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PARIS : Emploi – La « croissance fantôme » mine le mo…

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PARIS : Emploi – La « croissance fantôme » mine le moral et la fidélité des salariés

Selon une étude de MonCVParfait, 65 % des actifs déplorent une progression de carrière de façade, sans augmentation de salaire ni réelle promotion.

L’illusion est parfaite sur le papier, mais la réalité est bien plus amère pour les employés. Le monde du travail voit s’installer un phénomène insidieux qualifié de « Ghost Growth » ou croissance fantôme. Derrière ce terme se cache une pratique managériale consistant à attribuer de nouveaux titres ou des responsabilités accrues sans que les avantages tangibles ne suivent. Une enquête récente publiée ce jeudi par MonCVParfait (https://www.moncvparfait.fr), spécialiste de la création de CV en ligne, met en lumière cette tendance qui fragilise l’engagement des collaborateurs.

Une augmentation de la charge sans la rémunération

Les résultats de l’étude sont sans équivoque concernant le décalage entre l’implication demandée et la rétribution obtenue. Pour une grande majorité des travailleurs interrogés, l’évolution professionnelle s’apparente désormais à un mirage. En effet, 78 % des répondants indiquent s’être vu confier de nouvelles responsabilités sans que cela ne s’accompagne de l’augmentation de salaire ou de la promotion hiérarchique qui devrait logiquement en découler.

Cette dynamique crée un sentiment d’iniquité profond. Alors que 70 % des salariés acceptent des projets additionnels dans l’espoir légitime d’évoluer, ils se heurtent souvent à une absence totale de reconnaissance concrète. Pire encore, seulement 15 % des sondés déclarent avoir reçu, au cours de l’année écoulée, une revalorisation salariale en lien direct avec l’accroissement de leur charge de travail. Pour 35 % d’entre eux, cet élargissement du rôle n’a jamais donné lieu à un centime supplémentaire.

Des promesses non tenues qui brisent la confiance

Au-delà des chiffres, c’est la rupture du contrat moral entre l’employeur et l’employé qui inquiète. L’étude révèle que 53 % des salariés ont reçu des promesses explicites d’augmentation, de promotion ou d’opportunités professionnelles qui ne se sont jamais matérialisées. Ce cycle de promesses non tenues alimente une désillusion croissante.

Jasmine Escalera, experte carrière chez MonCVParfait, analyse cette dérive managériale : « L’illusion de la progression devient un véritable problème. Les employeurs confient davantage de travail sans contrepartie, valident des actions de développement sans suites concrètes et créent des environnements dans lesquels les salariés se sentent bloqués et frustrés ». Selon elle, ce développement professionnel « performatif » ne se contente pas de démoraliser les équipes : il constitue un risque majeur pour la pérennité des entreprises.

Un risque majeur de démission et de burn-out

Les conséquences psychologiques de cette « croissance fantôme » sont lourdes. L’enquête souligne que 23 % des répondants se disent frustrés, tandis que 20 % se déclarent en situation de burn-out et 13 % se sentent piégés professionnellement. Cette pression est parfois internalisée, puisque 52 % des salariés ressentent l’obligation de donner l’impression de progresser, même lorsque leur carrière fait du surplace.

Face à ce constat, la réaction des employés est radicale : le départ. Près de deux salariés sur trois (68 %) ont envisagé de quitter leur emploi spécifiquement en raison de cette progression factice. Pour 16 % d’entre eux, le pas a déjà été franchi avec le lancement d’une recherche d’emploi active. La fidélisation des talents devient ainsi la première victime de ces pratiques.

Le fossé entre les attentes et la réalité

L’étude met également en exergue une incompréhension fondamentale sur la définition même de l’évolution. Si les entreprises tendent à valoriser l’autonomie ou les responsabilités transverses comme des marqueurs de progression, les salariés, eux, restent attachés à des critères tangibles.

Pour 27 % des sondés, évoluer signifie avant tout obtenir une rémunération plus élevée. L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle arrive en seconde position (18 %), suivi des perspectives de promotion claires (16 %). À l’inverse, l’autonomie seule n’est perçue comme une évolution que par 8 % des travailleurs. Ce chiffre démontre que les gestes symboliques ne suffisent plus à masquer l’absence de contreparties financières ou statutaires.

L’intégralité de ce rapport, basé sur une enquête menée auprès de 1 000 actifs américains, est disponible sur le site de MonCVParfait : https://www.moncvparfait.fr/blog/rapport-ghost-growth.