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PARIS : Essai – « L’art de la guerre culturelle » décrypte trente ans de stratégies réactionnaires
Francis Dupuis-Déri publie un essai qui analyse les stratégies des forces réactionnaires pour discréditer les luttes progressistes.
Présenté comme un « manuel de résistance intellectuelle », l’essai *L’art de la guerre culturelle* de Francis Dupuis-Déri, paru le 8 avril 2026 aux éditions Textuel, propose une traversée critique de trente années de conflits idéologiques. L’auteur, politologue et spécialiste des études féministes, y dissèque avec rigueur les mécanismes rhétoriques employés par les mouvances conservatrices pour imposer leur vision du monde.
Une analyse des tactiques réactionnaires
Au cœur de l’ouvrage, Francis Dupuis-Déri livre une analyse détaillée des stratégies mises en œuvre par ce qu’il nomme les « idéologues de la réaction ». Celles-ci reposent, selon lui, sur une série de procédés récurrents : le déni de la réalité, une posture de victimisation systématique, le dénigrement des groupes dominés, la distorsion sémantique du langage et le recours à de purs mensonges.
Avec une approche mêlant ironie et rigueur analytique, l’auteur s’appuie sur des faits documentés pour démonter ces argumentaires. Il cherche à montrer comment ces tactiques sont mobilisées pour discréditer les combats jugés progressistes, tels que les luttes féministes, antiracistes ou écologistes, allant jusqu’à légitimer des conflits comme celui à Gaza, d’après le texte de présentation de l’éditeur.
Du « politiquement correct » aux paniques « antiwokes »
L’essai met en lumière la permanence de ces offensives culturelles, qui rejouent, selon l’auteur, une partition similaire au fil des décennies. Du mythe du « politiquement correct » des années 1990 aux paniques morales actuelles autour du « wokisme », les mêmes forces viseraient à installer un climat de peur face aux avancées sociales.
Dans son ouvrage, Francis Dupuis-Déri s’attache à déconstruire les épouvantails agités dans le débat public, comme la « cancel culture » ou la « crise de la masculinité ». Il oppose à ces discours alarmistes des faits empiriques, soulignant par exemple que les classiques de la littérature, souvent rédigés par des hommes blancs, demeurent solidement ancrés dans les programmes scolaires et les festivals littéraires. L’auteur y décrit un camp progressiste parfois démoralisé face à un adversaire puissant.
« Admettons-le humblement, le moral de nos troupes est à plat. L’ennemi est si puissant, si arrogant. Cet ennemi, en nette montée en puissance – voire déjà victorieux – n’hésite pourtant pas à se présenter comme une victime : des féministes, de l’écriture épicène, des programmes d’Equité, diversité et inclusion, de l’Islam », confesse l’auteur dans des propos repris par la presse.
Un appel à reprendre l’offensive progressiste
Loin de se limiter à un constat pessimiste, *L’art de la guerre culturelle* se veut également un appel à l’action. L’ouvrage est présenté comme celui d’un « penseur qui refuse de capituler » et entend démontrer que les forces progressistes disposent des outils intellectuels pour reprendre l’initiative.
Cette guerre culturelle est décrite comme étant à la fois sémantique, dans la bataille pour le sens des mots, et économique, soutenue par des intérêts financiers et médiatiques importants. Face à des adversaires tenaces, l’essai se positionne comme une ressource pour armer intellectuellement les combattants de la pensée progressiste.
À propos de l’auteur
Francis Dupuis-Déri enseigne la science politique et les études féministes à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il vit au Canada mais reste un observateur attentif des débats qui animent l’espace francophone.
Engagé depuis les années 1990 dans des mobilisations de sensibilité féministe en France et en Amérique du Nord, il a consacré une large partie de ses recherches aux questions de genre et aux mouvements sociaux.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués, dont *La crise de la masculinité. Autopsie d’un mythe tenace* (Points, 2022). Chez l’éditeur Textuel, il a également publié *Les hommes et le féminisme. Faux amis, poseurs ou alliés* (2024) et *Les nouveaux anarchistes. De l’altermondialisme au zadisme* (2019).
L’auteur se tient disponible pour des entretiens par téléphone, courriel ou visioconférence.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).


