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PARIS : En 2025, 2,5 millions de personnes touchées par la…

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PARIS : En 2025, 2,5 millions de personnes touchées par la maladie d’Alzheimer en France3

La Fondation Vaincre Alzheimer a récemment publié des informations concernant la maladie d’Alzheimer en France.

En 2025, on estime que 2,5 millions de personnes sont touchées par cette maladie. Cependant, jusqu’à 45% des cas pourraient être évités ou retardés en agissant sur des facteurs de risque modifiables, dont l’alimentation.

Le vrai/faux des nutriments bénéfiques

La vitamine D est bénéfique pour les personnes âgées.

VRAI

La vitamine D est indispensable à l’absorption du calcium et du phosphore, elle est bénéfique pour la minéralisation des os, et notamment lorsqu’on vieillit. Le fait de maintenir un taux de vitamine D élevé est donc fondamental pour les personnes âgées. Alors que plusieurs études montrent qu’une carence en vitamine D est associée à un risque plus élevé de développer des troubles cognitifs, les bénéfices d’une supplémentation restent controversés. Certaines recherches suggèrent un effet protecteur aux stades précoces de la maladie, tandis que d’autres mettent en garde contre une utilisation prolongée, notamment en cas de troubles cognitifs déjà installés.

L’huile de coco permet de traiter la maladie d’Alzheimer.

FAUX

À ce jour, peu d’études ont évalué les effets de l’huile de coco sur le déclin cognitif, et leurs résultats restent hétérogènes quant à l’existence d’un bénéfice lié à une supplémentation. Elle présente un intérêt aux yeux des scientifiques car elle pourrait avoir un effet sur l’inflammation et sur l’accumulation des lésions cérébrales de la maladie d’Alzheimer. Néanmoins, d’autres essais cliniques sont nécessaires pour évaluer les effets scientifiques de l’huile de coco.

Le Ginkgo biloba permet de prévenir la maladie d’Alzheimer.

FAUX

Un essai clinique français a analysé l’effet de l’extrait de l’arbre Ginkgo biloba sur la prévention de la maladie d’Alzheimer. Les résultats obtenus ont malheureusement été négatifs. Cette preuve scientifique montre que la prise de Ginkgo Biloba ne protège pas contre la maladie d’Alzheimer.

Une consommation modérée de vin rouge diminue le risque de maladie d’Alzheimer.

FAUX

La plupart des études portant sur l’impact de l’alcool ou de polyphénols sur le risque de maladie d’Alzheimer sont contradictoires et ne sont pas concluantes. L’alcool étant un facteur de risque de cancers, il n’est pas recommandé de consommer de l’alcool pour prévenir la maladie d’Alzheimer et les maladies neurocognitives. Par ailleurs, une consommation régulière d’alcool peut engendrer une perte des connexions entre les neurones.

Les oméga-3 ont un effet bénéfique sur le cerveau.

VRAI MAIS…

Les acides gras polyinsaturés à longue chaîne n-3 (ou oméga-3) jouent un rôle important dans les connexions entre les neurones, la réduction de l’inflammation et la stabilité des membranes cellulaires. Les résultats d’essais cliniques portant sur l’effet de la supplémentation en oméga-3 sur le fonctionnement cognitif ne sont pas concluants. L’étude française de prévention MAPT a montré qu’une supplémentation journalière en oméga-3 chez des personnes âgées de plus de 70 ans n’avait pas d’effet protecteur sur le déclin cognitif. En revanche, des études épidémiologiques montrent que les grands consommateurs d’oméga 3 voient leur risque de maladie d’Alzheimer diminuer de 33 % lorsque ces apports sont effectués par l’alimentation elle-même. Il est donc recommandé de consommer des aliments riches en oméga-3 plutôt que d’opter pour une supplémentation en ce nutriment.

Trop de sel, un danger silencieux pour le cerveau

VRAI

L’excès de sel est bien connu pour ses effets sur le cœur, mais son impact sur le cerveau est trop souvent négligé. En favorisant l’hypertension, il augmente le risque de troubles cognitifs et de déclin de la mémoire. Une étude préclinique a notamment montré qu’une alimentation riche en sel pourrait favoriser l’apparition de formes anormales et toxiques de la protéine tau, impliquée dans maladie d’Alzheimer.

