PARIS : Étude Greenly – Apple, Samsung, Google, Xiaom…
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PARIS : Étude Greenly – Apple, Samsung, Google, Xiaomi, le vrai coût carbone des smartphones dernière génération
Alors que Samsung dévoile sa gamme Galaxy S26, et que tous les autres fabricants s’apprêtent à suivre dans cette course au renouvellement permanent, l’impact écologique des smartphones se retrouve au cœur des questions, à mesure que la conscience climatique progresse.
C’est dans ce contexte que Greenly, expert en comptabilité carbone, a analysé les promesses environnementales des principaux fabricants (d’Apple, Samsung, Xiaomi et Google) pour évaluer l’impact réel de leurs modèles phares.
Chaque année, une nouvelle génération de smartphones promet plus de puissance, d’autonomie et d’innovations. Une course folle qui, outre l’obsolescence programmée, encourage toujours plus d’utilisateurs à renouveler leur équipement régulièrement. Mais à l’heure où le changement climatique est au cœur des préoccupations, l’empreinte écologique de ces objets devenus indispensables pèse dans la balance. Dès lors, derrière les performances annoncées, quelle est réellement l’empreinte carbone de ces smartphones nouvelle génération ?
Pour répondre à cette question, Greenly compare l’impact environnemental de quatre modèles premium : l’iPhone 17 Pro d’Apple, le Galaxy S25 de Samsung, le Pixel 10 de Google et le Xiaomi 14. Un focus spécifique est également consacré à l’iPhone Air, modèle plus fin et plus léger introduit récemment par Apple, dont la conception repose davantage sur l’utilisation de matériaux recyclés. L’étude prend en compte l’ensemble du cycle de vie : fabrication, utilisation quotidienne et fin de vie des appareils.
La fabrication, principal poids carbone des smartphones
Sans surprise, l’essentiel des émissions d’un smartphone se concentre avant même son utilisation. Ainsi, environ 80 à 85 % des émissions sont liées à la phase de fabrication. Ces émissions intègrent celles liées au transport jusqu’à l’utilisateur final, et également celles en fin de vie qui correspondent à l’élimination et au recyclage éventuel des matériaux.
Parmi les modèles étudiés, le Samsung Galaxy S25 affiche les émissions les plus faibles pour cette phase, avec 42,73 kgCO₂e, suivi du Xiaomi 14 (47,22 kgCO₂e). L’iPhone 17 Pro se situe légèrement derrière avec 51,2 kgCO₂e. Le Pixel 10 de Google ferme la marche avec 73,8 kgCO₂e, un écart notable qui illustre les différences entre fabricants dans l’optimisation de leurs chaînes de production.
A noter cependant, qu’Apple est la seule entreprise à publier l’empreinte carbone détaillée selon les capacités de stockage. En effet, une augmentation de mémoire des appareils entraîne systématiquement plusieurs kilogrammes supplémentaires d’émissions. A titre de comparaison, Google ne communique que sur la version 128 Go, Xiaomi pour le modèle 256 Go, tandis que Samsung ne distingue pas les configurations.
Tableau 1 : Émissions totales estimées par fabricant et par smartphone
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Téléphone |
Expéditions estimées |
Émissions estimées sur le cycle de vie (fabrication + phase d’utilisation), kgCO₂e |
Émissions totales estimées |
| Apple iPhone 17 Pro (256 Go) | 231,8 millions | 64 (51,2 + 12,8) | 14,83 millions de tonnes |
| Samsung Galaxy S25 (128 Go) | 223,4 millions | 45,7 (42,73 + 2,97) | 10,21 millions de tonnes |
| Xiaomi 14 (proxy pour 15T) (256 Go) | 169 millions | 53 (47,22 + 5,78) | 8,96 millions de tonnes |
| Google Pixel 10 (128 Go) | 14 millions | 82 (73,8 + 8,2) | 1,15 million de tonnes |
Des écarts d’émissions en fonction du pays
Les émissions restantes concernent la phase d’utilisation et proviennent principalement des émissions liées à l’électricité utilisée pour recharger les téléphones.
Sur une durée de vie estimée à trois ans :
● le Galaxy S25 émet 2,97 kgCO₂e,
● le Xiaomi 14 atteint 5,78 kgCO₂e,
● le Pixel 10 grimpe à 8,2 kgCO₂e.
Chez Apple, la moyenne entre l’iPhone 17 Pro et l’iPhone Air s’établit à 11,1 kg CO₂e.
Ces écarts ne proviennent pas tant des composants que des hypothèses énergétiques utilisées par les fabricants. Google, par exemple, estime une consommation électrique de 21 kWh sur trois ans. Selon Greenly, cela représenterait environ 9 kgCO₂e avec le mix énergétique américain, encore fortement dépendant des énergies fossiles, contre seulement 1,7 kgCO₂e avec le mix français, beaucoup plus décarboné.
Tableau 2 : Impact estimé des émissions moyennes liées à la phase d’utilisation (reproduit de la page 11 du rapport)
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Marque |
Expéditions estimées en 2024 |
Émissions moyennes par téléphone en phase d’utilisation (kgCO₂e, sur 3 ans) |
Émissions annuelles approximatives liées à l’usage |
Équivalent voitures en circulation (sur 1 an) |
| Apple | 231,8 millions | 11,1 (moyenne iPhone Pro et iPhone Air) | 2,57 millions tCO₂e | 559 000 voitures (env.) |
| Samsung | 223,4 millions | 2,97 (Galaxy S25) | 0,66 million tCO₂e | 144 000 voitures (env.) |
| Xiaomi | 169 millions | 5,78 (Xiaomi 14, proxy) | 0,98 million tCO₂e | 213 000 voitures (env.) |
| 14 millions | 8,2 (Pixel 10) | 0,11 million tCO₂e | 24 000 voitures (env.) |
Le poids décisif des volumes de ventes
Au-delà de l’impact individuel, le véritable enjeu réside dans les volumes écoulés.
