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PARIS : François HUREL : « Pour les seniors, l’auto-entrepreneuriat représente un refuge d’autonomie »
Une étude inédite de l’Union des Auto-Entrepreneurs révèle que 92 % des seniors jugent le statut d’indépendant attractif pour contourner les freins à l’embauche et rester actifs.
C’est un véritable phénomène de société que met en lumière la nouvelle étude intitulée « Seniors et auto-entrepreneuriat : entre défis, liberté et transmission ». Publiée par l’Union des Auto-Entrepreneurs et des Travailleurs Indépendants (UAE) avec le soutien de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, cette enquête analyse en profondeur les motivations des plus de 50 ans qui se lancent à leur compte. Le constat est clair : face à un marché du travail souvent fermé, l’indépendance devient une voie privilégiée d’épanouissement professionnel.
Une réponse à la discrimination salariale
Les chiffres rapportés par l’Observatoire de l’UAE illustrent une réalité difficile pour les travailleurs expérimentés. En effet, 61,9 % des sondés déclarent avoir subi des discriminations liées à leur âge lors de leurs recherches d’emploi. Dans ce climat d’exclusion, le statut d’auto-entrepreneur apparaît comme une solution pragmatique et choisie. Pour 54 % des seniors interrogés, la difficulté de trouver un emploi salarié n’était pas la motivation première, prouvant que ce basculement vers l’indépendance relève d’une véritable volonté d’entreprendre.
« Pour les seniors, l’auto-entrepreneuriat représente aujourd’hui un refuge d’autonomie, d’épanouissement et de transmission », a déclaré François Hurel, président de l’UAE. Les motivations sont multiples : 69,2 % des créateurs cherchent à retrouver liberté et flexibilité, tandis que 47 % sont en quête de sens.
La volonté de transmettre et de rester utile
Loin de se considérer en fin de parcours, cette génération de travailleurs souhaite ardemment valoriser son expertise. L’étude souligne que 89 % des seniors désirent transmettre leur savoir-faire. Cette dynamique se prolonge souvent au-delà de l’âge légal de la retraite, puisque 54 % envisagent de poursuivre leur activité après celle-ci, non seulement par nécessité économique, mais surtout par envie de rester connectés et utiles à la société.
« Entreprendre après 50 ans, c’est oser une nouvelle vitalité. Soutenir ces seniors, c’est investir dans l’expérience et la transmission pour l’avenir économique de la France », précise Maryvonne Le Roch-Nocera, présidente de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires. Reconnue d’utilité publique, la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires (http://www.fondationleroch-lesmousquetaires.org) accompagne ces trajectoires via des initiatives comme le Prix Audace.
Des obstacles administratifs à lever
Malgré cet engouement, le parcours reste semé d’embûches. L’étude pointe des carences majeures dans l’information et l’accompagnement. Une écrasante majorité des répondants (93 %) déplore un manque d’informations sur leurs droits à la retraite. L’absence de simulateurs fiables pour les carrières poly-actives et la suppression des droits au Compte Personnel de Formation (CPF) lors de la liquidation de la retraite sont vécues comme des injustices.
Appel à une simplification du système
Face à ces constats, l’UAE (http://www.union-auto-entrepreneurs.com/) et la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires appellent les pouvoirs publics à réagir. Elles préconisent le développement de dispositifs spécifiques de transition professionnelle et une simplification drastique du système de calcul des retraites. Pour les auteurs de l’étude, faciliter l’activité des seniors indépendants constitue non seulement un impératif économique, mais également un enjeu majeur de cohésion sociale et de dignité.