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PARIS : Éducation financière – La famille, premier ve…

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PARIS : Éducation financière – La famille, premier vecteur d’inégalités selon une étude

Une étude Allianz France/Ifop révèle que l’éducation financière, transmise en famille, est souvent lacunaire et source d’inégalités.

Alors que l’éducation financière s’impose comme un sujet majeur, avec la généralisation du passeport Educfi au collège et un nouveau plan d’action de l’Autorité des marchés financiers (AMF), une étude menée par l’Ifop pour Allianz France vient éclairer un paradoxe central : si la famille reste le pilier de cet apprentissage, elle est aussi le creuset d’inégalités durables. Les résultats, publiés ce mercredi, montrent un décalage préoccupant entre les connaissances des Français et les compétences désormais requises pour naviguer dans un environnement économique complexe.

Un apprentissage familial aux bases solides mais incomplètes

Selon l’enquête, l’initiation aux questions d’argent est massivement une affaire de famille pour 76 % des Français. Au sein du foyer, les mères jouent un rôle prépondérant, citées comme référentes par 69 % des sondés. Cet apprentissage se concentre principalement sur les fondamentaux : la gestion d’un budget, l’importance de l’épargne de précaution ou encore la compréhension des premiers produits bancaires.

Cependant, cette transmission montre rapidement ses limites. Seuls 24 % des Français déclarent avoir été formés par leurs proches à des sujets plus complexes mais aujourd’hui essentiels comme l’investissement, la fiscalité ou la préparation de la retraite. En conséquence, à peine plus de la moitié des personnes interrogées (51 %) jugent leur éducation financière satisfaisante. Le paradoxe est d’autant plus frappant que 57 % des Français affirment avoir déjà investi leur argent sur des supports autres que les livrets réglementés, souvent sans disposer des clés pour en comprendre les risques et la gestion sur le long terme.

Des inégalités héritées aux conséquences économiques lourdes

L’étude met en lumière une réalité sociétale forte : l’éducation financière est en grande partie un héritage, et cet héritage est inégal. Les connaissances transmises, ou non, au sein de la sphère familiale contribuent à reproduire et parfois amplifier les disparités face à l’argent. Loin d’être anecdotique, cet enjeu a un impact économique direct sur le patrimoine des individus tout au long de leur vie.

Une précédente étude d’Allianz avait d’ailleurs quantifié ce manque à gagner : un bon niveau de culture financière peut représenter jusqu’à 2 730 € de gains supplémentaires par an, soit près de 244 000 € sur une carrière de 30 ans. L’étude complète d’Allianz France (https://newsroom.allianz.fr/education-financiere-76-des-francais-sinitient-en-famille-mais-seuls-24-estiment-maitriser-les-sujets-devenus-indispensables-aujourdhui/?lang=fra) détaille cette fracture. Allianz France (https://www.allianz.fr/) est un acteur majeur de l’assurance et des services financiers.

Une prise de conscience au plus haut niveau de l’État

Face à ce constat, les pouvoirs publics accélèrent leurs initiatives. Le 6 mai dernier, à l’occasion des 10 ans de la stratégie nationale d’éducation financière (EDUCFI), le gouvernement a annoncé la généralisation du « Passeport EDUCFI » à tous les élèves de 4ème dès la rentrée 2026. Pilotée par la Banque de France, cette stratégie vise à garantir que chaque jeune acquière un socle de compétences essentielles. Parmi les autres mesures phares, on note le renforcement de la visibilité du label EDUCFI pour garantir des contenus fiables, et le lancement d’un projet européen d’intelligence artificielle, EDUCFI+, destiné à offrir des conseils personnalisés. L’intégralité du plan d’action est disponible sur le site du ministère de l’Économie (https://presse.economie.gouv.fr/10-ans-deducfi-la-france-generalise-le-passeport-educfi-pour-tous-les-eleves-de-4e-et-lance-son-nouveau-plan-daction-pour-renforcer-leducation-financiere-de-tous-les-francais/).

Les femmes, un public prioritaire pour l’AMF

L’un des angles morts de l’éducation financière concerne spécifiquement les femmes. L’Autorité des marchés financiers a également dévoilé, le 6 mai, un plan d’action 2026-2028 pour y remédier. Les chiffres sont éloquents : en 2023, seulement 21 % des femmes déclaraient investir en Bourse, contre 42 % des hommes. Cet écart s’explique par une confiance en soi plus faible (28 % des femmes s’estiment compétentes contre 51 % des hommes) et une moindre appétence au risque. Pour inverser la tendance, l’AMF lancera une étude qualitative en septembre 2026 pour affiner sa stratégie, qui sera déployée en 2027.

« Nos études montrent que la sous-représentation des femmes dans l’investissement reste préoccupante, et n’évolue guère. C’est pourtant un enjeu majeur pour l’autonomie financière des femmes et un manque à gagner pour l’économie », a déclaré Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF. Le plan de l’Autorité (https://www.amf-france.org/fr/actualites-publications/communiques/communiques-de-lamf/lamf-devoile-son-plan-deducation-financiere-2026-2028-pour-renforcer-linvestissement-des-femmes) marque un engagement fort pour réduire cette fracture.