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PARIS : Georges CADOUDAL (1771 – 1804), figure de l&rsquo…

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Floriane Dumont
21 Jan 2024

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PARIS : Georges CADOUDAL (1771 – 1804), figure de l’éternel insoumis

Celui que l’on appelle le « dernier chouan » incarna la rébellion bretonne jusqu’aux prémices de l’Empire.

Georges Cadoudal naît le premier jour de l’an 1771 dans la petite ville de Brec’h au sud du Morbihan. Fils de paysans aisés, sa mère est connue pour être une des plus belles femmes du pays et son père, doté d’une grande force physique, est champion de soule, ancien sport collectif s’apparentant au rugby.

La jeunesse de Cadoudal

Georges est envoyé vers l’âge de douze ans au réputé collège de Saint-Yves de Vannes. Ce collège regroupe ce qu’on pourrait appeler les enfants de la classe moyenne supérieure de l’époque, c’est-à-dire les fils de marins, d’armateurs et de paysans aisés. Après y avoir étudié le droit, Cadoudal devient finalement clerc de notaire à Auray.

Au début de l’année 1789, une série d’affrontements, plus connue sous le nom de « journée des bricoles », éclate à Rennes entre étudiants et nobles. Ces derniers exigeant une baisse du prix du pain avaient organisé une grande manifestation durant laquelle des étudiants de droit avaient été pris à partie. Le meneur des étudiants appelle alors à l’aide les étudiants de Bretagne et Cadoudal, avec certains de ses camarades du collège de Vannes, décide d’y répondre favorablement. Il n’en aura cependant pas le temps, la négociation de la fin des affrontements arrivant à son terme avant qu’il n’ait eu le temps de rejoindre Rennes. Cet évènement n’est pas sans importance et annonçait déjà les prémices de ce qu’il adviendrait quelques mois plus tard à Paris avec les premiers événements qui déboucheraient sur la Révolution.

Bien que favorable aux réformes et à une évolution de la situation du Tiers-état comme l’avait montré son désir d’implication lors de la journée des bricoles, Cadoudal perd rapidement tout engouement pour le séisme politique qui commence à agiter la France. Les idéaux révolutionnaires mettent en place dès 1791 la constitution civile du clergé qui n’a pas d’autre ambition que de couper l’Église de France du Pape et de soumettre les clercs au gouvernement plutôt qu’à Dieu. Les prêtres refusant de jurer fidélité à la nouvelle constitution sont désormais persécutés. Tout cela est vu d’un très mauvais œil par les Bretons, peuple qui a toujours eu un fort attrait spirituel, et notamment par Cadoudal.

La révolte vendéenne

L’événement qui met véritablement le feu aux poudres advient en 1793 avec la mise en place de la conscription et de la levée de masse pour soutenir les guerres révolutionnaires. En mars 1793, les paysans du Pays d’Auray dans le Morbihan se révoltent en nombre et Cadoudal les rejoint le 19 mars lors du combat de Mané-Corohan qui est toutefois perdu. En juin, Georges rejoint les compagnies bretonnes de l’armée vendéenne et se place sous les ordres du général de Bonchamps.

Il participe à la bataille de Nantes durant laquelle le général en chef vendéen Cathelineau est blessé à mort et son armée défaite. Cadoudal ne perd malgré tout pas espoir et poursuit la lutte contre les républicains durant plusieurs batailles et finit par recevoir le grade de capitaine de cavalerie.

Cependant, les républicains ont désormais pris l’ascendant et repoussent peu à peu les vendéens qui, malgré quelques victoires héroïques seront finalement écrasés lors de la bataille de Savenay qui verra l’anéantissement de l’armée vendéenne.

