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PARIS : Expatriation – Les conseils des notaires pour…

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PARIS : Expatriation – Les conseils des notaires pour sécuriser son patrimoine avant le départ

La Chambre des notaires de Paris alerte sur les conséquences juridiques et patrimoniales souvent méconnues d’une expatriation et recommande de les anticiper.

S’expatrier est une aventure qui va bien au-delà de l’organisation matérielle et professionnelle. Quitter le territoire français engage des conséquences juridiques, familiales et patrimoniales complexes, souvent sous-estimées par les futurs expatriés. Selon la Chambre des notaires de Paris, un départ à l’étranger doit être préparé avec le même soin qu’un projet d’investissement majeur. Plusieurs dispositions clés, si elles sont prises en amont, permettent de sécuriser son avenir et d’éviter des situations délicates, voire des pertes financières importantes.

Mariage et contrat : sécuriser son union à l’étranger

La première vigilance concerne le statut du couple. Pour ceux qui partent en concubinage ou liés par un Pacte civil de solidarité (Pacs), il est crucial de savoir que ces statuts ne sont pas universellement reconnus. Dans de nombreuses régions du monde, notamment au Moyen-Orient, leur absence de reconnaissance légale peut priver le partenaire de tout droit en cas de séparation, de maladie ou de décès. Un mariage célébré en France avant le départ peut alors s’avérer une protection juridique indispensable.

Pour les couples déjà mariés, le danger n’est pas écarté. Ceux unis entre le 1er septembre 1992 et le 29 janvier 2019 sans avoir établi de contrat de mariage sont exposés au principe de « mutabilité automatique ». Ce mécanisme juridique peut entraîner un changement de leur régime matrimonial de manière automatique et silencieuse, pour le remplacer par celui en vigueur dans leur nouveau pays de résidence. Les époux peuvent ainsi, sans en avoir conscience, voir leur patrimoine régi par une loi étrangère dont ils ignorent tout. La solution préconisée par les notaires est simple : signer un contrat de mariage avant de s’expatrier. Cet acte permet de figer la loi applicable au régime matrimonial (par exemple, la communauté réduite aux acquêts française) et d’écarter toute incertitude future, quel que soit le pays de résidence.

Résidence principale : vendre ou anticiper la fiscalité

La gestion du logement principal en France est un autre enjeu majeur. L’option la plus simple est souvent de vendre le bien avant de transférer son domicile fiscal à l’étranger, afin d’éviter l’imposition sur la plus-value immobilière. Cependant, pour ceux qui souhaitent conserver leur bien pour le vendre ultérieurement, des régimes d’exonération existent pour les non-résidents, mais sous des conditions très strictes.

Par exemple, un ressortissant d’un État membre de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, ayant été domicilié fiscalement en France pendant au moins deux ans, peut bénéficier d’une exonération plafonnée à 150 000 € sur la plus-value nette. Cette vente doit toutefois intervenir dans un délai de dix ans maximum après le départ. Si ces conditions ne sont pas remplies, ou si la plus-value dépasse ce plafond, le montant est alors imposé en France à un taux global de 36,2 %, une fiscalité potentiellement lourde qu’il est essentiel d’anticiper.

Succession : le testament pour choisir sa loi

La question de la succession est sans doute la plus complexe. En droit français, la loi qui s’applique par défaut au règlement d’une succession est celle du pays où le défunt avait sa dernière résidence habituelle. Un Français décédant à Tokyo verra donc, en principe, sa succession régie par le droit japonais. Cette situation peut engendrer des complications importantes, dues à la difficulté d’appréhender une législation étrangère et à des règles de transmission qui peuvent fragiliser la protection du conjoint survivant ou de certains héritiers.

Pour contourner cet écueil, il est vivement recommandé de rédiger un testament avant le départ. Cet acte permet en effet de choisir explicitement la loi de sa nationalité pour régir l’ensemble de sa succession. Ce simple réflexe garantit que le droit français s’appliquera, sécurisant ainsi la transmission du patrimoine conformément aux volontés du défunt et aux protections prévues par la loi française. « Consulter son notaire avant de partir est un réflexe essentiel », insiste la Chambre des notaires de Paris, dont les experts, comme Me Antoine LE ROUX, sont à la disposition du public pour accompagner ces démarches cruciales.