PARIS : Essai – Un livre explore les origines du patr…
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PARIS : Essai – Un livre explore les origines du patriarcat par la modélisation scientifique
Les éditions Fayard s’apprêtent à publier un essai qui réinterroge les origines du patriarcat via une approche scientifique et déterministe.
Les éditions Fayard publieront le 22 avril 2026 un essai intitulé « Pourquoi les Amazones n’existent pas ? », qui promet de susciter de vifs débats. Rédigé par Véra Nikolski, docteure en science politique, et Nicolas Pichoff, docteur en physique, cet ouvrage propose une relecture controversée des fondements de la domination masculine, à contre-courant de l’idée largement répandue qu’elle ne serait qu’une construction sociale récente.
Les auteurs ambitionnent de rouvrir la discussion sur les racines du patriarcat en s’appuyant non pas sur l’idéologie, mais sur des modèles scientifiques. Selon eux, la compréhension des déterminismes profonds qui ont façonné les sociétés humaines est une étape indispensable pour aborder efficacement les problématiques contemporaines liées aux inégalités entre les sexes.
La survie de l’espèce comme clé d’analyse
La thèse centrale de l’ouvrage repose sur une démonstration par l’absurde, utilisant des outils issus des sciences dures. Nicolas Pichoff, ingénieur au Centre d’énergie atomique, a développé des algorithmes pour modéliser le taux de reproduction de groupes humains primitifs sur plusieurs générations. Le modèle analyse l’impact de la mortalité de chaque sexe en fonction de la division du travail.
Les résultats de cette simulation indiquent qu’une organisation sociale où les activités les plus risquées (chasse, guerre), et donc les plus mortifères, sont majoritairement confiées aux hommes, est la seule qui garantisse un taux de reproduction suffisant pour la survie de l’espèce. À l’inverse, une société où les femmes — biologiquement essentielles à la procréation — subiraient une mortalité accrue due à ces mêmes activités, verrait sa démographie s’effondrer. Cette répartition des rôles ne relèverait donc pas d’un choix idéologique mais d’une contrainte de survie.
Déconstruire la déconstruction
Loin de prôner un retour à des normes traditionnelles, Véra Nikolski et Nicolas Pichoff affirment leur conviction qu’il est nécessaire d’identifier et de comprendre nos déterminismes pour pouvoir, justement, les combattre et s’en affranchir. Leur démarche s’inscrit dans la lignée de sociologues comme Bernard Lahire, qui cherchent à dégager des « lois fondamentales des sociétés humaines ». L’essai se positionne ainsi comme une tentative de « déconstruire la déconstruction » en réintroduisant des facteurs biologiques et évolutionnistes dans une analyse souvent cantonnée au champ social et culturel.
Deux auteurs aux parcours scientifiques
La force de l’ouvrage réside dans la complémentarité de ses auteurs. Véra Nikolski est normalienne, titulaire d’un doctorat en science politique (Paris 1) et a enseigné à l’université avant de devenir rédactrice des débats à l’Assemblée nationale. Elle a déjà publié chez Fayard « Féminicène », un précédent essai salué par la critique et dont « Pourquoi les Amazones n’existent pas ? » constitue un approfondissement. Nicolas Pichoff apporte quant à lui la rigueur de sa formation de physicien et son expertise en modélisation.
L’essai, sous-titré « Aux origines du patriarcat », comptera 400 pages et sera proposé au prix de 23 euros. Il se présente comme une contribution scientifique audacieuse à un débat de société majeur, invitant à dépasser les clivages pour interroger les fondements de notre organisation sociale.