La première chouannerie

À la suite de la défaite des forces vendéennes, Cadoudal regagne le Morbihan et la demeure familiale. En Bretagne, des groupes d’insurgés s’organisent et commettent de nombreuses actions de guérilla. Ceux que l’on surnomme désormais « Chouans » s’attaquent aux républicains, accusés de trahir la Bretagne, notamment aux administrateurs, aux fonctionnaires et aux prêtres abjureurs ayant trahi leur foi. Tandis que les troupes chouannes se rassemblent sous l’égide de l’ancien général insurgé Joseph de Puisaye, Cadoudal est dénoncé et arrêté le 30 juin 1794 par des soldats républicains au motif de « projets contre-révolutionnaires ». La mère de Cadoudal, qui avait été arrêtée avec lui et qui était alors enceinte, meurt des suites des mauvais traitements de la prison après avoir mis au monde son enfant qui ne survivra que quelques heures. Avec l’aide de compagnons, Cadoudal parvient malgré tout à s’échapper de prison et rentre au Morbihan où il organise une réunion des chefs chouans morbihannais. Il est désigné colonel à la suite de cette réunion et prend le commandement de la division d’Auray forte de 702 hommes.

Toutefois, alors que des négociations entre les républicains et le général Charrette s’ouvrent en Vendée, plusieurs chefs bretons sont tentés de suivre le même chemin et se laissent séduire par les propositions de paix offertes par Paris. Le 3 janvier 1795, une trêve est conclue entre Cormatin, nouveau chef des chouans, et le général républicain Hoche. Cependant le conseil du Morbihan, Cadoudal à sa tête, refuse cette trêve et menace de faire scission avec le reste du comité des Chouans. Un traité est finalement signé le 31 mars 1795 accordant à ceux-ci la liberté religieuse et l’amnistie en échange de leur reconnaissance de la république. Sur les 121 chefs chouans présents, seuls 22 le signent, Cadoudal refusant évidemment d’apposer sa signature à cet honteux traité.

La deuxième chouannerie

Les chefs morbihannais décident malgré tout de faire mine d’accepter cette paix, attendant avec impatience un débarquement prochain de renforts anglais en vue de reprendre la lutte contre la tyrannique république.

Les républicains ne sont cependant pas dupes et profitent de la paix pour faire arrêter les chefs chouans et attaquer par surprise plusieurs camps rebelles. Cadoudal à la tête de sa division résiste tant bien que mal et repousse le 5 juin une attaque républicaine.

Les Chouans en déroute se regroupent dans la baie de Quiberon où débarquent plus de 3500 soldats émigrés. L’armée chouanne compte désormais 17000 hommes sous le commandement de trois maréchaux et de six colonels parmi lesquels Cadoudal. Ce dernier prend pour un temps le contrôle de la ville de Landévant avec sa troupe de 4000 hommes mais doit finalement l’abandonner devant la contre-attaque républicaine.

Encombrée par de nombreux civils, femmes et enfants, l’armée chouanne est grandement atteinte dans son organisation ainsi que dans son efficacité et son repli vire rapidement à la débandade en direction de Quiberon.

Georges Cadoudal soumet son plan aux autres chefs chouans. Celui-ci consiste à faire contourner les républicains par deux colonnes chouannes en les débarquant depuis des navires britanniques, tandis que le gros des forces attaquerait depuis la presqu’ile de Quiberon.

Notre chef morbihannais prend la tête de l’une des deux colonnes chouannes qui est baptisée Armée rouge du fait de la couleur de leurs uniformes.

Les Chouans avancent rapidement et leurs rangs sont renforcés en route par l’apport de plusieurs volontaires, toutefois le défaut d’artillerie se fait ressentir, bloquant l’armée chouanne en l’empêchant de s’emparer de plusieurs places républicaines trop bien fortifiées. Durant la marche chouanne, le général en chef Tinténiac est abattu et malgré l’engouement des troupes bretonnes pour Cadoudal, c’est un émigré qui est désigné nouveau général en chef. Il ne le restera cependant que peu de temps, abandonnant son armée rapidement, ce qui permettra finalement à Cadoudal d’être proclamé général par ses troupes. Georges Cadoudal décide alors du repli vers le Morbihan, ayant appris la prise de Quiberon par les républicains et l’arrivée du général Hoche à la tête de toute son armée.

