PARIS : Fondapol – Va-t-on légaliser la mort provoqué…
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PARIS : Fondapol – Va-t-on légaliser la mort provoquée ? La gériatrie face au risque de l’euthanasie et du suicide assisté
Les graves carences dont souffrent les politiques gériatriques sont dénoncées depuis des années par nombre d’institutions et d’acteurs de terrain.
Or, dans les années qui viennent, le nombre des personnes âgées va croître considérablement. D’ici à 2050, la population âgée de 65 ans et plus devrait augmenter d’au moins 35%, soit 4,9 millions de personnes âgées supplémentaires ; elles représenteront alors plus d’un quart de la population totale.
Dans un contexte d’insuffisance majeure de leur prise en charge, au niveau social et médical, et compte tenu du fait que le déficit budgétaire global ne permet pas d’espérer un renforcement des moyens alloués, une légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté fait craindre que les personnes âgées ne soient dramatiquement concernées par une loi autorisant l’euthanasie et le suicide assisté.
Écrasé par un validisme prégnant, le vieillissement pourrait devenir un « choix d’existence » dont l’alternative serait l’anticipation de la mort par euthanasie ou suicide assisté. Dès lors, des injonctions de toutes natures ne manqueront pas de s’exercer sur un monde gériatrique déjà très fragilisé. Les pressions psychologiques et sociales pèseront d’autant plus sur les personnes âgées qu’elles seront plus nombreuses tandis que l’offre de soins palliatifs est d’ores et déjà très insuffisante.

Pr Claude Jeandel,
Professeur des universités en gériatrie, directeur de l’École de gériatrie et de gérontologie à la faculté de médecine Montpellier-Nîmes, ancien président du Conseil national Professionnel de gériatrie.
Dr Jean-Marie Gomas,
Gériatre, médecin de la douleur, médecin de soins palliatifs.
SOURCE : Fondapol – La Newsletter du 30 octobre 2025.