PARIS : Éducation – Familles de France réclame un « c…
Partager :

PARIS : Éducation – Familles de France réclame un « congé de parent actif » face à la violence scolaire
En réponse à l’appel du ministre de l’Éducation nationale, l’association Familles de France propose un statut spécifique pour soutenir la coéducation.
La question de la violence à l’école revient avec force au cœur de l’actualité en ce début d’année 2026. Alors que les incidents se multiplient dans les établissements scolaires, le dialogue entre l’institution et les familles semble plus que jamais nécessaire, mais difficile. C’est dans ce contexte tendu que l’association Familles de France a pris la parole, ce mercredi 18 février, pour répondre à la main tendue par le gouvernement et proposer des solutions concrètes, refusant la logique de l’affrontement.
Un constat alarmant dressé par le ministère.
Le débat a été relancé par une lettre adressée directement aux parents d’élèves, le 12 février dernier, par Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale. Dans ce courrier, le ministre dressait un constat sans concession sur la « banalisation de la violence » qui frappe l’école de la République. Évoquant des agressions contre le personnel, des violences entre élèves et le fléau du harcèlement scolaire qui touche « plus d’un enfant par classe en moyenne », le locataire de la rue de Grenelle appelait à un « sursaut collectif ».
« L’École doit être, pour chaque enfant, un lieu où il puisse grandir et apprendre en paix », écrivait le ministre, soulignant que l’institution ne pouvait agir seule face à des phénomènes dont les racines dépassent souvent l’enceinte scolaire. Il exhortait alors les familles à rappeler les règles élémentaires de respect et d’autorité à leurs enfants, insistant sur la nécessité d’une alliance autour des valeurs de l’école.
Refuser les postures accusatrices.
Si Familles de France partage le constat d’une réalité préoccupante, l’association tient à nuancer l’approche. Pour l’organisation, la violence scolaire ne doit être ni minimisée, ni instrumentalisée pour désigner les parents comme uniques responsables des maux de l’école. « L’école n’est ni une garderie, ni un espace isolé de la société : elle est un lieu éducatif partagé », rappelle l’association dans son communiqué.
Le mouvement familial réaffirme un principe qu’il juge fondamental : les parents demeurent les « premiers éducateurs » de leurs enfants. Une responsabilité qui, selon eux, ne s’oppose pas à celle du corps enseignant mais la complète. L’association salue la reconnaissance de ce rôle par le ministère, mais demande que cela dépasse le stade des déclarations d’intention pour se traduire par une véritable place accordée aux familles dans la gouvernance des établissements.
La proposition phare : un « congé de parent actif ».
Pour passer de la théorie à la pratique, Familles de France avance une proposition législative et sociale audacieuse : la création d’un « congé de parent actif ». L’objectif est de lever les freins matériels qui empêchent de nombreux parents de s’investir dans la vie scolaire.
Le constat est simple : la bonne volonté ne suffit pas. Aujourd’hui, les contraintes professionnelles constituent le principal obstacle à la participation des parents aux instances scolaires ou aux moments clés de la vie de l’établissement. Ce nouveau dispositif permettrait aux parents de s’absenter de leur travail pour participer à ces temps éducatifs sans subir de pénalisation financière ou professionnelle. « La coéducation ne peut reposer uniquement sur la bonne volonté : elle nécessite des moyens concrets », insiste l’association.
Vers une véritable alliance éducative.
Au-delà de cette mesure technique, c’est un changement de paradigme que réclame Familles de France. L’association appelle à sortir de l’opposition stérile entre parents et enseignants, nourrie par des discours qui attisent la défiance.
L’équation posée est celle d’un cercle vertueux : toutes les études de terrain démontrent que lorsque les parents sont réellement associés aux décisions et à la vie de l’école, le climat scolaire s’apaise et les violences diminuent. L’organisation plaide donc pour une « alliance éducative claire » réunissant l’institution, les enseignants, les parents et les élèves.
Ce positionnement intervient à un moment charnière, alors que le ministre Édouard Geffray a fait de la sécurité des établissements une « priorité absolue » en lien avec le ministère de l’Intérieur. Reste désormais à savoir si cette main tendue par le monde associatif, assortie de revendications sociales concrètes, sera saisie par le gouvernement pour endiguer durablement la violence scolaire.


