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PARIS : François-Xavier Le GAL : « L’IA accélère le code, mais qui contrôle la qualité ? »

Pour le DGA de Mr Suricate, l’IA dans le code déplace le risque et impose de réinventer le contrôle qualité pour éviter une explosion des bugs.

L’intelligence artificielle a envahi les sphères du développement logiciel, promettant une productivité décuplée. Les lignes de code se génèrent plus vite, les fonctionnalités sont livrées en continu et les cycles de production se raccourcissent drastiquement. Pourtant, derrière cette accélération se profile un risque économique et opérationnel majeur : une prolifération de bugs et d’anomalies. Dans une tribune, François-Xavier Le Gal, Directeur Général Adjoint de Mr Suricate (https://www.mrsuricate.com/?hsLang=fr-fr), société spécialisée dans les tests automatisés, alerte sur l’urgence de repenser le contrôle qualité à l’ère de l’IA.

« À quelle vitesse produisons-nous aussi des bugs ? Et surtout, qui, dans l’entreprise, est encore en capacité de les détecter à temps ? », interroge-t-il.

Un marché en pleine expansion face à un risque déplacé

Les outils comme les copilotes de développement ou les agents IA sont désormais une réalité pour la plupart des équipes techniques. Si le gain en productivité est indéniable, il s’accompagne d’un corollaire : un code souvent moins relu, moins maîtrisé et plus difficile à maintenir. Selon l’expert, l’IA ne fait pas disparaître les anomalies, elle les déplace.

« Elles deviennent plus diffuses, plus fréquentes, plus difficiles à anticiper. Et elles arrivent en production dans un environnement où la moindre défaillance d’un parcours critique peut suffire à faire fuir un client en quelques secondes », souligne François-Xavier Le Gal.

Cette prise de conscience se traduit déjà dans les chiffres. Le marché mondial du test logiciel, qui dépassait 55 milliards de dollars en 2024, pourrait doubler d’ici 2034. Une croissance qui témoigne d’un besoin croissant de contrôle dans un cycle de production toujours plus rapide.

La mutation profonde du métier de la Qualité (QA)

Le modèle traditionnel des campagnes de tests ponctuelles avant chaque mise en production est devenu obsolète. Avec des déploiements qui peuvent avoir lieu plusieurs fois par jour, la qualité n’est plus une étape, mais doit devenir un état permanent. Cette nouvelle réalité redéfinit en profondeur le rôle des équipes Qualité (QA), longtemps perçues comme un goulot d’étranglement.

L’IA, paradoxalement, devient ici une alliée. En prenant en charge les tâches chronophages et répétitives comme l’analyse de logs ou l’ajustement de scénarios de test (« self-healing »), elle libère les experts QA. Ils ne sont plus cantonnés à l’exécution, mais se concentrent sur des missions à plus forte valeur ajoutée.

Du « faire » au « décider » : le nouveau rôle stratégique des équipes

Le changement de paradigme est fondamental. Les équipes QA passent de l’exécution au pilotage. Leur mission consiste désormais à arbitrer la couverture des tests, à hiérarchiser les risques, à identifier les parcours utilisateurs critiques à sécuriser en priorité et à dialoguer avec les métiers.

« Les équipes ne sont plus dans l’exécution mais dans le pilotage. Elles passent du faire au décider », résume le dirigeant.

Cette transformation s’accompagne d’une démocratisation des outils. Grâce aux approches no-code, la création de tests automatisés n’est plus réservée aux profils techniques. Un chef de produit ou un responsable e-commerce peut désormais créer et lancer ses propres scénarios, faisant de la qualité la responsabilité de tous.

Ce que l’intelligence artificielle ne remplacera jamais

François-Xavier Le Gal met cependant en garde contre une confiance aveugle en la technologie. L’IA est un puissant accélérateur, mais elle manque de vision stratégique et de compréhension du contexte métier.

« L’IA accélère, mais elle n’arbitre pas. Elle ne sait pas, seule, dire si un parcours utilisateur a du sens pour le métier, si une expérience est réellement fluide », prévient-il.

Le succès des organisations dépendra de leur capacité à combiner intelligemment un moteur d’exécution fiable, des équipes humaines recentrées sur les décisions stratégiques et une compréhension fine des parcours clients essentiels. Alors que la vitesse de déploiement atteint des niveaux inédits, la question du contrôle qualité devient centrale pour garantir la performance et la pérennité des services digitaux. Car, conclut l’expert, « dans ce nouveau monde où le code se génère en quelques secondes, la qualité, elle, ne s’improvise pas ».

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).