PARIS : (Étude Ifop) 80 ans après la Seconde Guerre mondial…
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PARIS : (Étude Ifop) 80 ans après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont-ils encore nos alliés ?
À l’occasion des célébrations du 8 mai 1945, une enquête de l’Ifop révèle une perception déclinante des États-Unis comme allié par les Français.
Les États-Unis, toujours des alliés 80 ans après la Seconde Guerre mondiale ?
À l’approche des commémorations du 8 mai 1945, marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, une enquête de l’Ifop, réalisée pour le site d’information NYC.eu, interroge la perception des Français et des Américains sur le lien transatlantique. Alors que Donald Trump a bouleversé l’ordre international en menaçant de ne plus assurer la sécurité de l’Europe, cette étude montre que les États-Unis ne sont plus majoritairement perçus comme un « pays allié » par les Français.
L’enquête, menée auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 Français et 1 225 Américains, révèle des résultats marquants. Seuls 27 % des Français considèrent aujourd’hui les États-Unis comme un « pays allié », contre 34 % qui les voient comme un « pays neutre » et 26 % comme un « pays ennemi ». Ce sentiment est particulièrement fort chez les sympathisants de gauche, notamment ceux de La France Insoumise (LFI), où 34 % des répondants estiment que les États-Unis sont un « pays ennemi ».
En revanche, la perception d’une alliance entre les États-Unis et la France reste plus forte aux États-Unis : 54 % des Américains considèrent la France comme un « pays allié », une opinion particulièrement répandue chez les seniors (70 %) et les personnes les plus diplômées (64 %).
Une défense européenne indépendante plébiscitée par les Français
Dans ce contexte de crise du système de sécurité euro-atlantique, l’idée d’une « défense européenne totalement indépendante de celle des USA » est soutenue par une majorité de Français (58 %). Seulement 34 % d’entre eux souhaitent un « système de défense commun aux États-Unis et à l’Europe », une proportion deux fois plus faible qu’aux États-Unis, où 63 % des Américains y restent attachés.
Un rejet massif des projets impérialistes de Donald Trump
Les menaces de Donald Trump de suspendre l’aide militaire des États-Unis à l’Ukraine ou d’annexer des territoires comme le Canada et le Groenland sont largement rejetées. 66 % des Français et 51 % des Américains s’opposent à la suspension de l’aide à l’Ukraine. De même, 78 % des Français s’opposent à l’annexion du Canada et 77 % à celle du Groenland.
Ces projets expansionnistes révèlent également des clivages générationnels et de genre. Par exemple, 33 % des hommes de moins de 35 ans soutiennent l’annexion du Canada, contre seulement 15 % des femmes du même âge. François Kraus, directeur du Pôle Politique & Actualités de l’Ifop, analyse ce soutien comme une expression de « masculinisme juvénile », particulièrement populaire parmi les jeunes hommes et les « gamers ».
Une opposition française prête à une réaction militaire
L’opposition des Français à l’impérialisme américain est suffisamment forte pour qu’une partie de la population envisage une intervention militaire. 44 % des Français estiment que la France doit empêcher « au besoin par la force » l’annexion du Canada par les États-Unis, et 43 % pensent de même pour le Groenland. Cette position est toutefois moins partagée à l’extrême droite, où seulement 32 % des sympathisants du Rassemblement National (RN) soutiennent une telle intervention.
Une mémoire collective en évolution
L’enquête met également en lumière une évolution de la mémoire collective depuis 1945. À l’époque, 57 % des Français estimaient que l’URSS de Staline avait été l’artisane de la défaite de l’Allemagne nazie, loin devant les États-Unis (20 %) et la Grande-Bretagne (12 %). Aujourd’hui, 60 % des Français reconnaissent le rôle des États-Unis dans cette victoire, contre 25 % pour l’URSS et 15 % pour le Royaume-Uni.
François Kraus souligne que cette inversion de la mémoire collective s’explique par l’influence des productions hollywoodiennes, les commémorations du Débarquement et le reflux des forces politiques anti-atlantistes. Cependant, il note que l’occupation de l’Ukraine par la Russie pourrait nuancer cette perception.
Un cycle de l’alliance occidentale en déclin
Pour François Kraus, l’administration Trump a bouleversé l’ordre international au point de remettre en cause l’image des États-Unis comme allié. Il estime que « les États-Unis ne sont plus nos alliés » est une conclusion de plus en plus partagée. Ce constat pourrait marquer la fin du cycle de l’alliance occidentale ouvert en 1945, bien que la menace russe continue de peser sur les aspirations européennes à une autonomie stratégique.
Pour plus d’informations :
https://nyc.eu/press/etats-unis-encore-nos-allies/
Source : Étude Ifop pour NYC.eu, réalisée par questionnaire auto-administré en ligne auprès d’un échantillon national représentatif de 1 225 Américains et 1 000 Français âgés de 18 ans et plus (avril 2025).


