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PARIS : Fondation pour l’innovation politique – Union européenne, l’étouffoir de l’écologisme bureaucratique

Le 11 décembre 2019, la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, présentait le « pacte vert pour l’Europe ».

Au cœur de ce projet ambitieux qui vise à rendre le continent européen neutre en carbone d’ici à 2050, le monde financier se voyait attribué un rôle essentiel : orienter les investissements vers les entreprises les plus « vertueuses » afin de les aider dans cette transition écologique.

Afin d’atteindre cet objectif, trois législations fondatrices ont été mises en œuvre : tout d’abord la « taxonomie verte » définit les conditions dans lesquelles une activité est « verte » ; ensuite la CSRD contraint les entreprises à produire un éventail de données environnementales et sociales standardisées ; enfin, à partir de ces informations, la SFDR oblige les établissements financiers à communiquer auprès des investisseurs les objectifs RSE de leurs fonds, selon une catégorisation très précise.

Cinq ans après, le bilan de cette construction législative d’une « finance verte », qui se voulait exemplaire, se révèle pour le moins mitigé. Les entreprises se retrouvent noyées sous un « tsunami réglementaire », les accusations de greenwashing se multiplient et, en 2024, pour la première fois, les investisseurs ont retiré 30 milliards des fonds « verts ».

À l’heure où l’économie mondiale devient de plus en plus compétitive, cet échafaudage de législations complexes, parfois incohérentes et souvent d’application coûteuse, non seulement se révèle mortifère pour de nombreuses entreprises européennes, mais de plus, finit par générer auprès des citoyens un effet repoussoir en défaveur des enjeux environnementaux qui alimente les votes extrêmes.

Il est désormais urgent de quitter toute idéologie et de replacer la finance dans son rôle initial : participer avant tout à la construction d’une croissance économique durable, c’est-à-dire à la fois productrice de richesses, respectueuse de l’environnement et socialement soutenable.

C’est à ce prix que l’Europe pourra atteindre ses objectifs environnementaux ambitieux sans risquer sa désagrégation politique.

Emmanuel Bloch,

Docteur en sciences de l’information et de la communication, professeur associé à l’Université Panthéon-Assas en communication et RSE, intervenant à l’IHEDN et à l’INHESJ.