PARIS : Dynamique de la croissance française au premier tri…
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PARIS : Dynamique de la croissance française au premier trimestre 2024
Asterès analyse la dynamique de croissance française au premier trimestre 2024.
Le rebond de la consommation au premier trimestre tire la croissance
La croissance française, à +0,2 % au premier trimestre 2024, a été supérieure aux attentes (0% anticipés par l’Insee le 14 mars1
), notamment du fait d’un rebond de la consommation des ménages. Cependant, la croissance française sur l’ensemble de l’année devrait être inférieure à celle de la plupart des pays développés La croissance française a été fortement tirée par la demande interne, et notamment la consommation des ménages au premier trimestre. La variation des stocks a quant à elle tiré l’activité à la baisse.
A +0,4 %, la consommation des ménages a sensible augmenté sur le premier trimestre 2024, ce qui marque une rupture de tendance après deux années de consommation atone du fait du choc inflationniste qui a pénalisé le pouvoir d’achat. L’investissement, à +0,3 %, est également une bonne nouvelle dans un contexte de taux élevés (l’Insee prévoyait -0,2 %) le mois dernier. L’investissement des entreprises (+0,5 %) a été particulièrement dynamique. La contribution du commerce extérieur a pour sa part été neutre sur le trimestre.
La variation des stocks a amputé la croissance trimestrielle de 0,2 %. Cette composante du PIB, très volatile et difficile à anticiper, est porteuse de peu d’enseignements sur la dynamique générale de l’activité. Hors contribution des stocks, la croissance trimestrielle aurait été de +0,4 %.
En 2024, la croissance française serait poussive, à 0,7 % selon le FMI. La baisse de l’inflation et une possible diminution des taux à partir de l’été ne seraient pas suffisants pour faire repartir significativement l’activité. Sur 41 pays considérés comme développés par le FMI, la France serait le 31ème en termes de croissance cette année.
Le ciel s’éclaircit doucement pour l’économie française. L’inflation devrait poursuivre sa décrue entamée l’an dernier en 2024, ce qui rend possible des baisses de taux directeurs dans le courant de l’année. Cependant, ces baisses probables de taux ne devraient se répercuter sur l’activité économique que l’an prochain. D’ici-là, le retour à de modestes gains de pouvoir d’achat (avec des hausses de salaires qui sont légèrement supérieures à l’inflation) devraient permettre à la croissance d’être proche de 1 %.
Les évolutions porteuses pour l’économie française (baisse de l’inflation et baisse probable des taux) le sont aussi pour les économies comparables. La performance française en termes de croissance cette année placerait plutôt le pays en queue de peloton des pays développés (31ème sur 41 d’après le FMI). La France pourrait cependant se consoler en affichant un taux de croissance supérieur à l’Allemagne et au Royaume-Uni. La volonté (timide) de consolidation budgétaire affichée par le gouvernement pourrait notamment peser sur l’activité, là où d’autres pays, notamment les Etats-Unis, continuent à maintenir une stimulation budgétaire forte de leur économie.
1 Note de conjoncture Insee
Sylvain BERSINGER
chef économiste
Asterès est un cabinet d’études économiques et de conseil.
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