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PARIS : Dépendance amoureuse et peur de l’engagemen…

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Floriane Dumont
5 Déc 2023

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PARIS : Dépendance amoureuse et peur de l’engagement, le spécialiste Pierre Nantas nous explique

De manière paradoxale, la dépendance amoureuse s’accompagne souvent de la peur de l’engagement dans une tentative de relations et donc d’un échec de celle-ci.

Les relations du dépendant affectif sont souvent déséquilibrées : la personne s’efface au contact de l’autre, fusionne même, et s’enferme dans la relation comme si c’était son seul moyen d’exister. À ce moment-là, l’attachement à l’autre ne se forme pas à travers le partage mais à travers la peur de l’abandon.

Les personnes borderline souffrent de problématiques relationnelles telles que la dépendance affective, la peur de l’engagement, le maintien d’une relation avec les personnes toxiques, la quête éperdue de l’âme sœur, un sentiment d’imposture ou de solitude, voire de difficultés sexuelles … Qu’il se manifeste au sein du couple, en famille ou en société, leur rapport aux autres est complexe, parfois dysfonctionnel.

Les raisons de la peur de l’engagement

Ces situations ou ces symptômes sont presque toujours liés à un attachement insécure pendant la petite enfance associé à des traumatismes du passé et à une incapacité des parents à reconnaître ou accueillir les émotions ou la douleur de leur enfant.

Devenu adulte, après un ou plusieurs échecs amoureux, la peur de souffrir à nouveau empêche la personne de démarrer une nouvelle relation. Elle « butine », ne considère souvent que l’aspect sexuel de la relation et privilégie les rencontres, les « coups » d’un soir. Parfois même, certains choisissent de mettre un point final à toute relation intime allant jusqu’à faire une croix sur le sexe. Ces personnes ne sont plus « au contact » avec le contexte.

La peur de souffrir

Inhibé « tête, corps et cœur » l’indépendant affectif, est généralement totalement inconscient des vraies raisons pour lesquels il ne s’attache plus à personne. Il ne souffre pas puisqu’il n’entre plus en relation. Cependant il peut faire souffrir une partenaire dépendante affective en lui laissant croire qu’il veut être en couple alors qu’il ne veut que du sexe ou juste ne pas être seul.

Un passé douloureux

Quand on évoque la peur de s’engager, très souvent c’est à la vie sentimentale (le cœur) que l’on pense. Que se cache-t-il derrière cette peur de l’engagement ? Il n’y a pas une seule et unique explication. Les origines peuvent être diverses. Le vécu de la personne, notamment pendant sa petite enfance (divorce, séparations, infidélités, tromperies au sein du couple parental…) ou à l’adolescence (flirts, échecs amoureux, trahisons…) sont très souvent évoqués. Ce vécu a structuré des schémas précoces inadaptés générateurs de pensée automatique qui dictent qu’il ne faut plus prendre de risques inutiles pour éviter la déception, le sentiment non partagé, l’indifférence, le rejet ou l’abandon.

Le manque de confiance en soi-même.

Quatre croyances invalidantes se sont installées pendant l’enfance, à une période où on ne peut que subir un contexte imposé par les adultes.

1- La peur de se tromper, de déplaire provoquent de la difficulté à décider

Il existe différentes causes à l’ambivalence. Il peut s’agir de la peur de l’échec mais ou comment être sûr de faire le bon choix et de ne pas se tromper, de n’avoir pas ensuite à regretter, pris de regrets et de remords. Le perfectionniste, le schéma des exigences élevées s’accompagne d’une recherche de l’idéal et la perfection en tout, pour soi mais aussi pour l’autre. La peur du futur est alimentée par les souvenirs d’un passé douloureux à tel point qu’on oublie souvent de vivre le présent.

2- La peur de prendre des responsabilités

Le mot « responsabilité » implique la prise de risque dans le temps. La personne se sent comme étouffée, écrasée. Impactée par un vécu de trahison ou d’abus, elle oublie qu’elle pourrait se faire confiance et faire confiance en l’autre.

3- La peur de perdre sa liberté, son confort…

Il est intéressant pour les personnes qui craignent de s’engager en amour, de faire le point sur la façon qu’elles ont de vivre leur liberté. Que font-elles de leur liberté pour s’épanouir et se réaliser ? Rencontrer une personne nouvelle n’implique pas d’oublier son monde pour entrer dans le sien. C’est ici les schéma d’abnégation et d’assujettissement qui sont à l’œuvre.

4- Le paradoxe ultime : la peur de réussir

La peur du changement, de la nouveauté qui va se présenter, et donc des incertitudes qui devront à nouveau être gérées. Réussir, c’est goûter au plaisir de l’accomplissement, du bonheur et de la satisfaction d’un moment. Cette opportunité peut être largement impactée par la peur de l’échec, ou de transgresser l’injonction parentale qui est de faire son devoir avant de prendre son plaisir.

La thérapie des schémas de Jeffrey Young, une solution pour prendre le pouvoir sur son avenir
Issue de la gestalt thérapie et de la TCC, la thérapie des schémas permet aux personnes qui ont soufferts des traumatismes invalidants de trouver ou de retrouver la confiance en soi qui sera le fondement d’une liberté de décider de sa vie en éliminant les croyances invalidantes.

A propos de Pierre Nantas

Pierre Nantas est psychothérapeute, spécialisé dans l’accompagnement des personnes borderline et de la souffrance au travail. Il est l’auteur de quatre ouvrages :

– La bienveillance, quand elle s’invite en psychothérapie
– Changer de vie, « yes you can » (co-écrit avec J.A.Pinçon)
– Le système borderline, histoires de familles. (co-écrit avec le Dr P.Menu)
– Faire face au trouble de la personnalité borderline (co-écrit Manon Beaudoin)