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PARIS : Denis Fraval-Olivier : « La sauvegarde ne peut être une police d’assurance qui s’étend à l’infini »
À l’approche de la Journée mondiale de la sauvegarde, un expert de Cloudera alerte sur les coûts d’une protection des données sans stratégie.
À quelques jours de la Journée mondiale de la sauvegarde, qui se tiendra le 31 mars, la question de la protection des données n’a jamais été aussi cruciale. Dans un contexte de croissance exponentielle des volumes d’informations, les entreprises font face à une pression inédite. Pour Denis Fraval-Olivier, Senior Director, Sales Engineering EMEA chez Cloudera, l’heure n’est plus à la simple accumulation de copies de sécurité, mais à une approche stratégique où la résilience des données devient un enjeu économique majeur, intrinsèquement lié à l’essor de l’intelligence artificielle (IA).
Un enjeu économique au-delà de la simple technique
L’ère du « tout sauvegarder » est révolue. Selon l’expert, la véritable question n’est plus de savoir si les entreprises sauvegardent davantage, mais si ces investissements améliorent leur résilience de manière économiquement viable.
« La croissance actuelle du volume de données exerce une pression croissante sur la continuité d’activité, la protection et la gouvernance des données, et les coûts liés à leur conservation », souligne Denis Fraval-Olivier.
La sauvegarde ne doit plus être perçue comme un simple filet de sécurité technique, mais comme un levier de performance économique. Il met en garde contre une vision passive de la protection des données. « La sauvegarde ne peut être considérée comme une police d’assurance qui s’étend simplement à l’infini », affirme-t-il.
Sans une gestion rigoureuse, cette prétendue sécurité se transforme rapidement en gouffre financier, alourdissant les dépenses en stockage, en opérations et en mise en conformité réglementaire.
Le piège des données redondantes et obsolètes
Le principal danger d’une stratégie de sauvegarde indifférenciée est de se retrouver à protéger et à payer pour des actifs numériques sans valeur.
« Sans politiques de rétention claires et sans gouvernance solide, les programmes de résilience des données deviennent un fardeau financier, lourds sur le plan opérationnel et plus difficiles à justifier », précise Denis Fraval-Olivier. La multiplication des copies et des contrôles sans discernement est une impasse.
Il s’agit avant tout d’éviter de conserver des informations inutiles. L’expert insiste sur la nécessité de prendre des « décisions réfléchies et encadrées afin que les organisations évitent de se retrouver avec une facture sans cesse croissante pour des données redondantes, obsolètes, insignifiantes ou tout simplement inconnues ».
À cela s’ajoute un impératif de conformité, car il faut également écarter les données « qu’il ne faut pas conserver pour se conformer aux réglementations ».
Gouvernance et IA : le duo gagnant de la résilience
La solution réside dans une approche intelligente et sélective.
Pour Denis Fraval-Olivier, « la priorité doit être de protéger les bonnes données, où qu’elles se trouvent et au bon niveau, afin de garantir une reprise efficace en cas d’incident ».
Cette sélectivité est d’autant plus critique à l’heure de l’intelligence artificielle, où la qualité et la pertinence des données conditionnent directement la fiabilité des modèles. Chaque ensemble de données sauvegardé a un impact non seulement sur les coûts, mais aussi sur la « qualité de l’IA ».
Dans cette nouvelle économie de la donnée, la gouvernance et la traçabilité deviennent les piliers d’une résilience efficace.
« La gouvernance et la traçabilité sont les mécanismes qui optimisent les dépenses de sauvegarde, raccourcissent les délais de restauration et améliorent la fiabilité de l’IA », conclut-il.
C’est à cette condition que les entreprises cesseront de « payer des prix exorbitants pour protéger des données qu’elles ne comprenaient pas, dont elles n’avaient pas besoin ou qu’elles n’auraient pas dû conserver en premier lieu ».


