PARIS : Documentaire – Arte revient sur le « grand sm…
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PARIS : Documentaire – Arte revient sur le « grand smog » mortel de Londres en 1952
Arte diffuse ce soir un documentaire sur le brouillard mortel qui a paralysé Londres en 1952, une catastrophe écologique et sanitaire majeure.
La chaîne franco-allemande Arte diffuse ce mardi 24 février 2026 à 22h25 le documentaire « Et Londres disparut dans le brouillard », revenant sur un épisode tragique et méconnu qui a changé la perception de la pollution atmosphérique. Réalisé par Pierre Sainteny, le film retrace les cinq jours de décembre 1952 durant lesquels la capitale britannique fut asphyxiée par un brouillard toxique, causant la mort de 12 000 personnes et marquant un tournant dans les politiques environnementales mondiales. Le documentaire est également disponible en visionnage sur la plateforme arte.tv (https://www.arte.tv/fr/videos/113881-000-A/et-londres-disparut-dans-le-brouillard/).
Un désastre sanitaire historique
Début décembre 1952, un anticyclone s’immobilise au-dessus de Londres. Ce phénomène météorologique plaque au sol les fumées issues du chauffage domestique et des usines. Dans un contexte d’après-guerre où le Royaume-Uni, pour rembourser sa dette, exporte son meilleur charbon, les Londoniens se chauffent avec un combustible de piètre qualité et extrêmement polluant, le « nutty slack », un mélange de poussières et de débris de charbon. Du 5 au 9 décembre, un brouillard d’une densité et d’une âcreté sans précédent s’abat sur la ville. Ce « grand smog », mot-valise né de la contraction de *smoke* (fumée) et *fog* (brouillard), pénètre partout, y compris à l’intérieur des habitations. La visibilité est réduite à quelques mètres, paralysant toute activité. Mais le bilan le plus terrible est humain : les services de santé enregistrent une explosion des cas de bronchites aiguës, de pneumonies et de crises d’asthme. Si le bilan initial faisait état de 2 000 décès, des études ultérieures ont réévalué le nombre de morts prématurées à environ 12 000, faisant de cet événement l’un des pires désastres sanitaires du 20ème siècle en Europe.
Une prise de conscience mondiale
La catastrophe provoque une onde de choc au Royaume-Uni et bien au-delà. Pour la première fois, le lien direct entre pollution de l’air et mortalité de masse est établi de manière irréfutable. Le gouvernement britannique, d’abord hésitant, est contraint d’agir face à la polémique et à la pression publique. Un comité sur la pollution atmosphérique est créé, présidé par l’industriel Sir Hugh Beaver. Son rapport, publié un an plus tard, mène au vote du « Clean Air Act » en 1956. Cette loi pionnière, visant à contrôler les émissions de fumées, instaure des zones de contrôle et promeut des combustibles moins polluants. Le retentissement international est immense : par crainte de subir un sort similaire, de nombreux pays industrialisés s’inspireront de la législation britannique pour élaborer leurs propres politiques de lutte contre la pollution de l’air. Cet épisode tragique a ainsi ouvert la voie à une prise en compte progressive des enjeux de santé environnementale.
Un documentaire pour interroger le présent
S’appuyant sur des images d’archives saisissantes et les témoignages de chercheurs, d’historiens et de Londoniens ayant vécu l’événement, le film de Pierre Sainteny ne se contente pas de raconter cette histoire passée. Il met en lumière les poisons responsables, comme le dioxyde de soufre et le monoxyde de carbone, et interroge les progrès accomplis depuis plus de 70 ans. Le documentaire souligne une réalité préoccupante : alors que la décarbonation est devenue un impératif, la consommation mondiale de charbon, à l’origine du drame de 1952, ne diminue toujours pas. Cette œuvre coproduite par 13PRODS, Via Découvertes Films et ARTE France rappelle ainsi que les leçons du passé restent d’une brûlante actualité.
Diffusions et sélections en festival
Outre sa diffusion ce soir sur Arte, le film « Et Londres disparut dans le brouillard » connaît déjà une reconnaissance dans plusieurs festivals. Il sera présenté en compétition officielle « Terre(s) d’Histoire » au FIGRA (Festival international du grand reportage d’actualité et du documentaire de société) à Douai, le 3 avril prochain (plus d’informations sur le site du festival : https://www.figra.fr). Le documentaire est également sélectionné au Festival du Film Vert, avec des projections prévues le 12 mars à Chamonix, le 14 mars à Porrentruy (Suisse) et le 20 mars à Moutier (Suisse) (programme complet sur : https://www.festivaldufilmvert.ch).