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PARIS : Eric Zemmour : « Retrouvez mon entretien pour le …

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PARIS : Eric Zemmour : « Retrouvez mon entretien pour le grand quotidien italien La Stampa » !

Retrouvez l’entretien d’Eric Zemmour dans le grand quotidien italien La Stampa en italien en cliquant ici et en français ci-dessous.

« Les luttes nationales contre l’immigration se renforcent mutuellement, alors que la logique de répartition des migrants nuit à tout le monde. Je défends donc, comme Giorgia Meloni, la mise en place d’un blocus naval : les Européens doivent s’entraider ». Éric Zemmour.

Eric Zemmour souligne l’occasion d’envoyer pour la première fois de la jeune histoire de son parti des eurodéputés à Bruxelles.

« Après seulement 2 ans d’existence, ce serait un très bon début », explique le journaliste et essayiste conservateur entré en politique.

Pour autant, Marion Maréchal, la tête de liste de son parti, qui est aussi la nièce de Marine Le Pen, qui a abandonné le RN, parti de sa tante en 2017 pour s’unir 5 ans plus tard à Zemmour, est donnée entre 6 et 8%, loin derrière la Macronie, à environ 16% et Jordan Bardella, dauphin de la leader du RN à plus de 30% des sondages.  

« G. Meloni a longtemps stagné autour des 4%. Pourtant, elle a continué de défendre ses convictions sans changer de trajectoire. Et cela lui a réussi ! » rappelle Zemmour, en faisant un parallèle avec la leader de Fd’I, son alliée dans le groupe européen des conservateurs (ECR) 

 Pourtant, Meloni a beaucoup changé, surtout vis-à-vis de Bruxelles.

Je pense qu’elle a surtout réussi à établir un rapport de force avec Bruxelles pour obtenir des fonds et un appui dans sa lutte contre l’immigration clandestine. Pour une fois que l’argent des Européens est utilisé à bon escient ! Je constate aussi que sa vision de la société, de la nation et de la civilisation n’a pas changé. Quand je l’entends, j’entends une femme attachée au conservatisme, à la défense de la famille, qui s’oppose au socialisme, au wokisme et à l’islamisation de l’Europe. Exactement ce que veut Reconquête en France.

Si vous étiez actuellement au pouvoir, vous pourriez vous affronter avec Meloni sur le thème des migrants en refusant les flux provenant d’Italie ?

Je protègerais les frontières françaises avant tout. Mais je crois que le problème est commun à nos deux pays. Les luttes nationales contre l’immigration se renforcent mutuellement, alors que la logique de répartition des migrants nuit à tout le monde. Donc je défends, comme l’Italie, la mise en place d’un blocus naval : les Européens doivent s’entraider. Je regrette qu’Emmanuel Macron ait refusé la main tendue de Giorgia Meloni.

Pour avoir bloqué des bateaux, Salvini a été jugé en Italie.

Et c’est un scandale. Nous avons les mêmes juges politiques chez nous et dans toutes les cours européennes. La CEDH, par exemple, ne peut plus décider à notre place si l’on a le droit de protéger nos frontières ou d’expulser un djihadiste !

Ces derniers jours, la presse française parle de frictions entre vous et Maréchal, qui serait même prête à rentrer au RN de Marine le Pen.

J’ai choisi Marion comme tête de liste de mon parti, car j’ai confiance en elle, en la force de ses convictions et en son talent. Si elle a quitté le RN et m’a rejoint, c’est justement parce que je défends ses convictions contrairement à sa tante, Marine Le Pen. Maintenant, Marion m’avoue que c’est difficile pour elle de se distinguer du clan familial : cela conduit à une différence de ton vis-à-vis du RN. Je crois que la démocratie a justement besoin de partis qui se distinguent les uns des autres, pour laisser le choix aux électeurs.

Les Français se sont habitués depuis 1972 à avoir un seul parti qui combattait l’immigration : le Front national. Donc ils votaient pour lui malgré ses défauts : une ligne économique très à gauche, très démagogique, une ligne sociétale très progressiste, qui conduit Marine Le Pen à voter les textes de l’extrême-gauche, comme encore cet hiver avec l’inclusion de l’IVG dans la Constitution. Avant, personne ne contestait leurs choix. Aujourd’hui, Reconquête casse ce monopole et propose un autre modèle : lutte contre l’immigration et l’islamisation, défense des libertés économiques, combat contre le wokisme. Reconquête est beaucoup plus proche de l’alliance du centre droit italien que le RN, qui se rapproche du mouvement cinq étoiles. Il faut que les Français apprennent à nous connaître et je suis sûr qu’ils nous choisiront. Deux ans d’existence, c’est encore très jeune !

Donc vous n’avez pas peur d’être abandonné par Marion ?

Mon naturel est de faire confiance aux gens. Marion n’est pas une femme qui trahirait ses convictions et abandonnerait Reconquête.

Comment jugez-vous le récent changement de Marine Le Pen, qui maintenant tend la main à Meloni après l’avoir attaquée fin mars sur son prétendu appui à Ursula Von Der Leyen ?

Marine Le Pen a répondu clairement sur son credo politique : elle refuse de se dire de droite, rejette l’union des droites, méprise le conservatisme et reste coincée dans un schéma de lutte des classes. Je ne vois pas comment elle pourrait s’entendre sur le long terme avec Giorgia Meloni qui incarne la droite européenne avec Viktor Orban.

Vous seriez disposés à la laisser rentrer dans l’ECR ? 

Je ne pense pas qu’elle en fera partie. Elle n’a ni la vision de la famille et des mœurs, ni l’amour des libertés économiques qui fondent l’identité ECR.

Quel rôle auront à Bruxelles les conservateurs après ces élections ? 

Ils auront dans les mains l’urgence de la situation européenne. Il faudra libérer les Européens : de la tyrannie règlementaire bruxelloise, de la propagande woke soutenue et financée par la Commission, de l’immigration qui change l’identité de notre vieux continent… Pour cela, nous avons toutes les cartes en main pour imposer une majorité de droite au Parlement, avec Reconquête au sein d’ECR.

En attendant, les négociations se poursuivent pour l’adhésion de l’Ukraine à l’UE. 

Cela ressemble à une fausse promesse de campagne qui ne sera tenue par personne. Tout le monde sait que l’adhésion de l’Ukraine représenterait la ruine de nos agriculteurs français comme italiens, avec une déstabilisation de tous les mécanismes financiers et institutionnels.

Votre réaction à la condamnation de Donald Trump ?

Quand je l’ai eu au téléphone pendant ma campagne présidentielle, Trump m’a dit : « Ils essaieront tout contre vous. Ne reculez jamais, parce que le peuple va être avec vous. ». Je lui dis la même chose aujourd’hui.