Après avoir été nommé général de l’Armée catholique et royale du Morbihan, Cadoudal réorganise les forces morbihannaises qui comprennent alors presque 20000 hommes et exhorte ses compatriotes du Morbihan à ne pas payer d’impôts à la République tout en pourchassant les collecteurs d’impôts républicains.

Le général chouan lance alors une véritable campagne de guérilla en ordonnant à ses officiers de ne s’attaquer qu’aux groupes républicains de moins de 50 hommes, de surveiller les routes et d’intercepter les courriers des républicains. Cadoudal, pendant les escarmouches, se bat auprès de ses hommes et domine l’ennemi par sa forte carrure héritée de son père, ce qui lui vaut l’admiration et la reconnaissance de ses hommes.

L’armée de Cadoudal manque cruellement d’armes, malgré son nombre important en termes d’effectifs, seuls 6000 hommes sur 20000 sont armés de fusils. Le chef chouan se tourne alors vers les Anglais pour obtenir un ravitaillement en armes et en munition, ce qu’il finira par obtenir en avril 1796 après plusieurs échauffourées. Les Chouans de Cadoudal poursuivent le combat, renforcés de cet apport en armes et munitions, mais la mort des généraux vendéens Charrette et Stofflet signe la fin de l’armée vendéenne ce qui permet aux républicains de concentrer leurs forces contre les Chouans. Leurs repaires sont systématiquement attaqués, les communes où des républicains sont tués sont soumises à d’importantes amendes et les récoltes et bestiaux soupçonnés d’appartenir à des Chouans sont saisis de force par les républicains. Dans le même temps, la république promet, une fois de plus, la liberté religieuse ou encore la remise des taxes. Pressé de tous côtés, Cadoudal se résout à entamer des négociations en vue d’une paix. Cette dernière sera finalement signée à Vannes le 19 juin 1796. Dès lors, les émigrés doivent quitter le pays, les Chouans déposent les armes mais obtiennent tout de même l’amnistie et la possibilité d’exercer le culte catholique.

La défaite militaire chouanne ne fait pas perdre l’espoir aux royalistes de voir un jour un roi reprendre les rênes de la France. Comme bon nombre de ceux-ci, Cadoudal laisse de cotés le combat des armes pour un temps et se lance dans le combat des urnes. Il fait campagne dès 1797 pour le candidat royaliste la Caillière qui est élu. Ces élections verront le camp royaliste être majoritaire aux deux assemblées républicaines que sont le Conseil des Cinq-Cents et le Conseil des Anciens. Forts de ces majorités, les royalistes votent l’abrogation du serment de fidélité à la République des prêtres, qui avait été l’une des grandes causes du début des révoltes chouanne et vendéenne et commencent à projeter plusieurs lois en faveur des Chouans et des Emigrés. Ces succès politiques ne sont toutefois que de courte durée car Trois des cinq membres du directoire, titulaire du pouvoir exécutif, désespérés à l’idée de voir les royalistes l’emporter par les urnes, opèrent un coup d’Etat et annulent les élections tout en rétablissant les lois contre les prêtres réfractaires refusant de soumettre leur foi intemporelle à un régime aussi temporel que sanguinaire. Dès lors, les combats reprennent en Bretagne.

Georges Cadoudal embarque en avril 1798 pour l’Angleterre afin de retrouver le comte d’Artois, futur Charles X, en vue de le mettre à la tête de la Chouannerie. Ce dernier l’assure de sa venue prochaine et nomme Jean de Béhague de Villeneuve à la tête de l’Armée catholique et royale de Bretagne.

Cadoudal débarque en août dans une Bretagne en proie aux pires ravages. Les républicains ont exécuté nombre de chefs chouans, promeuvent la chasse aux prêtres, suppriment l’exemption de conscription pour les Bretons et instaurent la loi des otages. Cette loi permet d’établir des listes de coupables par principe pour des crimes contre les autorités républicaines. En Bretagne, les premières victimes de cette loi seront les Chouans et leurs soutiens.

Le 20 août 1799, Georges Cadoudal reçoit finalement autorité sur l’Armée chouanne du sud de la Bretagne avec l’ordre de se préparer pour la guerre.

