoir de sauver deux êtres en vrai », déclare Gilles de Maistre.

Le tournage, certifié pour son respect du bien-être animal, s’est déroulé dans les paysages exigeants du désert marocain et réunit à l’écran les trois jeunes interprètes d’Hadara (Nahïl Bouazzaoui, Zayn Sekkat et Nahel Tran), mais aussi Kev Adams, dans un rôle de composition à contre-emploi.