PARIS : Fondapol – Liberté, égalité, fraternité
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PARIS : Fondapol – Liberté, égalité, fraternité
Tout va de mal en pis dans l’Union européenne et plus que partout en notre douce France.
Les statistiques s’accumulent, les sondages confirment, les économistes dressent de sombres bilans, les écologistes énoncent des risques apocalyptiques, les politiques regrettent un passé supposé glorieux, déplorent le présent et craignent l’avenir, la démographie du Vieux Continent est en berne (sauf en France), donc à l’Est comme au Sud, l’invasion menace, nous survivons dans une forteresse assiégée… Je n’en crois rien.
Le citoyen français, nous dit-on, est le plus déprimé de la planète, son taux de pessimisme dépasse celui des affamés du tiers-monde, ce qui laisse mal augurer de son bon sens : logé, nourri, retraité, il a beau profiter d’une vie deux fois plus longue, le voilà dix fois plus malheureux ! Cette aimable hypocrisie est confirmée par le détail des enquêtes, quand les sondés en majorité s’avouent relativement satisfaits de leur sort personnel, mais irréductiblement inquiets quant à un destin collectif. Autant dire que le Français est moins matériellement que moralement défait.
Le déclinisme ambiant révèle un accablement mental. Sont en jeu, non pas les risques et difficultés de l’existence, mais bien notre supposée incapacité à les surmonter. Une fois de plus, l’Europe n’a pas le moral et s’afflige du « vide des valeurs » que dénonçait Hugo von Hofmannsthal dans l’Autriche de la Belle Époque. Je m’inscris en faux contre ce catastrophisme très partagé. Face aux fanatismes religieux ou politiques, nous ne sommes aucunement démunis ; loin d’être offensifs, ils ne sont que réactifs, fuites chaotiques devant les assauts d’une modernité qui se mondialise.
Liberté de parole et d’information, égalité entre citoyens et entre sexes, fraternité qui sépare convictions religieuses et solidarité profane, ces revendications, sources de problèmes et d’embarras, impliquent avant tout des choix et des valeurs. Rien ne justifie notre déclinisme angoissé, alors que, sous tant de latitudes, un désir d’émancipation laïque conteste tabous et despotismes. Sachons retrouver dans les informations du jour les idées inscrites aux frontons officiels, sublimes antidépresseurs qui baptisèrent l’exception française, jusqu’à ce que bien d’autres terriens s’en emparent et s’adonnent à semblables libertinages.
SOURCE : Fondapol – La Newsletter du 23 avril 2025.