La troisième chouannerie

Le 15 septembre 1799, une importante réunion se tient entre les différents chefs chouans mais tous ne sont pas d’avis de reprendre les combats et certains préfèrent négocier avec une république qui met à feu et à sang la Bretagne. Devant ces réticences, le sang de Cadoudal ne fait qu’un tour et il se met à tonner « la guerre ! ». Il est finalement imité par les autres chefs Chouans se joignant à lui pour réclamer à grands cris la reprise des combats.

Un mois plus tard, ce qui est désormais la troisième chouannerie éclate et son succès s’avère fulgurant pour les troupes chouannes. Le jour même de la révolte, les Chouans s’emparent du Mans, plusieurs raids sont couronnés de succès tels que celui sur Nantes le 20 octobre, puis sur Saint-Brieuc six jours plus tard. De nombreux prisonniers sont libérés et viennent grossir les rangs chouans. Cadoudal marche le 29 octobre à la tête de sa division d’Auray et s’empare de Sarzeau, ville symbolique, le premier signal de l’insurrection dans l’Ouest s’y étant déclaré le 13 février 1791. De nombreuses munitions sont récupérées ainsi que deux canons. Le chef chouan fait également relâcher les prisonniers républicains contre la promesse de ceux-ci de ne plus se battre contre les Chouans. De nombreuses escarmouches sont encore remportées par Cadoudal et ses hommes malgré les renforts républicains qui reprennent peu à peu du terrain. Mais un coup de tonnerre vient ébranler la situation le 18 brumaire de l’an VIII, soit le 9 novembre 1799. Ce jour-là un jeune général originaire de Corse, Napoléon Bonaparte, réussit son coup d’Etat et devient de facto le nouvel homme fort au pouvoir en France. Bonaparte supprime dès lors la loi des otages, rétablit la liberté religieuse et entame des négociations avec les royalistes.

Cadoudal craint que l’élan chouan ne soit brisé et prend dès lors des mesures drastiques. Il interdit les mariages sous peine de mort dans son armée et menace de fusiller tout homme qui déserterait.

Malgré cela, le Morbihannais est finalement contraint par la situation de se rendre à une conférence de paix avec ses généraux. Ces derniers sont opposés quant à la marche à suivre, certains voient d’un bon œil les propositions de paix offertes par ce nouveau régime bonapartiste, d’autres souhaitent poursuivre la guerre. Bonaparte profite cependant de ces négociations pour renforcer son armée à l’Ouest qu’il fait progresser en Bretagne après avoir signé la paix avec les derniers généraux vendéens dans les premiers jours de l’année 1800.

Face à l’importance de l’armée républicaine, Cadoudal doit se replier pour regrouper ses forces. La bataille finit par s’engager entre Chouans et républicains mais le brouillard et le manque de discipline militaire des Chouans, dont la plupart sont paysans et n’ont pas été formés au métier des armes, jouent en leur défaveur. Quatre cents Chouans mourront ce jour-là, se sacrifiant pour leur liberté et leurs traditions contre trois cents morts du côté républicain.

Cette bataille se révèle finalement être un échec pour les deux partis et Cadoudal se résout à traiter. Le général républicain Debelle aurait harangué le général chouan en lui disant qu’il était chargé de la part du Premier Consul de lui offrir « le grade de général de division et un commandement dans l’armée de Moreau ; en cas de refus, de lui envoyer sa tête », ce à quoi Cadoudal répond « Ma tête ! pour cela, il faudrait l’avoir, et je ne suis pas disposé à la céder. »

Georges Cadoudal se résigne et capitule finalement le 10 février 1800.

