PARIS : Damien BARBOSA : « L’électrification seule ne…
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PARIS : Damien BARBOSA : « L’électrification seule ne résoudra pas la précarité énergétique »
Alors que le Gouvernement mise sur les pompes à chaleur, le réseau Cler alerte : sans rénovation globale, la précarité énergétique persistera.
Le Gouvernement s’apprête à dévoiler son plan d’électrification des usages, une stratégie conçue pour répondre à la crise énergétique et réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles. Au cœur de ce dispositif pour le logement figure un objectif ambitieux : l’installation de 850 000 pompes à chaleur par an d’ici à 2030. Si le réseau Cler, acteur historique de la transition énergétique, salue l’intention de remplacer les systèmes de chauffage carbonés par des solutions renouvelables, il met fermement en garde contre une approche jugée incomplète. Pour l’association, cette électrification massive, si elle n’est pas couplée à une politique de rénovation d’ampleur, manquera sa cible principale : améliorer durablement les conditions de vie des Français et faire reculer la précarité énergétique.
L’éradication des passoires thermiques, une priorité absolue
Le réseau Cler estime que le plan gouvernemental risque de passer à côté de l’essentiel. Installer une pompe à chaleur, même performante, dans une habitation mal isolée revient à « chauffer la rue », sans garantir un confort thermique adéquat ni une baisse significative des factures. Le problème de fond reste entier : les déperditions de chaleur des logements qualifiés de « passoires thermiques ».
« La nouvelle crise énergétique que nous traversons révèle une fois de plus des problématiques préexistantes en matière de précarité énergétique. Pour y répondre, le gouvernement doit coupler sortie des énergies fossiles et amélioration des conditions de vie en s’attaquant prioritairement à l’éradication des passoires thermiques », analyse Damien Barbosa, porte-parole rénovation énergétique au réseau Cler.
Pour lui, la simple substitution d’une chaudière au fioul ou au gaz par une pompe à chaleur ne suffit pas à sortir les ménages de l’inconfort et de la vulnérabilité économique.
Vers une rénovation performante et globale
Face à cette vision, le réseau Cler défend le principe d’une rénovation énergétique performante, qu’elle soit réalisée en une seule fois ou par étapes cohérentes. Cette approche globale ne se contente pas de changer le système de chauffage, mais traite l’ensemble des points faibles du bâtiment. Elle inclut des travaux essentiels comme l’isolation des murs, des combles et des planchers, le remplacement des fenêtres par du double ou triple vitrage, ainsi que la mise en place d’un système de ventilation efficace pour garantir un air sain.
Les bénéfices d’une telle démarche sont multiples : une réduction drastique et pérenne des factures d’énergie, une diminution des émissions de gaz à effet de serre, mais surtout, la fin de l’inconfort thermique (humidité, sensation de froid, surchauffe en été, moisissures) et de ses conséquences néfastes sur la santé des occupants.
Des demandes budgétaires et réglementaires claires
Pour transformer cette vision en réalité, le réseau Cler formule des demandes précises au Gouvernement. L’association appelle à une augmentation significative de l’enveloppe budgétaire allouée au dispositif MaPrimeRénov’ pour les rénovations d’ampleur, avec un rehaussement des plafonds d’aides pour retrouver les niveaux plus incitatifs de 2024. L’objectif chiffré est de permettre la rénovation complète de 400 000 logements d’ici à 2030. De manière plus radicale, le réseau demande de conditionner les aides publiques et de mettre fin aux subventions pour la seule installation d’une pompe à chaleur dans une passoire thermique, lorsque celle-ci n’est pas accompagnée d’autres gestes de travaux essentiels.
Le réseau Cler, 40 ans d’engagement pour la transition
Fort de son expertise, le réseau Cler, qui a célébré son quarantième anniversaire en 2024, s’est imposé comme un interlocuteur clé des politiques énergétiques en France. L’association œuvre sur le terrain à travers des programmes concrets, comme le dispositif Slime, reconduit jusqu’en 2027, qui vise à repérer et accompagner les ménages en situation de précarité énergétique. Son engagement se traduit également par la formation des élus locaux, en partenariat avec l’Association des maires ruraux de France, pour les aider à s’approprier les enjeux des énergies renouvelables sur leurs territoires.
Avec une équipe renforcée et une nouvelle structuration autour de sa filiale Cler solutions, le réseau entend démultiplier son impact pour accélérer une transition énergétique qu’il veut avant tout juste, solidaire et efficace.

