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PARIS : Culture – La Fondation Jean-Jaurès appelle à un sursaut démocratique face à la censure

La Fondation Jean-Jaurès publie ce lundi une note alarmante sur la recrudescence de la censure et exhorte l’État à blinder juridiquement la liberté de création.

À quelques mois des élections municipales, le constat dressé par l’Observatoire de la culture de la Fondation Jean-Jaurès est sombre. Dans une note collective dévoilée ce lundi 19 janvier 2026, intitulée « Liberté de création et démocratie », le think tank tire la sonnette d’alarme. Porté par la sénatrice et vice-présidente du Sénat Sylvie Robert, ce document pointe une multiplication inquiétante des entraves à la culture, allant de l’annulation pure et simple de spectacles au vandalisme d’œuvres, en passant par des coupes budgétaires punitives.

Une offensive idéologique coordonnée

Si la loi « Liberté de création, architecture et patrimoine » (LCAP) de 2016 avait juridiquement consacré la liberté de création, la réalité du terrain semble avoir rattrapé le droit. La Fondation décrit une érosion continue de ces principes, exacerbée par un climat de polarisation politique. Musique, spectacle vivant, littérature ou arts visuels : aucun secteur n’est épargné par ce que les auteurs qualifient d’« offensive idéologique ».

Selon la note, ces attaques ne sont plus des incidents isolés mais visent désormais à « restreindre le champ du pensable, du visible et du débattable ». Au-delà des interdictions frontales, le rapport met en lumière des mécanismes plus pernicieux comme l’autocensure des artistes ou les pressions exercées sur les structures culturelles via le levier des subventions.

Un changement de paradigme pour l’État

Face à cette « dévitalisation du débat public », la Fondation Jean-Jaurès plaide pour une transformation radicale de la posture de l’État. Il ne s’agit plus d’être un observateur passif, mais de devenir un garant actif. Pour ce faire, la note préconise une coopération interministérielle inédite impliquant la Culture, la Justice et l’Intérieur.

L’une des propositions phares réside dans l’adoption d’une « charte nationale de la liberté de création ». Ce texte serait opposable non seulement à l’État, mais aussi aux collectivités territoriales, verrouillant ainsi l’indépendance des programmations artistiques face aux alternances politiques locales. Le rapport insiste également sur la nécessité de mieux former les préfets pour éviter que la notion de « trouble à l’ordre public » ne soit dévoyée pour justifier des annulations de complaisance.

Durcir la loi et protéger les professionnels

Sur le plan législatif, Sylvie Robert et les co-signataires recommandent de donner plus de mordant à la loi LCAP. L’objectif est de faciliter la caractérisation pénale des entraves à la création et d’alourdir les sanctions pour les rendre véritablement dissuasives.

Enfin, pour protéger les fusibles que sont souvent les directeurs de théâtres ou de festivals, la Fondation propose la création d’un véritable « statut du programmateur ». Cette mesure vise à sécuriser ces professionnels contre les ingérences politiques et les campagnes de dénigrement.

En conclusion, la Fondation rappelle que la défense de la création dépasse le cadre corporatiste : « Protéger celles et ceux qui créent, diffusent et programment librement, c’est préserver la vitalité du débat public ». Un avertissement qui résonne avec force en cette année électorale.