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PARIS : Contre-Feu, « quand l’industrie utilise l’UE pour influencer les politiques de santé dans le monde »

Quand l’industrie utilise l’UE pour influencer les politiques de santé dans le monde.

Un nouveau rapport révélateur publié par Contre-Feu et STOP montre comment Philip Morris International (PMI) et d’autres grands fabricants de tabac utilisent l’Union européenne comme plateforme stratégique pour influencer la politique en matière de tabac, non seulement en Europe, mais aussi dans le monde entier.

Voici les principales conclusions :

·         Malgré la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) – un traité ratifié par l’UE qui exige de ses parties qu’elles excluent l’industrie du tabac de l’élaboration des politiques et qu’elles limitent leurs interactions au strict nécessaire, dans une transparence totale – les fabricants de cigarettes ont l’oreille de l’UE grâce à un discours trompeur sur la « réduction des risques liés au tabac ». Confrontée à des preuves scientifiques accablantes des méfaits du tabac, l’industrie s’est réinventée en développant de nouveaux produits (tabac chauffé, cigarettes électroniques, sachets de nicotine, etc.) présentés comme une « meilleure » alternative aux cigarettes classiques. Grâce à son tabac chauffé IQOS, PMI se présente comme un leader dans la réduction des risques liés au tabac.

·         Entre 2023 et 2025, l’industrie du tabac, en particulier PMI, a tenu plus de 250 réunions avec des décideurs politiques de l’UE et a misé sur des prises de contacts non déclarées au sein des institutions européennes pour défendre ses intérêts. Alors que la Commission n’a officiellement signalé que cinq réunions avec les grands fabricants de tabac pendant cette période, nos ONG ont compté de nombreuses autres interactions.

·         En termes de ressources, les fabricants de cigarettes ont déclaré dépenser 14 millions d’euros par an, ce qui signifie que cette industrie mortelle a augmenté son budget de lobbying auprès de l’UE de plus de 160 % au cours de la dernière décennie. En outre, 8 des 15 nouvelles organisations de lobbying promouvant la « réduction des risques liés au tabac » ont été créées au cours des trois dernières années, ce qui reflète la stratégie de l’industrie visant à commercialiser de nouveaux produits tels que le tabac chauffé et les cigarettes électroniques.

·         PMI utilise les pays avec lesquels elle entretient des liens économiques pour faire pression sur l’Union européenne afin d’affaiblir les politiques de santé publique dans le monde entier. PMI affirme avoir investi 1 milliard d’euros dans une nouvelle usine à Bologne, en Italie, et 700 millions d’euros en Grèce pour fabriquer des produits du tabac chauffé. Depuis, ces États membres ont défendu les positions de l’industrie au niveau du Conseil de l’UE.

·         Ces stratégies, qui affaiblissent, retardent et bloquent les politiques de santé en Europe, ne s’arrêtent pas à ses frontières. Contre-Feu et STOP ont dévoilé de multiples interactions supplémentaires, en particulier avec la DG TRADE (qui gère les relations commerciales de l’UE), visant à remettre en cause les mesures de lutte contre le tabagisme dans d’autres pays. L’objectif de ces rencontres ? Non seulement influencer les règles européennes, mais aussi exporter cette influence dans le monde entier. En Inde, lorsque les produits du tabac chauffé ont été interdits en 2019, PMI a demandé aux responsables commerciaux de l’UE d’intervenir, présentant cette interdiction comme une restriction à l’importation. L’entreprise a également fait pression sur l’UE pour qu’elle s’attaque aux interdictions en vigueur à Singapour, au Mexique et au Brésil, tentant d’utiliser l’influence diplomatique de l’UE pour amoindrir les politiques de santé publique locales.

Non seulement l’UE compromet les efforts européens visant à protéger les citoyens contre les méfaits du tabac et la dépendance à la nicotine sur notre continent, mais elle ne parvient pas non plus à protéger les pays non européens contre l’influence de l’industrie du tabac. Les fabricants de tabac ne se contentent pas de vendre des produits, ils façonnent les lois, contournent les réglementations et influencent la santé publique bien au-delà de leurs propres frontières.

Contre-Feu et Stop demandent à l’UE de limiter ses contacts avec l’industrie du tabac au strict minimum, de rendre publiques toutes ses interactions et de respecter pleinement ses obligations en vertu de la CCLAT de l’OMS. Ces recommandations ne doivent pas rester des règles internes ou un code de bonne conduite ; elles doivent devenir des mesures contraignantes dans les textes officiels de l’UE sur la transparence et l’accès public aux documents.

SOURCE : Contre-Feu, l’alliance contre l’industrie du tabac.