Est-ce qu’il existe des régimes à adopter pour diminuer le risque de déclin cognitif et de maladies d’Alzheimer ?

On connaît bien le régime méditerranéen, réputé pour protéger de maladies cardiovasculaires, mais aussi le cerveau. Mais il existe un autre régime, moins connu, conçu spécialement pour la santé cérébrale : le régime MIND.


Le régime méditerranéen

De nombreuses études épidémiologiques ont montré un lien entre le fait de suivre un régime méditerranéen et la réduction du risque de maladies neurocognitives. Le régime méditerranéen est caractérisé par une large part accordée aux fruits et légumes de saison, légumineuses, céréales complètes et à l’eau comme boisson, par une quantité modérée de produits laitiers, de volailles et de poisson, et par un apport réduit de viande rouge et sucreries. Par ailleurs, les matières grasses animales sont largement délaissées au profit de l’huile d’olive. Ce régime correspond globalement aux recommandations nutritionnelles générales de santé publique.

Une étude clinique a, par exemple, montré que des personnes sans troubles cognitifs qui adoptaient rigoureusement un régime de type méditerranéen ralentissaient leur déclin cognitif. Il est à noter que la consommation de facteurs nutritionnels spécifiques (omégas 3, vitamines E, D ou du groupe B, minéraux antioxydants) pris séparément sous forme de suppléments ne diminue pas le risque de maladies neurocognitives. Par conséquent, il semble qu’un modèle global de consommation alimentaire de type méditerranéen puisse réduire le déclin cognitif. C’est la combinaison des aliments riches en chaque nutriment qui aurait un effet protecteur.

Le régime MIND

Le régime MIND, pour Mediterranean–DASH Intervention for Neurodegenerative Delay, a été décrit pour la première fois en 2015. Il combine le régime méditerranéen, donc un régime riche en fruits, légumes, huile d’olive, poisson et le régime DASH, conçu à la base pour lutter contre l’hypertension, pauvre en sel et en graisses saturées. Ce régime MIND a été élaboré spécifiquement pour renforcer la protection du cerveau, notamment en proposants des aliments dont les effets neuroprotecteurs ont été démontrés par la recherche.

Le régime MIND va recommander 10 groupes d’aliments et va en limiter 5. Par exemple, il insiste sur la consommation de légumes verts à feuilles, fruits rouges, fruits à coque et d’autres aliments comme le thé, le chocolat noir. Ces aliments sont tous riches en bons acides gras, vitamines et polyphénols.

À l’inverse, il conseille de limiter la viande rouge, le beurre et la margarine dure, les fromages gras, les pâtisseries, sucreries, aliments frits ou fast-food. En effet, ces aliments, riches en graisses saturées ont notamment montré qu’ils pouvaient perturber la barrière hémato-encéphalique et favoriser l’accumulation de la protéine bêta amyloïde, protéine toxique, présente dans le cerveau des malades d’Alzheimer.

Que dit la recherche sur ce régime ?

Depuis 2015, plusieurs études se sont intéressées au régime MIND. Cependant, la plupart des études réalisées sont observationnelles et basées sur des questionnaires alimentaires. On va donc retrouver certaines limites, comme la mémoire des participants ou d’autres biais possibles.

Néanmoins, une grande étude française sur 16 ans a montré qu’une meilleure adhésion au régime MIND (un peu adapté au régime français), était liée à 30 % de risque en moins de développer des troubles cognitifs, par rapport à ceux qui suivaient moins bien ce régime. Ces résultats rejoignent d’ailleurs ceux d’études nord-américaines et australiennes, qui ont également observé une diminution importante du risque d’avoir un déclin cognitif ou la maladie d’Alzheimer chez les personnes suivant ce régime.

Malgré ces résultats prometteurs, toutes les études ne sont pas encore unanimes.

