PARIS : David CARARON : « Un chantier en activité exige un…
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PARIS : David CARARON : « Un chantier en activité exige un recyclage en temps réel »
La rénovation de sites occupés explose, mais la gestion des déchets reste le parent pauvre, bridant la performance et les ambitions écologiques.
Alors que la rénovation énergétique, la transformation des usages et l’adaptation du bâti existant multiplient les chantiers en site occupé, un enjeu majeur reste trop souvent ignoré : la gestion des déchets. Dans une tribune transmise à Presse Agence, David Cararon, Directeur réseau chez Ostreya Big Bag, spécialiste des solutions de collecte et de tri, alerte sur l’inadéquation des pratiques actuelles face aux nouvelles exigences réglementaires et sociétales.
Les limites d’un modèle dépassé
Bureaux, hôtels, commerces, établissements recevant du public : la continuité de l’activité pendant les travaux est devenue la norme. Pourtant, sur le terrain, la gestion des déchets de chantier reste figée dans un modèle ancien. « D’un côté, les acteurs du bâtiment affichent des engagements environnementaux ambitieux. De l’autre, les pratiques restent largement héritées d’un modèle ancien : petites bennes, mélange des flux, tri repoussé en bout de chaîne, lorsqu’il existe », constate David Cararon.
En site occupé, ce système montre rapidement ses faiblesses. L’encombrement des bennes, les nuisances sonores et visuelles, ainsi que les contraintes de sécurité complexifient l’organisation. Surtout, cette approche rend quasi impossible un tri efficace à la source, pourtant essentiel pour une valorisation optimale des matériaux. Pour l’expert, le déchet, mal géré, devient un angle mort dans l’organisation du chantier, alors qu’il devrait en être un indicateur de performance. Attendre la fin des travaux pour se préoccuper du recyclage n’est plus une option viable.
L’exemple d’une rénovation réussie
Pour illustrer son propos, David Cararon cite le cas concret de la rénovation du restaurant d’entreprise d’une maison de luxe, réalisée sans interruption de service. L’environnement particulièrement contraint rendait impossible l’installation de bennes classiques et exigeait un niveau de contrôle, de traçabilité et de reporting des flux extrêmement élevé.
Face à ce défi, la gestion des déchets a été intégrée comme une composante à part entière du chantier, dès sa conception. Une station de tri mobile a été installée au plus près des zones de travaux, permettant un tri immédiat malgré l’espace restreint et l’activité maintenue. Une organisation rigoureuse des flux, une sensibilisation des équipes et des collectes adaptées au rythme du chantier ont rendu le dispositif lisible et parfaitement opérationnel au quotidien.
Des gains mesurables à tous les niveaux
Les résultats de cette approche intégrée ont été spectaculaires et ont dépassé les attentes initiales. Le gain de productivité a été le plus marquant : « La phase de curage, initialement prévue sur deux semaines, a été réalisée en quatre jours », souligne David Cararon. La proximité du point de tri a drastiquement limité les allers-retours des ouvriers vers une benne extérieure, fluidifiant leurs gestes et réduisant la manutention de sacs lourds, un facteur clé dans la prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS).
Sur le plan environnemental, le bilan est tout aussi positif. Le chantier a atteint un taux de valorisation de 84 % de ses déchets, bien au-delà de l’objectif fixé à 80 %. La traçabilité a été complète, documentée par des registres, des photos et des reportings réguliers, garantissant une transparence totale sans jamais perturber l’exploitation du site.
Au-delà de l’outil, un changement de regard
Cette expérience démontre que des solutions modulaires, comme les contenants de type big bags, sont particulièrement adaptées. Elles permettent un tri dès la production du déchet, réduisent l’encombrement et limitent les nuisances, à condition de s’inscrire dans une organisation globale.
Mais au-delà de l’équipement, c’est un changement de mentalité qui est nécessaire. « Le déchet n’est plus un simple résidu à évacuer, mais un sujet de chantier à part entière, révélateur de la cohérence entre discours RSE et réalité opérationnelle », insiste David Cararon. Un chantier en site occupé est une vitrine visible par les employés, les clients et les partenaires. Sa propreté et son organisation incarnent concrètement les engagements d’une entreprise.
La question n’est donc plus de savoir s’il est possible de concilier rénovation, continuité d’activité et recyclage performant. Pour David Cararon, la conclusion est sans appel : « Les solutions existent, les filières sont là. En site occupé, plus qu’ailleurs, le recyclage ne peut plus attendre la fin des travaux ».