
PARIS : « Dostoïevski » de Nina GOURFINKEL
Le voici enfin terminé !
J’ai écrit les derniers chapitres jour et nuit, dans une affreuse angoisse et inquiétude… Je suis mécontent ; le roman n’exprime même pas le dixième de ce que j’aurais voulu dire néanmoins je ne le renie pas et j’aime toujours mon idée ratée.
Cette “idée ratée” – jugement que la posétérité n’a pas entériné –, Dostoïevski s’en expliquait à sa nièce préférée à qui il dédiait L’Idiot.
À rebours de toute analyse pompeuse, Nina Gourfinkel raconte Dostoïevski en l’extrayant du cercle fermé des spécialistes. Pour le rendre au lectorat populaire, la biographe innove : plutôt que de mobiliser philosophes, psychologues et théologiens, elle fait appel aux historiens de la littérature et de la société russe ; afin de s’approcher “au plus près de Dostoïevski lui-même”, elle le cite largement, et traduit elle-même ses ouvrages, lettres et carnets. Aussi, que l’on soit familier ou non de l’œuvre de Dostoïevski, il est difficile de résister à la passion contagieuse de Gourfinkel pour un « lecteur génial » qui deviendra l’auteur de Crime et Châtiment, des Possédés, de L’Idiot.
Née en 1900 à Odessa dans une famille juive, étudiante à Pétrograd au moment de la Révolution de 1917, Nina Gourfinkel y adhère et participe au soulèvement populaire avant d’émigrer en France en 1925 pour fuir la stalinisation de l’URSS. Résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, docteure en lettres, elle publie plusieurs biographies d’intellectuels et politiques russes, ainsi que ses Mémoires.
Préface de Jean-Louis Backès.
448 pages — 11x18cm — 14 €
ISBN : 9782748905915
Lire un extrait de l’introduction en ligne sur Antichambre :
— “Dostoïesvki, lui même”, septembre 2025