En 2024 :
● Apple a expédié 231,8 millions d’unités,
● Samsung 223,4 millions,
● Xiaomi 169 millions,
● Google environ 14 millions seulement.
Même avec des émissions unitaires relativement maîtrisées, l’empreinte globale d’Apple pendant la phase d’utilisation serait ainsi plus de 23 fois supérieure à celle de Google en raison de ses volumes de vente. Samsung et Xiaomi affichent également des totaux plus faibles. En creux, l’impact lié à l’usage des smartphones Google équivaudrait néanmoins aux émissions annuelles d’environ 24 000 voitures, rappelant que même des volumes plus modestes restent significatifs.
L’iPhone Air : un changement de direction ?
Présenté en 2025, l’iPhone Air marque une tentative d’Apple de repenser la conception de ses appareils. Plus fin et plus léger, il intègre davantage de matériaux recyclés, dont un cadre en aluminium 100 % recyclé, et serait fabriqué avec 45 % d’électricité issue d’énergies renouvelables, contre 20 % pour l’iPhone 15 en 2023. Résultat : l’iPhone Air (256 Go) afficherait 55 kg CO₂e sur l’ensemble de son cycle de vie, soit environ 15 % de moins que l’iPhone 17 Pro.
Selon Greenly, l’usage accru de matériaux recyclés ne réduit que modestement l’empreinte individuelle (environ 3,3 kgCO₂e par appareil, soit près de 5 % des émissions totales) mais l’impact devient significatif à grande échelle, avec jusqu’à 764 940 tonnes de CO₂e évitées sur les volumes d’expédition d’Apple, l’équivalent des émissions annuelles de près de 166 000 voitures. L’iPhone Air réduit également les émissions liées à l’usage, avec 9,35 kgCO₂e sur trois ans contre 12,8 kgCO₂e pour l’iPhone 17 Pro.
Au-delà des marques, responsabiliser le consommateur
Apple, Samsung et Xiaomi montrent des progrès réels dans la réduction progressive de l’empreinte carbone de leurs appareils, grâce à l’intégration de matériaux recyclés, à l’amélioration des procédés industriels et aux économies d’échelle. Google, en revanche, conserve une empreinte unitaire plus élevée, malgré un impact global limité par des volumes de vente inférieurs. Mais au-delà des stratégies industrielles, les utilisateurs restent un levier essentiel. Prolonger la durée de vie d’un smartphone, via les mises à jour logicielles, la réparation ou une utilisation plus longue, demeure l’action la plus efficace pour réduire son impact environnemental.
Comme le souligne Alexis Normand, CEO et cofondateur de Greenly : « Les gains réalisés par l’iPhone Air sont modestes à l’échelle d’un appareil, mais deviennent majeurs lorsqu’ils sont multipliés par des centaines de millions d’unités. La vraie question est peut-être ailleurs : peut-on réduire l’impact environnemental sans produire et remplacer des millions de smartphones chaque année ? Entretenir son téléphone ou ralentir le rythme des renouvellements permettrait déjà de concilier innovation technologique et responsabilité environnementale ».
Pour accéder à l’étude complète (en anglais), veuillez cliquer ici.
Méthodologie
L’analyse de Greenly s’appuie sur les rapports environnementaux publics des produits Apple, Samsung, Xiaomi et Google, ainsi que sur les facteurs d’émission reconnus pour les réseaux électriques et les matériaux, fournis par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et des organismes similaires dans d’autres pays. En outre, une série d’hypothèses ont été formulées concernant la durée de vie moyenne des appareils (3 ans), le poids estimé des matériaux, ainsi que la composition mixte des réseaux régionaux publiée dans les rapports des entreprises. Afin d’évaluer les émissions à grande échelle, Greenly a utilisé les volumes d’expédition comme indicateur des ventes. Pour les émissions de Xiaomi, le modèle phare de 2024 (Xiaomi 14) a été utilisé comme indicateur pour la gamme Xiaomi 15T.
À propos de Greenly
Greenly s’impose aujourd’hui comme la suite climatique la plus déployée au monde. Plateforme technologique de référence, elle offre une capacité unique pour accompagner toutes les gammes d’entreprises, des grands groupes internationaux aux PME. Greenly permet à chaque organisation de piloter sa décarbonation avec une précision inégalée sur le Scope 3, descendant jusqu’à la maille produit, tout en automatisant la conformité aux exigences réglementaires les plus strictes (CSRD, CBAM, EUDR…).
S’appuyant sur une présence stratégique mondiale avec des hubs à Paris, New York et Londres, Greenly fusionne une expertise réglementaire locale et une infrastructure technologique capable de s’adapter aux spécificités de chaque marché. Cette force de frappe opérationnelle permet aujourd’hui d’accompagner plus de 3 500 structures. Le groupe compte parmi ses clients des leaders mondiaux tels que Axa, Veolia, Fnac Darty, Forvia, Nexans, Stellantis, HSBC, Sony, Shimano, Pentax, Fruit of the Loom, Ubisoft, Bureau Veritas et Villeroy & Boch. La solidité du modèle de Greenly est portée par un investissement cumulé de 75 M€, levés auprès d’investisseurs de premier plan comme Fidelity International Strategic Ventures. Ce soutien financier massif garantit une innovation continue et une robustesse méthodologique (validée par AFNOR Certification), positionnant Greenly comme le partenaire de confiance pour transformer les impératifs climatiques en véritables leviers de performance économique.
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