Le petit corse et le gros breton

Deux semaines plus tard, il rencontre le Premier Consul au palais des Tuileries. Toutefois, bien que Bonaparte soit impressionné par la stature et la prestance du « géant breton », Cadoudal ressort furieux de sa deuxième entrevue avec Bonaparte s’écriant « Oui oui, il change de ton, son pouvoir l’enivre… ce petit homme que j’aurais pu étouffer entre mes bras. Oh ! Il ne m’engageait point à prendre du service, il commandait, il ordonnait, il parlait en maître. Pacification, amnistie, tout cela n’est qu’un leurre. Attendons, et bientôt nous serons sous les verrous. »

Dédaignant les offres du consul qui lui propose même le grade de général de brigade, Cadoudal quitte Paris et s’embarque pour l’Angleterre afin de rencontrer le comte d’Artois, frère du défunt Louis XVI. Il est nommé chef de l’Armée catholique et royale de Bretagne et prend dès lors le commandement de l’ensemble des forces chouannes présentes en Bretagne.

Le chef chouan rentre en Bretagne avec la promesse du premier ministre britannique d’un renfort de 30.000 soldats anglais s’il réussit à en lever le double. La Bretagne chouanne est réorganisée et divisée en neuf régions aux ordres des lieutenants de Cadoudal.

La marche victorieuse de Bonaparte contre les Autrichiens à Marengo vient cependant bouleverser tout espoir de Cadoudal de voir les renforts anglais débarqués sur les côtes bretonnes. Le premier consul, face au refus de Cadoudal de le servir dans une armée républicaine qu’il avait passé son temps à combattre, décide de changer de stratégie et ordonne qu’on pourchasse le « gros Breton » et qu’on le fasse exécuter au plus vite. Plusieurs agents sont envoyés par le chef de la police Fouché afin d’assassiner le chef chouan, sans résultats.

Cadoudal ne reste pas sans réagir et envoie en représailles trois de ses officiers à Paris afin de mettre fin aux jours du Premier Consul. N’ayant pas reçu plus d’instruction sur la manière d’agir de la part de leur chef, les trois Bretons confectionnent une machine infernale qui explose en faisant 22 victimes sans toutefois parvenir à atteindre leur véritable cible. La répression s’abat rapidement sur la Bretagne qui est quadrillée par les troupes républicaines qui parviennent à arrêter et exécuter le plus proche ami de Cadoudal ainsi que son frère cadet.

Cadoudal se réfugie alors en Angleterre et y demeure de mars 1802 à août 1803, temps qu’il met à profit afin de préparer sa revanche contre Bonaparte. L’objectif est de rallier à sa cause certains chefs républicains opposés à la politique bonapartiste, tels que le général Moreau et le général Pichegru et de placer ce dernier provisoirement à la tête de l’Etat après s’être débarrassé du Premier consul.

Le 21 du mois d’août, Cadoudal débarque en Bretagne avec plusieurs de ses lieutenants. Le secret de leur arrivée en terre chouanne ne fait cependant pas long feu et Fouché, apprenant le retour du chef chouan grâce à l’interception d’un courrier de l’un de ses lieutenants, lance une vague d’arrestations. Plusieurs fidèles du colosse breton sont arrêtés et soumis à la torture. Les noms des principaux auteurs de la conspiration sont alors révélés et les généraux Moreau et Pichegru sont également mis aux arrêts.

Georges Cadoudal est finalement arrêté le 9 mars 1804 à Paris et malgré son héroïque résistance, le géant breton finit par succomber face au nombre d’assaillants.

Après plusieurs interrogatoires durant lesquels Cadoudal refuse de donner le nom de ses complices et assume pleinement sa volonté de restaurer un Bourbon à la tête de l’État, il est conduit à la prison du temple. Attendant sa mort dans la même prison où Louis XVI et Marie-Antoinette avaient vécu leurs derniers instants avant l’échafaud, Cadoudal ne regrette rien de son engagement si ce n’est d’être parvenu à le rendre victorieux.

Le 25 juin 1804, celui qui, pendant plus d’une décennie s’était battu contre les troupes républicaines afin de permettre aux Bretons de conserver leur foi et de remettre un souverain légitime à la tête de l’Etat, est monté à l’échafaud après avoir refusé l’amnistie qu’on lui proposait si ses hommes ne pouvaient en profiter également.

Confessé auprès de son abbé, le colosse breton ne redoute pas la mort et s’écrie trois fois « Vive le roi » avant que le couperet de la guillotine ne mette fin à sa vie.

SOURCE : Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne