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PARIS : David CLUZEAU : « Il faut s’appuyer sur l’Éducation populaire pour sécuriser le périscolaire »

Après les révélations sur les défaillances du périscolaire, Hexopée propose de confier son encadrement aux associations d’Éducation populaire.

Les récentes images diffusées par le magazine « Cash Investigation », mettant en lumière de graves manquements à la sécurité dans le secteur du périscolaire parisien, ont provoqué une vive émotion et une inquiétude légitime chez de nombreux parents. Au-delà du choc, ce reportage soulève une question structurelle : comment assurer un accueil sécurisé et de qualité pour les milliers d’enfants pris en charge chaque jour avant et après l’école ? Face à ce défi majeur, des acteurs du secteur associatif appellent à repenser en profondeur le modèle actuel, jugeant les réponses ponctuelles insuffisantes.

Dépasser une logique de sanctions pour une solution durable

Pour David Cluzeau, délégué général d’Hexopée, organisation représentative des employeurs associatifs, l’indignation ne doit pas se limiter à des sanctions au cas par cas. Il estime que cette approche réactive, bien que nécessaire, ne traite que les symptômes d’un mal plus profond. « Plutôt que de naviguer de crise en crise, il est impératif de regarder les solutions structurelles qui existent », souligne-t-il en substance. L’enjeu, selon lui, est de sortir de l’urgence pour bâtir un système pérenne, doté de garde-fous solides et d’une véritable ambition éducative. Il s’agit de garantir une sécurité constante et non de réagir après chaque incident médiatisé.

L’expertise des associations d’Éducation populaire

La solution préconisée par Hexopée consiste à s’appuyer davantage sur les réseaux d’associations d’Éducation populaire pour organiser et encadrer les temps périscolaires. Ces structures, dont la mission historique est l’éducation et l’émancipation des individus en dehors du cadre scolaire, possèdent une expertise et des garanties souvent inégalées. Leur objet social n’est pas la simple surveillance, mais bien l’accompagnement des enfants dans leur développement, la promotion de la citoyenneté et l’apprentissage du vivre-ensemble.

Ces associations apportent une culture éducative formalisée à travers des projets pédagogiques clairs et cohérents. Elles disposent de filières de formation reconnues pour leurs animateurs, assurant ainsi un niveau de qualification et de compétences professionnelles. L’encadrement y est également plus structuré et inscrit dans la durée, ce qui favorise la stabilité des équipes, un suivi rigoureux et une meilleure continuité dans la relation avec les enfants et les familles. Cet ancrage, souvent au plus près des territoires, leur confère une connaissance fine des contextes locaux.

Un appel à la co-construction entre collectivités et associations

David Cluzeau lance ainsi un appel à la co-construction entre les pouvoirs publics locaux et le secteur associatif. Il ne s’agit pas de déposséder les municipalités de leurs prérogatives, mais de les encourager à généraliser des partenariats solides en déléguant l’organisation de ces services à des experts reconnus. Dans ce modèle, la collectivité fixe le cahier des charges, contrôle la qualité et assure le financement, tandis que l’association apporte son savoir-faire opérationnel, pédagogique et en gestion des ressources humaines.

En systématisant ce recours aux associations d’Éducation populaire, les communes se doteraient d’un levier puissant pour sécuriser durablement le temps périscolaire, le transformant d’une simple garderie en un véritable espace d’épanouissement et d’apprentissage pour tous les enfants. Une démarche qui vise à restaurer la confiance et à placer la sécurité et le bien-être des plus jeunes au cœur des politiques publiques.