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PARIS : Électorat du RN – Une étude Fondapol décrypte…

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PARIS : Électorat du RN – Une étude Fondapol décrypte la nouvelle sociologie des votants

Le Rassemblement National séduit au-delà de son socle historique, attirant des électeurs plus âgés et diplômés, selon une étude de la Fondapol.

La transformation du Rassemblement National d’un parti de protestation en une force politique dominante est analysée en détail dans une nouvelle étude publiée par la Fondapol. Signée par Pascal Perrineau, professeur des universités à CEVIPOF-Sciences Po, l’analyse dissèque la dynamique électorale du parti entre 2017 et 2026, révélant une diversification profonde de son électorat et l’effondrement de certaines digues sociologiques qui le contenaient jusqu’alors.

Basée sur le comportement d’un échantillon de 2 444 électeurs lors de trois scrutins clés (avril 2017, avril 2022 et juin 2024), l’étude dresse un portrait précis des différentes composantes de cet électorat en pleine expansion.

Une dynamique électorale incontestable

Les chiffres témoignent d’une accélération nette de la progression du RN ces dernières années. Le parti a gagné 4,2 millions de nouveaux électeurs entre l’élection présidentielle de 2012 et les élections législatives de 2024, où il a atteint 33,2 % des suffrages. Cette montée en puissance se confirme également au niveau local, un terrain traditionnellement plus défavorable. Lors des dernières élections municipales, le RN et ses alliés ont remporté 74 communes (+52 par rapport à 2020) et obtenu 3 121 conseillers municipaux, contre 827 en 2020.

Cette tendance se projette sur l’élection présidentielle de 2027, pour laquelle les sondages créditent Jordan Bardella de 34 à 37 % des intentions de vote, le plaçant loin devant ses concurrents directs comme Édouard Philippe (18 %) ou Raphaël Glucksmann (14 %).

Les « ralliés » : le nouveau visage de l’électorat

Le principal enseignement de l’étude réside dans l’identification d’un nouveau groupe d’électeurs, les « ralliés », qui représentent 10,5 % de l’échantillon et ont voté pour le RN pour la première fois en juin 2024. Leur profil sociodémographique marque une rupture : ils sont plus âgés (56 % ont 65 ans et plus) et majoritairement diplômés du supérieur (57 %, contre seulement 36 % chez les électeurs fidèles).

Issus principalement des professions intermédiaires (34 %) et des employés (32 %), ces nouveaux électeurs viennent en grande partie de la droite modérée : 40 % d’entre eux avaient voté pour François Fillon en 2017. Leur motivation première semble être un très fort sentiment de déclassement, 87 % déclarant « vivre moins bien qu’avant ». Leur adhésion reste cependant prudente, seuls 31 % se déclarant « proches » du RN, autant que de LR.

Fidèles et épisodiques, le socle populaire

Face à ces nouveaux venus, le socle historique du parti demeure, constitué des électeurs « fidèles » (9,2 %, votant RN aux trois scrutins) et « épisodiques » (13 %, votant par intermittence). Leurs profils socio-économiques sont similaires et contrastent avec celui des ralliés. Les milieux modestes y sont surreprésentés : 54 % des fidèles sont ouvriers ou employés. Ils sont moins diplômés et plus nombreux à déclarer s’en sortir difficilement financièrement.

Les électeurs fidèles constituent le noyau dur du parti, avec un attachement quasi total (94 % se disent proches du RN) et une forte mobilisation électorale. Les épisodiques, quant à eux, montrent une plus grande volatilité, leur vote pouvant parfois transgresser le clivage gauche-droite.

Le front des « hostiles », une opposition sociologique et politique

Enfin, l’étude analyse le profil des « hostiles » (67,3 % de l’échantillon n’ayant jamais voté RN). Ce groupe est majoritairement composé de diplômés du supérieur (61 %), de cadres (31 %) et de personnes déclarant s’en sortir facilement financièrement (62 %). Politiquement, 40 % se situent à gauche, mais l’étude souligne que la gauche ne détient pas le monopole du rejet du RN, une droite réticente persistant également.

L’étude complète « D’un parti de protestation à un parti dominant. La dynamique électorale du Rassemblement national (2017-2026) » est disponible en libre accès sur le site de la fondation ().

À propos de la Fondapol

La Fondapol (Fondation pour l’innovation politique) est un think tank français qui s’inscrit dans une perspective libérale, progressiste et européenne. Née en 2004, elle est reconnue d’utilité publique et vise à contribuer à un débat pluraliste et documenté.

Indépendante de tout parti politique, la fondation met gratuitement à disposition du public l’intégralité de ses travaux et des données collectées pour ses enquêtes sur son site internet fondapol.org.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).