Passer au contenu principal

PARIS : Dr Nicolas ROQUIGNY : « Le rein ne fait pas mal, il…

Partager :

PARIS : Dr Nicolas ROQUIGNY : « Le rein ne fait pas mal, il ne donne pas d’alerte précoce »

Biogroup révèle que 83 % des patients atteints d’une maladie rénale ignoraient leur état, soulignant un enjeu de santé publique majeur.

À l’occasion de la Journée nationale du rein, qui se tient ce jeudi 12 mars, le réseau de laboratoires Biogroup a dévoilé les résultats alarmants de sa campagne de dépistage 2025. Le constat est sans appel : 83 % des patients présentant une altération de leur fonction rénale n’avaient pas connaissance de leur situation avant de réaliser le test. Cette pathologie, aussi fréquente que silencieuse, constitue un défi majeur pour le système de santé français.

En 2025, la campagne a permis de tester gratuitement 20 649 patients volontaires à travers la France. Parmi eux, 1 470 personnes ont pu être alertées d’une anomalie potentielle, leur permettant d’engager un suivi médical adapté. Depuis son lancement il y a cinq ans, cette initiative a permis de dépister près de 100 000 patients.

Une pathologie fréquente mais invisible

En France, près d’une personne sur dix serait touchée par une maladie rénale chronique (MRC), soit environ six millions de personnes, le double du nombre de diabétiques. Pourtant, cette pathologie reste largement sous-diagnostiquée en raison de son caractère asymptomatique. La maladie évolue souvent de manière insidieuse, sans douleur ni signe avant-coureur, ce qui explique des diagnostics souvent tardifs, parfois à un stade déjà très avancé.

Les personnes souffrant d’hypertension ou de diabète sont particulièrement à risque, mais même au sein de cette population, la surveillance de la fonction rénale n’est pas systématique. « Le rein ne fait pas mal. Il ne donne pas d’alerte précoce. Un simple dosage sanguin permet pourtant d’estimer la fonction rénale et d’en parler avec son médecin. Ce sont des gestes simples, mais déterminants », explique Dr Nicolas Roquigny, biologiste médical et responsable des affaires publiques chez Biogroup.

Un enjeu majeur de santé publique

Le diagnostic tardif des maladies rénales a des conséquences humaines et financières considérables. Selon un rapport de la Cour des comptes de 2020, la maladie rénale représente environ 2,5 % des dépenses de l’Assurance maladie, alors qu’elle ne concerne que 0,15 % des assurés. Ce coût s’explique en grande partie par le recours à des traitements lourds comme la dialyse.

Les chiffres de l’Agence de la biomédecine sont éloquents : près de 30 % des patients découvrent leur pathologie au moment de commencer une dialyse. Ce traitement, l’un des plus exigeants du système de santé, a un impact majeur sur la qualité de vie et mobilise des ressources considérables sur le long terme. « La France excelle dans la prise en charge des pathologies avancées. Mais nous devons encore progresser dans la culture de prévention. Détecter plus tôt, c’est donner du temps médical », souligne Dr Nicolas Roquigny.

Le rôle clé du biologiste médical

La campagne de Biogroup met en lumière le rôle essentiel de la biologie médicale de proximité comme maillon du parcours de soins préventif. Le contact quotidien avec des milliers de patients confère aux laboratoires une position privilégiée pour l’information et l’alerte.

« Nous voyons chaque jour des milliers de patients. Cette proximité nous donne une responsabilité : celle de mesurer, d’interpréter et d’alerter si nécessaire. La biologie médicale est un maillon discret mais essentiel du parcours de soins », poursuit Dr Nicolas Roquigny. Il insiste sur le fait que la mission du biologiste va au-delà de la simple production d’un résultat chiffré. « Notre métier ne s’arrête pas à produire un chiffre. Nous interprétons les résultats, nous alertons si nécessaire et nous orientons vers le médecin traitant », ajoute-t-il.

Fondé en 1998, Biogroup est un acteur majeur du diagnostic en France et en Europe, avec plus de 900 laboratoires sur le territoire national, qui accueillent quotidiennement plus de 100 000 patients.