
PARIS : Fondapol – L’individu contre l’étatisme
Même si nombre de ses citoyens et de ses élites intellectuelles semblent l’avoir oublié, la France n’est pas simplement le pays de Colbert et de la centralisation napoléonienne.
Elle est aussi l’un des principaux berceaux de la philosophie libérale contemporaine et compte dans son riche patrimoine intellectuel un certain nombre d’auteurs majeurs qui se sont attachés à penser les rapports complexes entre l’individu, la société civile et l’État.
Ainsi, le XIXe siècle – période hantée dans l’Hexagone par le souvenir de la Révolution française – a vu l’apogée du libéralisme, même si celui-ci était composé de courants distincts. À côté du libéralisme conservateur, autoritaire et largement étatique, incarné par quelqu’un comme Guizot, cet âge d’or de la philosophie politique française a également vu l’éclosion d’un libéralisme de l’individu face à l’État. Non pas contre l’État, ni même contre un État fort, mais contre l’étatisme, c’est-à-dire contre un État obèse, instrumentalisé par les groupes de pression, et prétendant se mêler de tout sans même pouvoir assumer convenablement ses fonctions élémentaires.
Ce faisant, les libéraux français du long XIXe siècle qui, de Benjamin Constant à Alain, en passant par l’école libérale de Paris, ont cherché à défendre résolument les droits de l’individu face à un État jacobin et autoritaire hérité de plusieurs siècles de centralisation ont tracé la voie d’une réflexion politique qui reste éminemment précieuse aujourd’hui, alors que nous traversons une très grave crise de la représentation, doublée d’une quasi-faillite de notre modèle social.
Jérôme Perrier,
Normalien, agrégé d’histoire et docteur en histoire de l’ieP de Paris, enseigne l’histoire du libéralisme à sciences Po Paris et à l’université de Versailles-saint-Quentin-en-Yvelines.
SOURCE : Fondapol – La Newsletter du 9 avril 2025.


