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PARIS : Gestion des digues – Intercommunalités de France répond sèchement à Monique BARBUT

Face aux crues historiques, l’association d’élus juge inacceptables les propos de la ministre de la Transition écologique sur l’entretien des digues.

La tension monte entre les collectivités locales et l’exécutif alors que la France traverse un épisode de crues quasi-généralisé. Ce jeudi 19 février 2026, l’association Intercommunalités de France a réagi avec vigueur aux récentes déclarations de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique. Dans un communiqué au ton offensif, l’organisation représentative des intercommunalités dénonce une « erreur d’appréciation historique » de la part de la ministre, dans un contexte où les élus locaux sont mobilisés jour et nuit sur le terrain.

Une incompréhension face aux critiques ministérielles

Alors que les territoires subissent des inondations d’une ampleur exceptionnelle, les propos tenus par Monique Barbut ont provoqué la colère des élus locaux. L’association estime que ces déclarations sont « insupportables » pour les maires et les présidents d’intercommunalités qui gèrent une situation extrêmement sensible depuis plusieurs semaines.

Pour l’organisation, qui fédère près d’un millier de communautés de communes, d’agglomérations et de métropoles, cette sortie ministérielle ne tient pas compte des réalités du terrain ni de l’histoire administrative récente. « Les présidentes et présidents d’intercommunalités sont, aux côtés des maires, en première ligne face aux répercussions du changement climatique », rappelle l’association, soulignant leur engagement dans les politiques d’aménagement du territoire.

Le lourd héritage de la compétence GEMAPI

Au cœur du conflit réside la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI). Intercommunalités de France rappelle qu’elle alerte les pouvoirs publics depuis des années sur les conditions de transfert de cette compétence. Officialisé en 2018, ce transfert vers les collectivités s’est opéré « sans aucune compensation financière de la part de l’État ».

La situation s’est complexifiée en 2024 avec le transfert des digues domaniales. L’association accuse l’État de s’être « soustrait à ses obligations d’entretien de ses propres digues » avant d’en confier la responsabilité aux intercommunalités. Ce transfert aurait été réalisé « sans concertation ni moyen financier à la hauteur », laissant les collectivités gérer des infrastructures parfois vieillissantes sans les ressources adéquates.

Une équation financière impossible

Au-delà de la querelle politique, c’est l’impasse budgétaire qui inquiète les élus. Selon l’association, la taxe GEMAPI, censée financer ces actions, se révèle « largement insuffisante pour couvrir les besoins de financement de la compétence et de l’entretien des digues ».

De plus, le contexte budgétaire national n’incite pas à l’optimisme. Intercommunalités de France souligne que les intercommunalités sont « l’échelon local le plus attaqué par le Budget 2026 », ce qui réduit drastiquement leur capacité d’investissement dans les politiques environnementales indispensables à l’adaptation au changement climatique.

Appel au dialogue parlementaire

Espérant que les propos de Monique Barbut relèvent d’une simple « maladresse », l’association appelle à l’ouverture rapide de discussions pour revoir le modèle de financement de la gestion du risque inondation. Les prochains débats parlementaires sur le sujet sont d’ores et déjà identifiés comme le moment clé pour avancer des propositions concrètes et sortir de l’impasse.

Pour plus d’informations sur les positions de l’association, le site internet est consultable à l’adresse suivante : www.intercommunalites.fr.