PARIS : Climat – Les vagues de chaleur pourraient coû…
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PARIS : Climat – Les vagues de chaleur pourraient coûter 240 milliards de dollars à la France d’ici 2030
Une étude d’Allianz Trade révèle l’impact économique majeur des vagues de chaleur, qui menacent désormais la productivité et les finances publiques européennes.
Les épisodes de canicule ne sont plus seulement une préoccupation sanitaire ou environnementale, mais un risque économique structurel pour l’Europe. C’est le constat alarmant d’une nouvelle étude publiée par Allianz Trade, qui chiffre l’impact direct des vagues de chaleur sur la croissance, la productivité et les budgets nationaux. Le phénomène, dont la fréquence a été multipliée par sept depuis les années 1980, s’installe comme un frein durable à la performance économique du continent.
Hazem Krichene, économiste senior climat chez Allianz et Allianz Trade, souligne l’urgence de la situation.
« La vague de chaleur en cours, plus intense et plus longue que celle observée en mai, est tout autant inhabituelle pour la période. Ce n’est pas un épisode isolé mais, comme nous l’anticipons dans notre étude, le symptôme d’un choc climatique qui menace désormais directement la croissance européenne », analyse-t-il.
Un seuil critique de 30 °C pour la productivité
L’étude met en évidence une relation non linéaire entre température et performance économique. En dessous de 30 °C, une légère hausse du thermomètre peut engendrer des gains de productivité modestes, notamment grâce à la réduction des coûts de chauffage. Mais au-delà de ce seuil, la tendance s’inverse brutalement. La production horaire chute d’environ 1,3 dollar (soit environ 1,10 euro) pour chaque degré supplémentaire enregistré dans la fourchette de 30 à 35 °C.
Cette baisse de productivité pèse d’abord sur la rentabilité des entreprises, avant de se répercuter avec un temps de décalage sur les salaires, puis sur la consommation des ménages. S’ajoute à cela une augmentation de la consommation d’énergie d’environ 1,2 % par degré, faisant grimper les coûts des entreprises au moment même où leur production faiblit.
Un scénario de crise à plusieurs centaines de milliards d’euros
Pour quantifier les enjeux, Allianz Trade a modélisé un scénario de crise simulant, sur la période 2026-2030, la répétition des cinq années les plus chaudes observées entre 2014 et 2024. Les résultats sont sans appel : les pertes de PIB cumulées pourraient atteindre de 5 % à 7 % pour les pays les plus vulnérables. La facture s’élèverait à 240 milliards de dollars pour la France, 147 milliards pour l’Italie, 131 milliards pour l’Allemagne et 120 milliards pour l’Espagne.
Plus inquiétant encore pour la croissance à long terme, la baisse des investissements (-8 % en moyenne) serait systématiquement supérieure à celle de la consommation. La chaleur réduisant les rendements attendus, les entreprises investissent moins, diminuant ainsi la capacité productive future dans un véritable cercle vicieux. L’étude pointe également un risque de dynamique stagflationniste, combinant hausse des prix et augmentation du chômage.
Une double peine pour les finances publiques
Les budgets des États sont doublement pénalisés. D’une part, la baisse de l’activité économique entraîne une diminution des recettes fiscales. Les pertes annuelles sont estimées à 1,8 % en France, 1,3 % en Italie et en Espagne, et 0,7 % en Allemagne. D’autre part, les dépenses publiques augmentent sous l’effet des coûts de santé, des transferts sociaux indexés sur l’inflation et des réparations d’infrastructures en urgence.
En conséquence, les soldes budgétaires pourraient se détériorer d’environ 0,5 % du PIB par an. Déjà confrontée à un déficit prévu de 4,9 % du PIB, la France ferait face à une pression supplémentaire de 2,2 %. L’Italie et l’Espagne risquent, quant à elles, de dépasser à nouveau le plafond de déficit de 3 % fixé par le traité de Maastricht.
La vulnérabilité structurelle de l’Europe
Le continent européen est particulièrement exposé en raison d’une combinaison de facteurs : une population vieillissante, un parc immobilier urbain dense conçu pour retenir la chaleur et des infrastructures de refroidissement sous-développées. Le taux de pénétration de la climatisation n’est que de 19 % en moyenne en Europe, contre environ 90 % aux États-Unis, illustrant un important déficit d’adaptation face à une menace économique désormais bien réelle.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

