Passer au contenu principal

PARIS : Clipper Race – L’appel du grand large…

Partager :

PARIS : Clipper Race – L’appel du grand large, le défi d’une vie

La Clipper Race transforme des amateurs en marins d’exception pour une circumnavigation de 40 000 milles, une épopée humaine unique.

Il y a des défis qui vous changent à jamais. Des expériences si intenses, si primales, qu’elles redéfinissent les contours de votre être. La Clipper Round the World Yacht Race est de cette trempe. Oubliez les régates élitistes ; ici, des gens ordinaires, sans aucune expérience de la voile pour beaucoup, répondent à l’appel des océans pour l’une des épreuves d’endurance les plus redoutables de la planète. L’idée folle et géniale de Sir Robin Knox-Johnston, premier homme à avoir bouclé un tour du monde à la voile en solitaire et sans escale, perdure : briser les barrières de la course au large.

« Je ne pense pas qu’un seul des centaines d’équipiers me contredirait : on ne redevient jamais la personne que l’on était », résume Paddy Moran, participant à l’édition 2023-24. Une phrase qui claque comme une voile dans la tempête et qui résume l’essence de cette aventure hors norme.

L’aventure brute, sans concession

Le décor est planté : 40 000 milles nautiques, soit près de 74 000 kilomètres, à travers les mers les plus hostiles du globe. Dix équipes s’affrontent sur des voiliers de 70 pieds identiques, dépouillés de tout confort. À bord, sous la direction d’un skipper et d’un second professionnels, des équipiers de tous horizons deviennent une seule et même entité. Pendant des étapes pouvant durer 30 jours, ils sont marins, cuisiniers, nettoyeurs, vivant et luttant ensemble dans un espace exigu, 24 heures sur 24.

Pour Paddy Moran, cameraman de 36 ans avant de larguer les amarres, la décision fut une évidence. « Je suis toujours en quête de quelque chose. J’adore les expéditions, les voyages de plusieurs jours, que ce soit à vélo, à pied, en kayak… », confie-t-il. Sa réaction en découvrant la course fut instantanée : « Ils vont me former, m’apprendre à naviguer sur ces bateaux et me faire courir autour du monde ? C’est une opportunité trop belle pour la laisser passer ».

Face à l’immensité, une leçon d’humilité

Le parcours est une succession de monuments maritimes : six traversées océaniques, dont la plus redoutée, celle du Pacifique Nord. Une étape si isolée qu’à certains moments, les êtres humains les plus proches de l’équipage sont les astronautes de la Station Spatiale Internationale. C’est dans ce vide assourdissant que la transformation s’opère.

Kiki Sheridan, une Finlandaise qui a mis sa carrière de directrice de magasin entre parenthèses pour l’édition 2019-20, en parle avec une émotion palpable :    « C’est exaltant, ça vous fait sentir vivant ! Quand, comme moi, vous travaillez surtout à l’intérieur, être là, avec Mère Nature, c’est une véritable affirmation de la vie ». Elle ajoute : « On réalise à quel point on n’est qu’une infime partie d’un univers immense, c’est très libérateur. Des choses qui m’empêchaient de dormir, comme une réunion de travail importante, semblent soudain si insignifiantes au milieu de l’océan ».

Un club d’élite pour des gens ordinaires

Devenir un circumnavigateur avec la Clipper Race vous fait entrer dans un cercle très fermé. Plus de gens ont gravi l’Everest ou terminé les six marathons majeurs du monde qu’ils n’ont accompli cet exploit. Pourtant, les pontons de la Clipper Race brassent une incroyable diversité : enseignants, plombiers, étudiants, médecins, agriculteurs… Tous unis par le même rêve fou.

Jun Gao, qui a bouclé le tour du monde lors de l’édition 2023-24 avec l’équipe de Zhuhai, peine à trouver les mots : « Je ne pense pas que j’aurais pu imaginer ce que j’ai vu au large… Je ne pourrais même pas le décrire à mes amis. Il faut être là, le voir, pour l’avoir dans ses souvenirs et pouvoir ne serait-ce que l’imaginer ».

La force de l’homme, pas de la machine

Si environ 40 % des participants n’avaient jamais navigué avant, même les plus expérimentés découvrent un nouveau monde. « Les voiliers de croisière modernes vous facilitent la vie, avec des enrouleurs ou des winchs mécaniques », explique Patrick. « Mais la vision de Sir Robin, c’était que l’équipage fasse le travail. Ces bateaux sont entièrement manuels. Nous barrons nous-mêmes 24/7, nous actionnons chaque winch et hissons chaque voile à la main ». C’est la sueur, l’effort collectif et la volonté qui font avancer le bateau.

Retief Jordaan, lui aussi circumnavigateur en 2023-24, conclut avec une sincérité désarmante : « Quoi que j’aie pu attendre, j’ai reçu dix fois plus. C’est la plus grande chose que j’aie jamais faite dans ma vie et le moment où j’ai été le plus heureux. C’était ce que j’espérais, ce que je voulais et ce dont j’avais  besoin ».

Alors que l’édition 2025-26 bat son plein au large des côtes américaines, l’appel du large résonne déjà pour la suivante. La 15ème édition, qui s’élancera à l’été 2027, verra l’arrivée d’une nouvelle génération de voiliers, les Clipper RX. Pour ceux qui sentent l’âme d’un aventurier sommeiller en eux, les candidatures sont désormais ouvertes pour la course d’une vie sur le site officiel de la Clipper Race (https://www.clipperroundtheworld.com/).