Passer au contenu principal

PARIS : Fondapol – Crise bancaire, dette publique : u…

Partager :

PARIS : Fondapol – Crise bancaire, dette publique : une vue allemande

Cent ans après sa création, le système monétaire reposant sur l’étalon-or, adopté par les principaux pays occidentaux industrialisés en 1879, s’effondrait.

Aujourd’hui nous assistons à la déstabilisation de l’euro, conséquence de la grave crise d’endettement de l’État grec. Qu’est-ce que ces deux systèmes ont en commun ? Malgré des différences de fonctionnement notables, ils partagent la même contrainte : les États membres doivent renoncer à leur autonomie de décision en matière monétaire, économique et financière si l’équilibre des finances publiques n’est pas respecté. C’est ainsi que le système étalon-or prit fin temporairement avec la déclaration de la Première Guerre mondiale en raison de la nécessité de financer le conflit.

Dans l’Europe actuelle, la Grèce n’a pas respecté cette contrainte et en paie le prix aujourd’hui. Le pays a dû céder sa souveraineté en matière de politique économique et financière à l’Union européenne et au Fonds monétaire international (FMI) en échange de prêts concédés par les 16 pays de la zone euro et du FMI. La politique budgétaire grecque sera désormais décidée à Bruxelles et Washington. Cette impasse est le résultat d’une mauvaise gestion budgétaire menée pendant des années au mépris du respect des lois économiques, et non l’œuvre de spéculateurs sans scrupules, comme l’on se plaît à le dire à Athènes – et pas seulement là-bas. Cause et conséquence sont de toute évidence confondues.

L’opération de sauvetage organisée dans l’urgence le week-end des 8 et 9 mai 2010 par le Conseil européen pour la défense de l’euro sous la présidence autoproclamée de Nicolas Sarkozy est un autre exemple de mépris des règles de fonctionnement de l’Union économique monétaire (UEM). Tous les sacro-saints principes de stabilité de l’euro ont été purement et simplement ignorés sans aucune considération du droit européen. L’apport garanti par le Gouvernement fédéral allemand pour financer le déficit des pays européens surendettés dépasse les dépenses sociales de l’État fédéral. En 1998, les membres du Conseil européen s’étaient disputés pendant quinze heures pour nommer le premier président de la Banque centrale européenne (BCE). Aujourd’hui, celui-ci se voit privé de son indépendance par le même conseil, et cette décision est inscrite à l’ordre du jour parmi les points «divers». La BCE doit désormais acheter sur le marché secondaire des emprunts d’États européens en difficulté qu’elle ne voulait récemment même plus accepter comme garanties pour les crédits concédés aux banques d’affaires. Compte tenu de l’aggravation de la situation sur les marchés financiers et du danger d’implosion de la zone euro, les chefs de gouvernement n’ont pas hésité à faire fi des règles existantes.

Mais cette opération «coup-de-poing» permet seulement de gagner du temps. L’ouverture des vannes du crédit par l’Union européenne et le FMI ainsi que l’action de la BCE ne peuvent garantir une stabilité à longue échéance de l’euro. Le sauvetage risque, au contraire, de perpétuer les erreurs de gestion accumulées depuis plusieurs années, contribuant ainsi à gonfler la bulle de dettes. En l’absence d’une politique d’assainissement des finances publiques rigoureuse et crédible, en particulier de la part des pays surendettés, les tensions sur les marchés financiers ne diminueront pas et seules les banques, en particulier française seront sauvées, mais non l’euro.

Ainsi, il est légitime de se demander comment, à l’avenir, une convergence des politiques budgétaires nationales peut être mise en place de façon crédible. Il est vrai que les instruments sont déjà disponibles, d’une part, dans le traité de Lisbonne avec effet juridique de droit international et, d’autre part, dans le droit secondaire, mais ils n’ont jamais été utilisés. Les architectes de l’euro ont supposé que les États membres respecteraient les règles qu’ils avaient eux-mêmes décidées et fait ratifier par leur Parlement, tout comme ils ont pensé que les organes de l’Union européenne se comporteraient conformément au Traité. Si l’on pense que le respect de telles règles relève de l’utopie, alors la zone euro ne sera qu’une chimère. Il est donc crucial qu’à l’avenir, lors des discussions au sein de la Commission européenne et du Conseil des ministres à propos de la réforme du pacte de stabilité et de croissance (PSC), la marge de manœuvre du politique soit efficacement limitée. C’est la condition nécessaire pour stopper la zone euro dans sa course effrénée aux transferts financiers et, par conséquent, à l’inflation.

LIRE LA SUITE

SOURCE : Fondapol – La Newsletter du 14 février 2025.