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PARIS : Environnement – Les infrastructures de transport, un gisement inattendu de renaturation

L’Institut de la Transition foncière révèle que renaturer 1 % des infrastructures de transport par an libérerait 140 000 hectares en dix ans.

Alors que la France s’est engagée dans une course contre la montre pour atteindre le Zéro Artificialisation Nette (ZAN) d’ici 2050, une solution majeure pourrait se trouver sous nos roues. Dans sa dernière note d’analyse publiée ce mercredi 4 mars 2026, l’Institut de la Transition foncière (ITF) met en lumière un « impensé » des politiques d’aménagement : l’emprise colossale des infrastructures de transport et leur potentiel de reversibilité.

Le poids écrasant du bitume sur les sols français

Le constat dressé par l’Institut est sans appel. Les infrastructures de transport constituent un facteur prédominant de l’artificialisation des sols dans l’Hexagone. Elles recouvrent à elles seules 3 % de la totalité du territoire national. Plus marquant encore : les routes, parkings et places de stationnement représentent 26 % de l’ensemble des sols artificialisés du pays.

Cette emprise du bitume pèse lourdement sur la biodiversité et le cycle de l’eau. Pourtant, ce foncier dédié à la mobilité est souvent considéré comme immuable. L’Institut de la Transition foncière invite au contraire à le considérer comme un stock de terres mobilisables pour la restauration écologique. Pour l’organisation, repenser le système de mobilités en réduisant la place de la voiture individuelle offre une possibilité réelle de préservation et de restauration des sols vivants.

Un gisement foncier supérieur à l’enveloppe nationale du ZAN

Les projections réalisées par l’ITF sont spectaculaires. Selon leur analyse, il suffirait de renaturer seulement 1 % par an des surfaces actuellement revêtues par les infrastructures de transport pour libérer 140 000 hectares en l’espace de dix ans.

Ce chiffre est à mettre en perspective avec les objectifs fixés par la loi Climat et résilience. L’enveloppe nationale d’artificialisation autorisée jusqu’à 2031 est en effet fixée à 120 000 hectares. Ainsi, la récupération progressive d’une infime fraction des routes et parkings permettrait non seulement de compenser les besoins en développement, mais de dépasser les objectifs de sobriété foncière fixés par l’État.

L’étude pointe des exemples concrets d’infrastructures surdimensionnées ou sous-utilisées. Le cas des aérodromes est emblématique : l’ensemble des 300 aérodromes civils et privés de France recouvre 14 300 hectares. Une rationalisation de ces espaces, souvent hérités d’une autre époque de l’aménagement du territoire, constituerait un levier d’action immédiat.

Des territoires qui montrent la voie

Si ces chiffres dessinent une perspective nationale, la bataille de la sobriété foncière se joue d’abord à l’échelle locale. Plusieurs collectivités ont déjà engagé des démarches innovantes pour concilier développement et préservation des sols, préfigurant ce changement de paradigme.

À Nantes Métropole, les choix d’aménagement s’appuient désormais sur un pré-diagnostic de la qualité des sols, inversant la logique traditionnelle qui ignorait la valeur agronomique ou écologique des terrains à bâtir. De même, la commune de Ris-Orangis, en région parisienne, a lancé une étude pédologique poussée qui a conduit à préserver certains espaces végétalisés et à revoir entièrement un projet de Zone d’Aménagement Concerté (ZAC).

D’autres territoires, comme Pornic ou Dreux, ont fait le choix politique de recentrer leur développement sur le renouvellement urbain et la revalorisation du bâti existant, renonçant à l’étalement sur des terres agricoles ou forestières. À Besançon, la stratégie a reposé sur une concertation approfondie avec les habitants pour proposer des logements collectifs offrant une qualité de vie comparable à celle de la maison individuelle, freinant ainsi la consommation d’espace périphérique.

Vers une nouvelle culture de l’aménagement

Pour l’Institut de la Transition foncière (https://9pjgx.r.sp1-brevo.net/mk/cl/f/sh/SMK1E8tHeG7ugHaausT01yZf61NV/o_gICGsTQq1p), la réussite de la stratégie ZAN passe par une connaissance accrue des sols, souvent négligée dans la décision publique. La note souligne que la libération des infrastructures de transport demandera une transition forte vers des modes de mobilités actives et des transports en commun performants.

L’Institut rappelle que le ZAN ne doit pas être réduit à un objectif comptable, mais doit être l’occasion de réinterroger les modèles d’aménagement. Cela suppose de reconnaître enfin la contribution des espaces non bâtis au bien-être collectif et à la résilience des territoires face au changement climatique.

L’étude complète et ses annexes sont disponibles sur le site internet de l’Institut (https://9pjgx.r.sp1-brevo.net/mk/cl/f/sh/SMK1E8tHeFuBlzwgYYA1qJyB9QCz/eYANZVjLrnS1).