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PARIS : Économie – La France affiche une croissance résiliente mais sans véritable moteur pour 2026

Le cabinet d’études économiques Asterès analyse une croissance française de 0,9 % en 2025 qui, bien que supérieure à celle de l’Allemagne, masque une consommation des ménages atone et un marché de l’emploi fragilisé.

Dans un environnement politique et économique instable, l’économie française parvient à se maintenir à flot. Selon les chiffres de l’Insee commentés ce vendredi 30 janvier 2026 par le cabinet Asterès, le Produit Intérieur Brut (PIB) a progressé de 0,9 % sur l’ensemble de l’année 2025, avec une hausse de 0,2 % au quatrième trimestre. Si cette performance témoigne d’une certaine résilience, elle révèle néanmoins des fragilités structurelles importantes à l’aube de 2026.

Une performance supérieure à l’Allemagne.

La France fait figure de bon élève comparée à son voisin d’outre-Rhin.

Alors que l’Allemagne peine à dégager une croissance supérieure à 0,3 % sur l’année, l’Hexagone démontre une « capacité de résistance certaine », note Lucile Bembaron, économiste chez Asterès.

Toutefois, ce chiffre de 0,9 % marque un ralentissement par rapport à 2024 (+1,2 %) et repose essentiellement sur les dépenses publiques et les variations de stocks, faute de dynamique privée vigoureuse. L’industrie offre quelques motifs de satisfaction, notamment grâce à la bonne santé des secteurs de l’aéronautique et de la défense.

L’épargne continue de freiner la consommation.

C’est le point noir de cette année 2025 : le ralentissement de l’inflation n’a pas provoqué le sursaut de consommation espéré. Les dépenses des ménages ont même reculé de 0,6 % en décembre. Sur l’année, la progression est anémique (+0,4 %). L’inquiétude face à l’avenir pousse les Français à la prudence. Le taux d’épargne dépasse désormais les 18 % du revenu disponible brut, confirmant une volonté accrue de mettre de l’argent de côté plutôt que de consommer. Du côté des entreprises, l’attentisme prévaut également, avec un investissement quasi stable (+0,1 %) sur l’année, après un quatrième trimestre décevant.

Le marché de l’emploi sous surveillance.

Si l’économie plie sans rompre, le marché du travail commence à montrer des signes d’essoufflement. Contrairement à la dynamique observée chez certains voisins européens comme l’Italie, l’Espagne ou le Portugal, le chômage en France repart à la hausse. Le nombre de demandeurs d’emploi a progressé de 2,6 % au dernier trimestre 2025, portant le taux de chômage à 7,7 % au troisième trimestre (contre 7,6 % au deuxième). Plus inquiétant encore, le cabinet Asterès pointe une augmentation des défaillances d’entreprises, particulièrement dans l’industrie où le solde entre ouvertures et fermetures d’usines est désormais négatif.

Dette et budget : une visibilité retrouvée pour 2026.

L’année 2026 s’ouvre cependant sur une note plus positive pour les marchés financiers. La finalisation attendue du budget offre aux investisseurs une visibilité qui faisait défaut ces derniers mois. Cette clarification a permis une détente immédiate des taux d’intérêt sur la dette française, qui s’établissent autour de 3,4 %, contre 3,6 % en début d’année. L’écart avec les taux allemands a atteint son niveau le plus faible depuis juin 2024, et les obligations françaises sont même repassées en dessous des taux italiens.

Cette accalmie est cruciale, car la France devra lever un montant inédit de 310 milliards d’euros sur les marchés en 2026, soit près de 10 % de son PIB. Des taux plus bas permettront de limiter la charge de la dette. Cependant, Asterès met en garde : sans mesures structurelles, le déficit public risque de se maintenir au-dessus de la barre des 5 % du PIB en 2026, rendant la stabilité financière actuelle potentiellement temporaire.