Skip to main content

PARIS : Danielle SIMONNET : « Notre devoir de mémoire sur…

Print Friendly, PDF & Email
Floriane Dumont
8 Mai 2024

Partager :

PARIS : Danielle SIMONNET : « Notre devoir de mémoire sur l’autre 8 mai 45 »

En cette veille de la journée de commémoration du 8 mai 1945, nous avons décidé de constituer un groupe de travail dont l’objectif est que soient enfin officiellement reconnus les massacres commis en Algérie à Sétif, Guelma et Kherrata le 8 mai 1945, que l’accès total aux archives puisse être assuré aux historiens et que ces évènements soient intégrés aux programmes d’histoire afin d’en faciliter la transmission en respect de notre devoir de mémoire.

Le 8 mai 1945, alors que le peuple français fêtait l’armistice, la paix retrouvée et la victoire sur le nazisme, commençaient en Algérie, à Sétif mais aussi à Guelma et Kherrata, des répressions sanglantes de manifestations nationalistes, indépendantistes et anti-colonialistes.

L’armée française et de nombreuses milices coloniales, composées de civils d’origine européenne, ont alors fait régner la terreur pour rétablir l’ordre colonial et défendre l’Algérie française. Si le nombre des victimes algériennes, officiellement toutes françaises à l’époque mais qui ne l’étaient pas en fait et en droit, est difficile à établir, car encore sujet à débat presque 80 ans plus tard, le gouvernement algérien avance le nombre de 45 000 morts et les travaux de la très grande majorité des historiens français attestent d’un bilan d’au moins de dizaines de milliers de victimes arrêtées, torturées et exécutées sommairement.

Ces crimes n’ont jusqu’alors jamais été reconnus par l’Etat français, hormis un ambassadeur qui les avait qualifiés de « tragédie inexcusable ». Il est grand temps d’aller plus loin. Cet autre 8 mai 1945, doit enfin trouver une place dans notre mémoire collective.

Notre groupe de travail s’engage à organiser des auditions des associations impliquées dans la bataille pour la reconnaissance de ces crimes, des chercheurs engagés par leurs travaux sur ces évènements.

Notre groupe de travail porte l’ambition d’installer ce débat et prendra des initiatives tels qu’un colloque, des réunions publiques et déplacements en Algérie à Sétif, Guelma et Kherrata. Il souhaite à l’issue de ses travaux être en capacité de porter, début 2025, une proposition de loi commune pour la reconnaissance de l’Autre 8 mai 1945, pour leur commémoration 80 ans après.