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PARIS : Emmanuel RAZAVI : « La République islamique n’a jamais été aussi isolée »

Dans une analyse, l’expert Emmanuel Razavi décrypte la fragilité du régime iranien après les frappes américano-israéliennes.

Le contexte géopolitique au Proche-Orient, bouleversé par les récentes frappes américaines et israéliennes, a mis le régime iranien sous une pression inédite. Les funérailles du Guide suprême, Ali Khamenei, ont été l’occasion pour Téhéran de projeter une image de force et d’unité nationale. Cependant, pour le spécialiste Emmanuel Razavi, cette démonstration de puissance masque mal une crise de légitimité profonde et un isolement croissant.

Une façade d’unité qui cache les fissures

Interrogé sur la signification des images de foule massive lors des obsèques, Emmanuel Razavi dénonce une opération de communication parfaitement maîtrisée par le pouvoir en place. Il estime que ces scènes ne reflètent en rien un soutien populaire spontané mais relèvent d’une mise en scène destinée à la consommation intérieure et internationale.

« Ces images de manifestants pro-régime sont des opérations de propagande qui sont commanditées et organisées par les Gardiens de la révolution islamique, et relayées par les médias iraniens sous leur contrôle », analyse Emmanuel Razavi.

Selon lui, le gouvernement a délibérément accrédité des journalistes occidentaux, tout en les encadrant très strictement, dans le but de diffuser son propre narratif. L’affirmation selon laquelle 20 millions d’Iraniens auraient été présents est qualifiée d’« impossible », le régime ne disposant pas, d’après l’expert, d’une telle base populaire.

Un rejet massif confirmé par les sondages

Pour étayer son analyse sur le divorce entre le peuple et ses dirigeants, Emmanuel Razavi s’appuie sur des données chiffrées issues de deux études significatives. La première, menée en 2023 à la demande même d’Ali Khamenei par le service de renseignement de la milice Bassidj, révélait déjà un constat alarmant pour le pouvoir : 71 % des Iraniens se déclaraient opposés à la République islamique.

Une tendance qui s’est considérablement accentuée depuis. Une seconde étude, conduite par la fondation Gamaan et publiée en France en 2025 par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), dresse un tableau encore plus clair de la défiance populaire. D’après ses résultats, ce sont désormais 81 % des Iraniens qui rejettent le concept même de République islamique. Ces chiffres témoignent d’une sécularisation profonde de la société et d’une dissidence qui, bien que contenue par la répression, n’en est pas moins majoritaire.

L’intégralité de l’entretien avec Emmanuel Razavi est à retrouver dans La Nouvelle Revue Politique.

L’étude de la fondation Gamaan, intitulée « Iran : une société sécularisée, diverse et dissidente », est également consultable sur le site de Fondapol.

Iran : une société sécularisée, diverse et dissidente – Fondapol

via Presse Agence.