PARIS : « Explorations » – Le musée de l’Armée…
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PARIS : « Explorations » – Le musée de l’Armée retrace 300 ans de découvertes françaises
Le musée de l’Armée présente « Explorations », une exposition qui retrace 300 ans d’expéditions militaires françaises, des abysses à l’espace.
Le musée de l’Armée, aux Invalides, présente jusqu’au 16 août 2026 sa nouvelle exposition intitulée « Explorations : une affaire d’État ? ». À travers un parcours inédit, elle met en lumière le rôle central et souvent méconnu de l’armée française dans 300 ans de grandes explorations, des profondeurs marines à la conquête spatiale. Mêlant archives, créations artistiques, objets scientifiques et spécimens variés, l’exposition propose une relecture fascinante de ces épopées où se croisent la science, le pouvoir et les ambitions nationales.
Des ambitions intellectuelles aux enjeux de souveraineté
L’exposition retrace l’évolution des motivations qui ont poussé la France à se lancer dans ces entreprises coûteuses et périlleuses. Au 18ème siècle, après la perte de son premier empire colonial, la monarchie française a soutenu de grandes expéditions, comme celle de Bougainville, pour réaffirmer sa puissance face à ses rivales européennes. Les objectifs étaient alors intellectuels, commerciaux et cartographiques. Le 19ème siècle a vu les missions scientifiques se doubler de conquêtes territoriales dans le cadre de la colonisation, notamment en Afrique et en Asie.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’exploration s’est déplacée vers de nouveaux fronts : la course à l’espace et la plongée dans les abysses sont devenues des leviers de prestige et de puissance. Aujourd’hui, l’exposition démontre que l’exploration est au cœur de nouveaux enjeux géopolitiques. Les pôles, les fonds marins et le cosmos, riches en ressources et menacés par le changement climatique, sont devenus des théâtres de rivalités où la souveraineté et la sécurité nationale sont primordiales.
De Bougainville à la première femme exploratrice
Un focus particulier est mis sur des épisodes marquants de cette histoire. L’arrivée de Louis-Antoine de Bougainville à Tahiti en avril 1768 est l’un d’eux. « L’ensemble de cette île offre un coup d’œil charmant », écrivait alors le navigateur. C’est lors de cette même expédition qu’est révélée l’identité de Jeanne Barret, valet du naturaliste Philibert Commerson, qui devient ainsi la première femme à accomplir un tour du monde, bravant une interdiction royale. L’exposition présente notamment le tableau de Gustave Alaux, « Arrivée de Bougainville à Tahiti » (vers 1930), qui illustre une vision idéalisée de cet événement, peinte près de deux siècles plus tard.
Cette histoire se prolonge jusqu’à nos jours, rappelant que les femmes, civiles comme militaires, sont désormais des actrices incontournables des explorations contemporaines, à l’image du colonel de l’armée de l’Air et de l’Espace Sophie Adenot, qui rejoindra la Station Spatiale Internationale en 2026.
Une logistique d’État au service de la science
L’exposition met en lumière l’organisation colossale derrière chaque mission. L’État, via ses ministères (Guerre, Marine, Colonies), en a toujours été le principal financeur et commanditaire. Des corps savants militaires — ingénieurs-géographes, médecins de marine, cartographes — ont œuvré aux côtés de scientifiques civils. Le parcours révèle les conditions de vie souvent extrêmes des explorateurs, confrontés à la maladie, à l’isolement et aux dangers.
Le modèle de la « commission scientifique », institutionnalisé par Bonaparte lors de la campagne d’Égypte (1798-1801), est également analysé. Ces missions, associant étroitement armées et savants, avaient pour but la connaissance des territoires et de leur histoire, et leurs découvertes ont largement contribué à enrichir les collections des musées français, tout en servant le rayonnement de la France.
Informations pratiques
L’exposition « Explorations : une affaire d’État ? » se tient au musée de l’Armée – Invalides, à Paris, jusqu’au 16 août 2026.

