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PARIS : Enchères – Artcurial dévoile un dessin inédit de Bonaparte au pont d’Arcole
La maison de ventes Artcurial proposera aux enchères, le 25 mars prochain, une redécouverte majeure pour l’histoire de l’art : un dessin préparatoire inédit d’Antoine-Jean Gros représentant le général Bonaparte lors de la bataille du pont d’Arcole.
C’est un événement que le marché de l’art attendait avec impatience. Mercredi 25 mars 2026, à l’occasion de sa vente dédiée aux « Dessins anciens et du 19ème siècle », Artcurial présentera une œuvre historique restée dans l’ombre pendant plus de deux siècles. Il s’agit d’une esquisse réalisée sur le vif par le baron Antoine-Jean Gros, capturant les traits d’un jeune général Bonaparte, âgé alors de 27 ans, quelques semaines après l’épisode héroïque du pont d’Arcole.
Estimée entre 200 000 et 300 000 euros, cette feuille au crayon noir et à l’estompe est une étude préparatoire directe pour le célèbre tableau *Bonaparte au pont d’Arcole*, aujourd’hui conservé au château de Versailles.
Une séance de pose improvisée à Milan.
L’histoire de ce dessin nous ramène au 7 décembre 1796. Bonaparte vient de remporter une victoire tactique décisive contre les Autrichiens en Italie. Antoine-Jean Gros, jeune peintre de 25 ans avide de gloire, parvient à obtenir une audience grâce à l’intervention de Joséphine de Beauharnais, qu’il a rencontrée à Gênes.
La séance de pose, qui se déroule au palais Serbelloni à Milan, est d’une brièveté légendaire. Le futur Empereur, impatient et hyperactif, n’accorde que quelques minutes à l’artiste. Dans une lettre adressée à sa mère à l’époque, Gros racontait cette expérience intense : « Je ne puis avoir le temps de choisir mes couleurs ; il faut que je me résigne à ne peindre que le caractère de sa physionomie […] Mais on me fait avoir courage, étant déjà satisfait du petit peu qu’il y a sur la toile ».
C’est dans cette urgence que le dessin proposé par Artcurial (https://www.artcurial.com) a été réalisé. Le trait est vif, nerveux, capturant l’énergie brute et la détermination farouche du vainqueur d’Arcole.
La genèse du mythe romantique.
Cette œuvre est bien plus qu’un simple portrait : elle marque la naissance du mythe napoléonien et, par extension, du romantisme français. Gros y figure un Bonaparte « cheveux au vent », le regard foudroyant, tourné vers ses troupes pour les galvaniser.
L’épisode du pont d’Arcole, survenu le 15 novembre 1796, avait vu Bonaparte s’élancer drapeau en main sous la mitraille autrichienne. Si l’assaut avait échoué militairement sur l’instant, l’image du général bravant la mort était devenue un outil de propagande redoutable. Le dessin de Gros traduit cette fougue avec une « justesse saisissante », confirmant sa place de précurseur bien avant Eugène Delacroix. Satisfait du résultat, Bonaparte fera d’ailleurs graver l’œuvre finale pour la diffuser massivement auprès de ses troupes et du peuple français.
Une provenance historique
Ce qui rend cette vente exceptionnelle, c’est la traçabilité parfaite de l’objet. Le dessin n’a jamais circulé sur le marché. Il fut offert directement par le baron Gros à son ami, le peintre néoclassique italien Vincenzo Camuccini (1771-1844). Depuis ce don, l’œuvre est restée précieusement conservée par les descendants de la famille Camuccini jusqu’à sa redécouverte récente.
Le public pourra admirer ce témoignage unique de l’Histoire de France lors des expositions publiques organisées du 20 au 24 mars dans les locaux parisiens d’Artcurial, avant la vente du 25 mars.