Dans une étude clinique où les chercheurs ont suivi 2 groupes de 11 participants pendant 3 ans : 1 groupe suivant le régime MIND et un autre groupe contrôle suivant un régime avec restriction calorique, le régime MIND n’a pas vraiment montré d’effet significatif sur la cognition. Les deux groupes avaient toutefois eu une légère amélioration, mais sans vraie différence entre eux.

Le régime MIND est particulièrement riche en vitamines du groupe B, caroténoïdes, polyphénols et oméga-3. Ces nutriments sont connus pour leurs propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, des propriétés particulièrement intéressantes dans le contexte de la maladie d’Alzheimer, où le stress oxydatif et l’inflammation chronique sont fréquemment observés dans le cerveau.

Certaines études ont également mis en évidence un effet anti amyloïde de ces nutriments. Cela signifie qu’ils pourraient freiner l’accumulation de la bêta-amyloïde, la protéine toxique qui s’agrège dans le cerveau des malades d’Alzheimer et constitue l’une des lésions caractéristiques de cette pathologie. Ainsi, le régime MIND, grâce à l’ensemble de ces différents aliments, pourrait contribuer à préserver la santé du cerveau et à prévenir le déclin cognitif.

Dr Marion Lévy PdH, directrice scientifique de la Fondation Vaincre Alzheimer, conclut « Le régime MIND apparaît comme une approche prometteuse pour préserver la santé du cerveau et prévenir le déclin cognitif. Mais il faudra encore des études cliniques de grande ampleur et sur le long terme pour confirmer son efficacité et comprendre précisément ses mécanismes. »

En attendant, adopter une alimentation inspirée du régime MIND semble un bon choix pour notre cerveau… et notre santé globale !

Le microbiote intestinal : une nouvelle frontière pour la recherche

Longtemps relégué au second plan, le microbiote intestinal – ensemble des micro-organismes vivant dans notre tube digestif – émerge aujourd’hui comme un acteur important dans les maladies neurocognitives. Loin d’être une simple composante digestive, il interagit avec le cerveau via l’axe intestin- cerveau, influençant potentiellement l’immunité, l’inflammation, et les fonctions cognitives.

Les scientifiques s’intéressent aujourd’hui de près aux métabolites produits par ces bactéries, notamment les acides biliaires secondaires, qui semblent jouer un rôle dans la régulation du métabolisme cérébral.

Une avancée majeure selon Sylvie Claeysen, chercheure spécialiste du microbiote à l’Institut de Génomique Fonctionnelle à Montpellier, qui se lie à la question de la prévention : « Toute cette piste métabolique est vraiment prometteuse. Le régime méditerranéen, la prévention du diabète… tout cela contribue aussi à maintenir un microbiote en bonne santé. Ce régime apporte des fibres, des prébiotiques bénéfiques, qui nourrissent des bactéries capables de produire des acides biliaires secondaires aux effets plutôt protecteurs. Finalement, on commence à relier tous ces éléments entre eux. »

L’alimentation apparaît donc comme un levier de prévention accessible.

Sylvie Claeysen met en avant plusieurs interventions prometteuses basées sur l’alimentation pour agir sur le microbiote intestinal, en lien avec la prévention de la maladie d’Alzheimer, à base de probiotiques (bactéries vivantes comme les lactobacilles) ou des prébiotiques (fibres nourrissant ces bactéries).

Elle insiste aussi sur l’importance d’une prévention précoce, notamment via l’éducation des jeunes, en sensibilisant dès le collège ou le lycée à l’impact de l’alimentation, des sucres, des aliments ultra-transformés et des pesticides, qui sont associés à l’accumulation d’amyloïde.

L’étude du microbiote humain progresse rapidement, portée par des projets d’envergure comme The French Gut, une initiative participative visant à collecter 100 000 échantillons de selles accompagnés de données déclaratives de santé et d’alimentation. L’objectif est de dresser une cartographie du microbiote « sain » des Français, et d’alimenter une base de données européenne plus vaste.

Sylvie Claeysen plaide pour une meilleure mise en commun des données issues de différentes cohortes, souvent très spécialisées en France (maladies du foie, Alzheimer, etc.), afin de croiser les informations en neurologie, gastroentérologie, nutrition, santé cardiovasculaire… Cette approche permettrait d’obtenir des profils biologiques beaucoup plus riches, exploitables et réutilisables.

