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PARIS : Consigne sur le plastique – Les associations d’élus locaux dénoncent une « privatisation de la collecte »
Les associations d’élus locaux tiendront une conférence de presse le 5 juin pour s’opposer au projet de consigne sur les bouteilles en plastique.
Un front uni des collectivités territoriales se dresse contre le projet de consigne pour recyclage des bouteilles en plastique. Les principales associations nationales d’élus locaux, dont l’Association des maires de France (AMF), Intercommunalités de France et Régions de France, convient la presse ce vendredi 5 juin 2026 à 11h00 à l’auditorium de l’AMF à Paris. L’objectif est de dénoncer une mesure jugée inefficace, contre-productive et qui menacerait le service public de gestion des déchets.
Une « fausse consigne » jugée inefficace
Pour les élus, le projet porté par les industriels de la boisson est une fausse bonne idée. Ils entendent démontrer que cette mesure, loin d’être une solution miracle, compliquerait le geste de tri pour les citoyens, déjà habitués aux systèmes de collecte sélective. Les associations estiment que ce nouveau dispositif viendrait perturber un service public qui a fait ses preuves, sans pour autant garantir une réduction de la pollution plastique à la source.
Leur argumentaire principal repose sur l’idée que la consigne ne s’attaque pas au cœur du problème : la production massive d’emballages à usage unique. Au contraire, en créant un circuit de retour dédié, elle légitimerait et pérenniserait l’usage des bouteilles en plastique, allant à l’encontre des objectifs fixés par la loi qui impose une réduction de ces emballages.
Un transfert de responsabilité au profit des industriels
Les collectivités dénoncent un dangereux transfert de responsabilité. Alors que la loi met la pression sur les producteurs pour qu’ils réduisent leurs emballages, le système de consigne leur offrirait une échappatoire. Pire, les associations y voient une opportunité pour les géants des boissons de capter une manne financière considérable via la gestion de ce nouveau flux, sans aucune garantie écologique tangible en retour.
Ce projet s’apparenterait, selon elles, à une privatisation d’une partie de la collecte des déchets, financée indirectement par le consommateur et au détriment des finances locales. Elles alertent sur le risque de fragilisation du service public existant, qui serait privé d’une part de ses ressources tout en devant continuer à gérer les autres flux de déchets.
Des solutions alternatives pour préserver le service public
Face à ce qu’elles qualifient de « fausse consigne », les associations d’élus ne se contenteront pas de critiquer. Elles prévoient de présenter des solutions concrètes et alternatives pour atteindre, et même dépasser, les objectifs européens de recyclage. Ces propositions visent à optimiser le système actuel sans alourdir la charge fiscale des contribuables et, surtout, sans démanteler un service public essentiel.
La conférence de presse, qui sera retransmise en direct sur YouTube, réunira un large éventail d’acteurs, incluant France urbaine, l’Association des Petites villes de France (APVF), l’Association Nationale des Pôles territoriaux et des Pays (ANPP), la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) ou encore le Cercle national du Recyclage (CNR), témoignant de l’ampleur de la mobilisation.
via Presse Agence.