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PARIS : Fouad SEVIMLI : « Ce n’est plus une crise RH…

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PARIS : Fouad SEVIMLI : « Ce n’est plus une crise RH, c’est un vrai sujet de société »

Une enquête Staff & Go révèle que la crise RH dans le secteur social contraint déjà près d’une structure sur deux à refuser des bénéficiaires.

Le secteur social et médico-social français, pilier de l’accompagnement des enfants, des aînés et des publics les plus fragiles, est au bord de la rupture. Une enquête choc, menée par la plateforme de gestion RH Staff & Go auprès de 1 712 professionnels, dresse un constat alarmant : la crise des ressources humaines n’est plus une menace, mais une réalité qui se traduit par des refus de prise en charge et des fermetures imminentes. Staff & Go (https://staffngo.com/) est une solution française de gestion des ressources humaines destinée à simplifier les processus pour les TPE et PME.

Des services déjà à l’arrêt

La pénurie de personnel a des conséquences directes et immédiates pour les familles. Selon l’étude, près d’une structure sur deux (48 %) a déjà dû annuler ou reporter une prestation au cours des 12 derniers mois. Plus grave encore, 41 % ont été contraintes de refuser de nouvelles inscriptions ou de nouveaux bénéficiaires, faute de bras.

La crise se matérialise aussi par des fermetures : 24 % des établissements ont dû clore temporairement une unité ou une section, et 32 % ont réduit la fréquence des visites à domicile. La promesse d’accompagnement se heurte désormais à un mur de postes vacants, laissant de nombreuses personnes sans solution.

Une continuité de service assurée hors-la-loi

Le chiffre est aussi rare que révélateur de l’urgence de la situation : 16 % des structures interrogées reconnaissent avoir fait travailler leurs salariés au-delà des limites légales du temps de travail pour ne pas interrompre le service. Cet aveu souligne le dévouement extrême des équipes, mais aussi l’épuisement d’un système qui ne tient plus que par des arrangements contraires au droit du travail pour pallier le manque de personnel. Quand des aides-soignantes ou des auxiliaires de vie enchaînent des heures au-delà du cadre légal, la crise RH se mesure en risques humains et réglementaires.

Le spectre de la fermeture pour 7 structures sur 10

La situation actuelle n’est qu’un prélude à une dégradation encore plus massive. L’enquête révèle que 29 % des structures ont déjà été obligées de réduire leur activité. En y ajoutant celles qui anticipent de devoir le faire, le chiffre monte à 71 % des établissements qui prévoient une réduction d’activité ou une fermeture d’ici trois ans. Seules 12 % des structures estiment n’encourir aucun risque à court ou moyen terme, un chiffre qui témoigne de la généralisation de la crise.

Des métiers en déshérence

À la racine du problème se trouve un parcours du combattant pour recruter. Sur les 12 derniers mois, 86 % des organismes ont eu au moins un poste vacant pendant plus de trois mois. Pour 67 % des structures, trouver un professionnel de terrain prend désormais plus de trois mois, et 10 % des postes sont jugés « impossibles à pourvoir ».

Les profils les plus recherchés sont ceux qui sont en première ligne : les remplaçants (52 %), les aides à domicile (48 %), les auxiliaires de vie (46 %) et les aides-soignants (43 %). Cette tension prive directement les bénéficiaires des soins et de l’accompagnement essentiels à leur quotidien.

Un quotidien dégradé et une perte de sens

La crise n’affecte pas seulement le recrutement, elle mine aussi le moral des équipes en place. Six salariés sur dix estiment consacrer plus de 20 % de leur temps à des tâches administratives, soit l’équivalent d’une journée par semaine détournée de l’accompagnement humain.

Ce décalage entre la vocation et la réalité du terrain crée un profond sentiment d’échec : 40 % des professionnels déclarent avoir le sentiment de ne pas pouvoir accompagner correctement un bénéficiaire chaque semaine, voire chaque jour. En conséquence, la fidélisation des salariés est en chute libre : 73 % ont déjà envisagé de quitter le secteur. Plus inquiétant pour l’avenir, 9 professionnels sur 10 ne recommanderaient pas leur métier sans réserve à un jeune, et 42 % le déconseilleraient activement.

« Nous accompagnons à notre échelle de nombreux acteurs de l’action sociale. En découvrant ce que nos clients vivent au quotidien, nous avons compris que le sujet dépassait largement notre cœur de métier. Ce n’est plus seulement une crise RH : c’est un vrai sujet de société, et il fallait tirer la sonnette d’alarme », conclut Fouad Sevimli, cofondateur de Staff & Go.

 

via Press Agence.