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PARIS : Expérimentation d’une nouvelle méthode pour…

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Gilles Carvoyeur
23 Avr 2024

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PARIS : Expérimentation d’une nouvelle méthode pour lutter contre contre les pucerons

Expérimentation d’une nouvelle méthode pour lutter contre contre les pucerons vecteurs de la jaunisse de la betterave à sucre.

Le 1er février 2024, le Premier ministre a annoncé des mesures de simplification en réponse aux inquiétudes du monde agricole. Ces annonces prévoient notamment, de poursuivre un objectif de réduction de l’utilisation et des risques globaux des produits phytosanitaires dans le respect d’un principe : « pas d’interdiction sans solution » et avec des moyens conséquents destinés à la mise au point et à l’adoption d’alternatives prioritairement non chimiques.

Dans le cadre des travaux du Plan National de Recherche et Innovation (PNRI), destiné à mettre au point des solutions opérationnelles contre la jaunisse de la betterave sucrière, le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire accompagne l’expérimentation d’un nouveau produit de biocontrôle composé de kairomones sur 500 hectares. Les kairomones sont des molécules odorantes qui ont un effet répulsif sur les pucerons et qui peuvent diminuer les niveaux d’infestation, et ainsi retarder le moment où les traitements insecticides sont nécessaires. En raison d’un hiver très doux, le risque de jaunisse de la betterave est particulièrement élevé en 2024. Afin de lutter contre le puceron ailé responsable de la transmission de cette maladie, les experts notamment de l’Institut technique de la betterave préconisent une stratégie incluant le renforcement de l’épidémiosurveillance du puceron ailé, des mesures de prophylaxie – notamment l’arrachage des repousses de betteraves – et le recours aux traitements insecticides en dernier ressort.

Pour aller plus loin, le produit faisant l’objet de l’expérimentation est développé par la société Agriodor. Les travaux se déroulent dans le cadre du projet « Biocontrôle des viroses de la betterave par manipulation du comportement des pucerons vecteurs à l’aide d’odeurs » du PNRI financé à hauteur de 314 000 €. Le projet consiste à tester différents mélanges de composés organiques volatils susceptibles de perturber le comportement des pucerons.

Marc FESNEAU, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire déclare : « L’expérimentation de cette solution permet de démontrer l’efficacité du Plan national de recherche et d’innovation destiné à faire émerger des solutions alternatives aux néonicotinoïdes. Au travers du PNRI puis du PNRI-C dit de consolidation, l’Etat a mobilisé 7 millions d’euros entre 2020 et 2023 et ce sont 4 millions d’euros supplémentaires qui sont ajoutés d’ici à 2026. Au-delà de cette solution à base de kéromones, d’autres pistes prometteuses émergent comme la traque de réservoir, les plantes compagne ou encore le renfort de la sélection génétique. L’Etat assure de nouveau sa mobilisation et son soutien en faveur de l’innovation au service de nos agriculteurs. »

Agnès PANNIER-RUNACHER, ministre déléguée auprès du ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire déclare : « Nous devons accélérer la recherche et l’innovation autour des alternatives aux produits phytosanitaires. L’expérimentation que nous lançons aujourd’hui permet de tester en grandeur réelle une solution prometteuse de biocontrôle pour les betteraviers confrontés à un risque de jaunisse de la betterave. Cette décision illustre concrètement la méthode du Gouvernement pour ne pas laisser les agriculteurs face à des impasses, et les accompagner dans la transition agroécologique ».