PARIS : Crise des engrais – Le Gouvernement débloque…
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PARIS : Crise des engrais – Le Gouvernement débloque une aide d’urgence et vise la souveraineté
Face à la flambée des prix, l’État annonce une aide pouvant atteindre 145 millions d’euros pour les agriculteurs et un plan stratégique à long terme.
Le Gouvernement a dévoilé ce jeudi un double plan pour répondre à la crise des engrais azotés, dont les prix ont explosé suite aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, et Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie, ont présenté une aide d’urgence pour la campagne agricole 2027 ainsi qu’une stratégie visant à renforcer la souveraineté industrielle et alimentaire de la France.
Un soutien financier immédiat pour les exploitations
Considérés comme indispensables à la productivité agricole, les engrais représentent un coût majeur qui fragilise de nombreuses exploitations, notamment dans le secteur des grandes cultures, déjà affecté par plusieurs années déficitaires et un épisode caniculaire extrême en 2026. Pour éviter une mise en péril des prochaines récoltes, un guichet d’aide exceptionnel est mis en place.
Suite à une demande de la France et d’autres États membres, la Commission européenne a débloqué le 1er juillet dernier la réserve de crise communautaire, allouant 107 millions d’euros aux agriculteurs français. Cette enveloppe pourra être complétée par des crédits nationaux pour atteindre un montant total de 145 millions d’euros.
Le dispositif se veut simple et rapide : une aide de 50 euros par tonne d’engrais azotés simples sera versée à tous les agriculteurs, plafonnée à la moitié de leur consommation de 2025. Ce montant sera porté à 70 euros par tonne pour les exploitations où les engrais représentent plus de 10 % des charges. L’aide s’appliquera aux achats réalisés entre le 1er juin et le 30 septembre 2026, date à laquelle un bilan sera effectué. L’objectif est de sécuriser les approvisionnements et de préserver les capacités de production nationales.
Une stratégie de long terme pour la souveraineté
Au-delà de cette mesure conjoncturelle, le Gouvernement engage une stratégie de fond pour réduire la dépendance de la France aux importations. Ce plan s’articule autour de trois axes principaux. Le premier vise à optimiser l’utilisation des engrais, avec des objectifs chiffrés comme la réduction de 20 % du surplus brut d’azote et l’augmentation des surfaces de légumineuses à 2,7 millions d’hectares d’ici 2030.
Le deuxième axe se concentre sur le développement des alternatives organiques, en favorisant une meilleure valorisation des effluents d’élevage. Le troisième pilier, et non des moindres, ambitionne de relocaliser et décarboner la production. Un programme d’investissement industriel de 2 milliards d’euros sur dix ans, soutenu par l’État à hauteur de 620 millions d’euros, doit permettre d’augmenter de 20 % la production nationale d’engrais azotés d’ici 2032.
Préserver la compétitivité de la filière industrielle
Pour accompagner cette transition, le Gouvernement a annoncé des mesures de soutien à la compétitivité des producteurs français. Ceux-ci bénéficieront exceptionnellement en 2026 de la compensation carbone indirecte (CCO₂) pour limiter l’impact du coût du CO₂ sur leurs factures d’électricité. Par ailleurs, la France plaide auprès de la Commission européenne pour une adaptation de la trajectoire du marché carbone européen (ETS), afin de concilier décarbonation et compétitivité industrielle.
« Les agriculteurs ne doivent pas être laissés seuls face à l’envolée du coût des engrais et face à nos dépendances, et ils ne le seront pas », a déclaré Annie Genevard, ministre de l’Agriculture.
« Avec ce dispositif exceptionnel, nous apportons une réponse concrète aux exploitations agricoles afin de préserver leur trésorerie, leur capacité à produire et, au-delà, notre souveraineté alimentaire ».
« Les crises récentes ont montré qu’une nation qui ne produit plus dépend des décisions des autres. Les engrais sont indispensables à notre agriculture et relèvent pleinement de notre souveraineté alimentaire et industrielle », a ajouté Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie.
« Produire davantage en France, c’est protéger nos agriculteurs et préparer l’avenir ».
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).


