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PARIS : Dette publique – Face à un endettement record…

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PARIS : Dette publique – Face à un endettement record, l’UDR propose un plan de rupture

Alors que la dette française atteint un nouveau sommet, l’UDR d’Éric Ciotti présente un programme économique de rupture radicale.

La situation des finances publiques françaises continue de se dégrader, plaçant le pays dans une position de plus en plus précaire au sein de la zone euro. Selon les derniers chiffres publiés par l’INSEE, la dette publique a atteint un nouveau record au premier trimestre 2026, s’établissant à 3 536,1 milliards d’euros, soit 117,5 % du Produit Intérieur Brut (PIB).

Ce niveau d’endettement fait de la France une exception notable en Europe. Contrairement à des pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne, qui ont engagé des réformes structurelles pour assainir leurs comptes publics après la crise sanitaire, l’Hexagone est le seul État de la zone euro à ne pas avoir réussi à inverser la tendance et à réduire son ratio de dette depuis la fin de la pandémie de Covid-19.

Un fardeau financier équivalent aux budgets régaliens

Le constat de la Cour des comptes, dans un rapport récent, est sans appel : la France vit structurellement au-dessus de ses moyens. Malgré une pression fiscale parmi les plus élevées d’Europe, l’État finance une part croissante de ses dépenses courantes par l’emprunt. Cette spirale a des conséquences directes et massives : la charge de la dette, c’est-à-dire les intérêts versés aux créanciers, devrait dépasser 77 milliards d’euros pour la seule année 2026. Ce montant colossal est désormais comparable aux budgets alloués à des ministères clés comme l’Éducation nationale ou la Défense.

Face à cette urgence financière, l’Union des droites pour la République (UDR), présidée par Éric Ciotti, a présenté un programme économique visant une refonte profonde du modèle français.

Le projet de l’UDR : une thérapie de choc libérale

Le plan de l’UDR se veut une réponse radicale à ce qu’il qualifie d’« État obèse » et de « fiscalité confiscatoire ». Il ambitionne de générer 200 milliards d’euros d’économies et de recettes nouvelles, avec pour objectif de relancer la croissance à hauteur de 40 milliards d’euros. Le cœur du projet réside dans une simplification drastique de l’appareil d’État, qui devrait permettre d’économiser 120 milliards d’euros, complétés par une réduction des dépenses sociales et une lutte accrue contre la fraude.

Parmi les mesures phares proposées figurent :

• Une réorganisation territoriale avec la création de provinces se substituant aux départements, régions et métropoles actuels.

• Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite.

• La suppression d’un tiers des agences de l’État.

• Une réforme fiscale d’envergure avec l’abolition de la CSG et de la CRDS sur les salaires, la mise en place de trois taux uniques pour l’impôt sur le revenu (0 %, 5 %, 20 %), la suppression de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) et une exonération des droits de succession jusqu’à un million d’euros par enfant.

• La fin de la durée légale unique du temps de travail et l’introduction d’un volet de capitalisation obligatoire dans le système de retraites.

Des angles morts et des questions en suspens

Si le programme se veut cohérent dans sa philosophie libérale, certains points soulèvent des interrogations. La proposition de créer 100 zones franches industrielles, bénéficiant d’une fiscalité et de charges allégées, interroge sur sa pertinence. Cette politique d’exception territoriale, déjà expérimentée en France depuis plusieurs décennies avec des résultats mitigés, pose la question de son extension : pourquoi ne pas appliquer ces conditions avantageuses à l’ensemble du territoire plutôt que de créer des enclaves ?

De même, la proposition de diviser par deux le budget de l’audiovisuel public est perçue par certains analystes comme une demi-mesure, alors que des économistes prônent une privatisation quasi-totale, à l’exception d’une unique chaîne institutionnelle.

En proposant une thérapie de choc, l’UDR se démarque nettement dans le paysage politique français. Son projet dessine une trajectoire claire de réduction du poids de l’État et de libération de l’économie. Toutefois, des zones d’ombre demeurent, laissant le programme inachevé aux yeux de certains observateurs. Dans un contexte de dette abyssale et alors que ses voisins européens ont déjà opéré des ajustements, la France semble au pied du mur, confrontée à des choix qui ne pourront plus être différés.

Bernard BERTUCCO VAN DAMME via Presse Agence.