Passer au contenu principal

PARIS : Francis LELONG : « L’IA entraîne une vassalis…

Partager :

PARIS : Francis LELONG : « L’IA entraîne une vassalisation de l’opinion des électeurs »

Francis Lelong, fondateur de Sarenza, alerte sur le risque démocratique que représente l’usage de l’intelligence artificielle par 16 % des électeurs français.

Alors que le débat sur l’intelligence artificielle s’intensifie, une récente étude jette un pavé dans la mare démocratique : 16 % des Français auraient déjà eu recours à des algorithmes pour orienter leur choix lors des dernières élections municipales. Ce chiffre, encore embryonnaire mais significatif, a provoqué la vive réaction de Francis Lelong, entrepreneur emblématique de la French Tech, co-fondateur de Sarenza et actuel CEO d’Alegria.group. Il met en garde contre un phénomène qu’il nomme la « vassalisation de l’opinion », une dilution insidieuse du libre arbitre citoyen au profit de logiques technologiques opaques et étrangères.

Un risque de dépossession démocratique

Pour Francis Lelong, le danger ne réside pas dans la technologie elle-même, mais dans son absence de souveraineté. Il dénonce une forme de dépendance intellectuelle croissante envers des outils dont les fondements nous échappent.

« Le risque n’est pas seulement technologique, il est démocratique », alerte l’entrepreneur.

Il poursuit son analyse en pointant l’origine des modèles qui alimentent ces intelligences artificielles.

« Si nous déléguons notre libre arbitre à des outils dont les modèles sont entraînés à San Francisco ou Pékin, nous perdons la maîtrise de notre destin collectif », précise-t-il.

Cette externalisation du raisonnement politique vers des boîtes noires algorithmiques, conçues selon des valeurs et des intérêts qui ne sont pas nécessairement alignés sur ceux de la société française ou européenne, constituerait une menace directe pour l’intégrité du processus électoral et, plus largement, du débat public. La question n’est plus seulement de savoir pour qui voter, mais qui ou quoi influence la décision finale de l’électeur.

La souveraineté numérique comme seul rempart

Face à ce constat, Francis Lelong se défend de tout technophobie. Son propos n’est pas un réquisitoire contre l’intelligence artificielle, mais un plaidoyer urgent pour la construction d’une alternative souveraine. Loin de prôner un retour en arrière, il appelle à un sursaut industriel et politique pour développer des solutions technologiques européennes, transparentes et maîtrisées.

L’objectif est clair : « bâtir une infrastructure souveraine pour protéger l’intégrité de notre débat public ».

Cette démarche impliquerait la création de modèles d’IA entraînés sur des données locales, respectueux des régulations comme le RGPD, et dont les mécanismes seraient auditables. Il s’agit de garantir que les outils d’aide à la décision qui façonneront demain l’opinion publique soient des instruments d’émancipation et non de soumission.

Cette prise de position d’une figure reconnue de l’écosystème technologique français intervient à un moment charnière, où l’influence des géants de la tech sur la sphère politique et sociale est plus que jamais scrutée. L’enjeu, selon Francis Lelong, dépasse largement le cadre des élections municipales et concerne toutes les futures consultations démocratiques, à l’heure où l’information et l’opinion se construisent de plus en plus via des canaux numériques.

via Presse Agence.