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PARIS : En agriculture biologique, amplifier les travaux …

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Floriane Dumont
4 Mar 2024

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PARIS : En agriculture biologique, amplifier les travaux d’adaptation au changement climatique

L’agriculture biologique repose sur des pratiques privilégiant la préservation de la biodiversité, des ressources naturelles, et le bien-être animal.

Elle favorise l’utilisation de substances et de produits naturels ainsi que des procédés agricoles et agroalimentaires non polluants, respectueux des éco[1]systèmes et des animaux.L’agriculture biologique est intégrée aux signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine. Depuis 1991, l’encadrement de ce signe par une réglementation européenne réserve l’utilisation du logo bio européen et de la marque AB aux seuls produits issus de ce mode de production. En 2022, une version révisée du règlement européen est entrée en vigueur, encadrant les règles relatives aux productions végétale et animale, à la transformation agroalimentaire et à l’étiquetage des produits biologiques. Des contrôles annuels réalisés par les organismes de contrôle indépendants garantissent le respect de la réglementation.

En France, changement d’échelle de l’agriculture biologique

Depuis 2015, l’agriculture biologique a connu une accélération marquée, avec une croissance annuelle à deux chiffres de la surface agricole biologique jusqu’en 2021. Il est rappelé que l’objectif inscrit dans le plan stratégique national de la politique agricole commune est de 18 % de surface agricole utile (SAU) conduite en agriculture biologique à horizon 2027.En 2022 la surface agricole biologique atteint près de 2,9 millions d’hectares, représentant 10,7 % de la SAU française. La France s’est à nouveau placée à la 1ère place européenne en matière de surface agricole biologique.

Le marché des produits biologiques a connu une croissance significative, passant de moins de 4 milliards d’euros en 2010 à plus de 13 milliards en 2020, pour atteindre 12 milliards d’euros en 2022. Déséquilibres et difficultés conjoncturelles des filières biologiques (2021-2023). Si les surfaces biologiques progressent, les filières biologiques rencontrent depuis 2021 des difficultés économiques. En 2022, le marché alimentaire biologique à domicile a subi une baisse de 4,6 % par rapport à 2021, et s’établit à 12,1 milliards d’euros, soit 6 % du marché alimentaire total. Certains facteurs structurels et conjoncturels ont exacerbé ces déséquilibres : augmentation des coûts de production due à la crise du COVID-19 et à la guerre en Ukraine, inflation, baisse de confiance des consommateurs, changement de comportement alimentaire des ménages français, surproduction.

Accompagner les opérateurs de l’agriculture biologique face aux enjeux sociétaux et environnementaux d’aujourd’hui et demain

Action 4 // Amplifier les travaux de recherche et particulièrement la mise à disposition d’outils adaptés à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique

Dans le cadre du règlement relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologique, l’agriculture biologique s’engage à contribuer à la protection de l’environnement et du climat (article 4). L’agriculture biologique est l’une des solutions pour lutter et s’adapter au changement climatique. À l’horizon 2027, il est nécessaire de renforcer le soutien à la recherche pour répondre aux enjeux climatiques spécifiques à l’agriculture biologique. Cela inclut le soutien à la recherche sur l’adaptation des variétés de semences aux contextes pédoclimatiques évolutifs de même que pour la sélection animale, en accordant une attention particulière aux spécificités de l’outre-mer. Prioriser également la gestion durable de l’eau, avec un accent sur la rétention d’eau dans les sols biologiques, et évaluer la résilience climatique des exploitations biologiques en fonction de leurs besoins en eau. Les objectifs de cette action, en s’appuyant sur les guichets et financements existants, sont notamment :

– de fournir aux opérateurs bio des outils de diagnostic climat adaptés pour les accompagner à évaluer leurs impacts sur le climat et identifier les leviers d’atténuation des exploitations changement climatique ;

– d’amplifier les travaux sur la recherche sélection variétale et animale, adaptés au changement climatique et aux enjeux de l’outre-mer ;

– de développer les travaux de recherche sur la rétention en eau des sols biologiques, la résilience climatique et la performance d’atténuation des exploitations biologiques.