Un des atouts majeurs de la recherche sur le microbiote est sa dimension évolutive : contrairement à des tissus cérébraux prélevés à titre post-mortem, les études sur le microbiote peuvent s’inscrire dans des suivis longitudinaux. Il est ainsi possible de recouper les échantillons de selles avec des dosages sanguins, voire des biomarqueurs amyloïdes, pour suivre l’évolution du risque au fil du temps. Encore à ses débuts, l’exploration du microbiote dans la maladie d’Alzheimer ouvre ainsi une voie prometteuse pour une prévention personnalisée, agissant très en amont dans la cascade des événements pathologiques.

Extrait du rapport annuel de la recherche médicale sur la maladie d’Alzheimer. Prévenir la maladie d’Alzheimer : et si c’était la solution pour demain ?

À voir : « Alzheimer : une nouvelle piste pour protéger le cerveau ? »

Changer ses habitudes alimentaires ne guérit pas la maladie d’Alzheimer, mais peut contribuer à la prévention en agissant sur les facteurs de risque.

Sources :

1- “Forecasting the Prevalence of Alzheimer’s Disease at Mild Cognitive Impairment and Mild Dementia Stages in France in 2022”, Gabelle et al., J. Prev. Alzheimers Dis. 2023;10(2):259-266.

2- “Dementia prevention, intervention, and care: 2024 report of the Lancet standing Commission”. Livingston, Gill et al. The Lancet, 2024;404(10452):572–628.

3- “Effect of Virgin Coconut Oil Supplementation on Cognition of Individuals with Mild to-Moderate Alzheimer’s Disease in Sri Lanka (VCO-AD Study): A Randomized Placebo Controlled Trial” Malika G Fernando et al., J Alzheimers Dis. 2023;96(3):1195-1206 “Impact of Coconut Oil and Its Bioactive Metabolites in Alzheimer’s Disease and Dementia: A Systematic Review and Meta-Analysis” Duaa Bafail et al., Diseases. 2024;1;12(11):272.

4- “Long‑term use of standardised Ginkgo biloba extract for the prevention of Alzheimer’s disease (GuidAge): a randomised placebo‑controlled trial”, Vellas et al., Lancet Neurol. 2012;11(10):851–859.

5- “Docosahexaenoic acid reduces amyloid beta production via multiple pleiotropic mechanisms.” Grimm M.O.W et al., J. Biol. Chem. 2011;286:14028–39. “ω-3 Supplementation increases amyloid-β phagocytosis and resolvin D1 in patients with minor cognitive impairment.” Fiala M et al., FASEB J. 2015;29:2681–9.

6- “The role of the Mediterranean diet in reducing the risk of cognitive impairment, dementia, and Alzheimer’s disease: a meta-analysis”, Fekete et al., Geroscience. 2025;47(3):3111–3130.

7- “Mediterranean and Western diet effects on Alzheimer’s disease biomarkers, cerebral perfusion, and cognition in mid-life: A randomized trial”, Hoscheidt et al., Alzheimers Dement. 2022;18:457–468.

8- “MIND diet slows cognitive decline with aging”, Martha Clare Morris et al., Alzheimers Dement. 2015;11(9):1015–1022.

9- “Association of a MIND Diet with Brain Structure and Dementia in a French Population”, Thomas et al., J. Prev. Alzheimer’s Dis. 2022;9(4):657–668.

10- “MIND Not Mediterranean Diet Related to 12-Year Incidence of Cognitive Impairment in an Australian Longitudinal Cohort Study”, Hosking et al., Alzheimers Dement. 2019;15:581–589.

11- “Trial of the MIND Diet for Prevention of Cognitive Decline in Older Persons”, Barnes et al., N. Engl. J. Med. 2023;389:602–611.

12- “The Role of Genetic, Environmental, and Dietary Factors in Alzheimer’s Disease: A Narrative Review”, Mertaş et al., Int. J. Mol. Sci. 2025;26:1222.